Quelques mots sur
le Temple Protestant de Toul
 ès
l'apparition de la Réforme en Lorraine, le Duc Antoine de Lorraine
déclare la guerre à ceux qui la propagent et fait publier
une ordonnance destinée à arrêter le progrès
des «Doctrines Perverses» (massacres, bûchers, abjurations,...).
Quelques réformés parviennent à s'enfuir à
Bâle, à Zurich, à Genève, comme le sculpteur
Ligier Richier de St Mihiel. C'est à cette époque que disparaissent
les imprimeurs installés en Lorraine, les autorités locales
craignant qu'ils ne favorisent la diffusion des thèses qu'elles
condamnent.
En 1599, au moment du mariage de Catherine de Bourbon avec le Duc de
Bar, fils de Charles Ill, Duc de Lorraine, les réformés
reprennent espoir. Catherine est, en effet, la soeur d' Henri IV et est
restée protestante. Pendant les années où elle réside
au château de la Malgrange, elle y regroupe ceux qui se sont ralliés
aux idées de la Réforme. Malheureusement, sa mort en 1604,
met fin à ces espoirs et dès cette date, les Ducs de Lorraine
extirpent de leurs terres toute hérésie.
Il faut attendre 1788, pour que Louis XVI donne un Etat Civil aux protestants
sans toutefois les autoriser à célébrer le culte.
Le 12 Germinal An XlI (2 avril 1804), un décret de Bonaparte
accorde aux protestants de Nancy un Oratoire et le 12 Thermidor An XlI
(31 juillet 1804) est nommé à Nancy un pasteur venant de
Genève. Le 12 Floréal An XlII (2 mai 1805), l'Empereur met
à la disposition des protestants (environ 500 personnes), l'église
St joseph à Nancy, qui faisait à cette époque office
d'entrepôt, à charge pour eux d'assurer les réparations.
Sur le plan de l'organisation ecclésiale, Nancy et ses environs
sont d'abord rattachés au Consistoire Réformé de
Strasbourg puis à celui de Metz. Après la révolution
de 1848, le siège du Consistoire est transféré à
Nancy. 
En 1871, le Traité de Francfort change une nouvelle fois la situation
l'Alsace et la Moselle étant annexées à l'Allemagne,
nombreux sont les habitants de ces régions qui refusent la tutelle
allemande et affluent en Lorraine. La communauté protestante triple
alors (environ 3000 membres). Des entreprises entières se fixent
dans la région et plusieurs communautés se constituent en
paroisses indépendantes. L'arrivée massive d'alsaciens et
de lorrains donne un nouveau dynamisme.
Sur le secteur de Toul, environ 70 familles protestantes semblent vivre
leur foi, organisées autour de 5 diacres formant un Diaconat, présidé
par un pasteur du Consistoire de Nancy. Cette communauté, composée
en grande partie par des familles fort modestes (ouvriers, bergers, domestiques,
journaliers, voituriers, éclusiers, meuniers, maçons et
aussi des militaires, fonctionnaires et petits artisans) vivent sur un
territoire important (Tout, Ecrouves, Foug, Gondreville, Frouard, Dieulouard,
Lagney, Villey le sec, Chaudeney... et jusqu'à Fraisnes en Saintois).
Une partie importante de ces families sont de langue allemande.
Pour pallier à de nombreux problèmes, le 10 juillet 1862
sont achetés, la maison et le jardin situés 16 bis rue du
Ménin à Toul, au profit de l'Église Réformée
représentée par le pasteur Schmidt pour la somme de 4.500
francs.
Un temple est édifié dans le jardin en 1865. Terminé
en 1866 par Monsieur Micaux, entrepreneur à Francheville.
Suite à l'adjudication en mairie de Toul, pour la somme de 24.900,93
F : la construction du temple, du clocher, de la grille, l'achat d'un
harmonium. Là, cette communauté s'engage dans une aventure
et un tracas financier incroyable devant durer plusieurs années.
Après de nombreuses interventions, la ville de Toul accorde un
secours (subvention) de 1000 F, et le gouvernement un secours (subvention)
de 4000 F. Ces sommes naturellement ont tardé à arriver
à destination (plus de 4 ans).
Des diacres furent envoyés pour organiser des collectes en Alsace,
en Allemagne, en Hollande. Des lettres furent envoyées à
la Société Néerlandaise Gustave Adolf Werk. Une lettre
est adressée aussi à son Altesse le Grand Duc de Hesse,
lui demandant l'autorisation d'organiser des collectes dans les villes
de son territoire. En résumé, un travail considérable
pour réunir les fonds nécessaires qui, du Consistoire de
Nancy s'étendirent à l'Alsace, la Hollande, le Duché
de Bale, la Bavière, la Rhénanie. Malgré cela, une
dette de 1636,00 francs pesa sur les épaules de Toul pendant plusieurs
années. Elle fut couverte par des prêts du Conseil Presbytéral
de Nancy, des particuliers et la femme du pasteur Schmidt (à 5
%).
Il y a eu de nombreuses difficultés avec l'entrepreneur (malfaçons,
surcoût dû aux fondations, factures tardant à être
payées, etc...). Le clocher attendit sa cloche jusqu'en 1875. Elle
reçut le nom d'Alsace.
En 1870, le temple subit quelques déboires lors du bombardement
du siège de Toul. La Société d'Évangélisation
de Strasbourg, la Société de Publication Genevoise, apportèrent
leur soutien régulier à fa communauté touloise qui
supporta en même temps presque totalement la charge d'un pasteur
auxiliaire.
Les contacts noués durant la Première Guerre Mondiale
intensifièrent la collaboration Mennonite / Réformée,
grâce aux excellentes relations entre Joseph Muller de Bois le Comte
et les pasteurs successifs. Dès 1945, la Communauté Mennonite
(trop nombreuse), utilisatrice de la petite salle partagera en alternance
avec l'ÉgIise Réformée, l'ensemble des locaux, célébrant
ensemble les cultes de fêtes. Cette situation continue encore à
ce jour.
Gérard Forrler
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