Quelques mots sur
le Temple Protestant de Nancy
ous
trouverez sur cette page :
L'histoire
du temple
Des vues de l'intérieur
du temple
haut
de 1713 à 1780 : la construction !
La construction de l'Église Saint-Joseph avait été
commencée en 1713 quand le Supérieur des Prémontrés
de Pont-à-Mousson voulut avoir à Nancy un couvent et une
Eglise neuve. Les travaux furent interrompus, faute de ressources.
Ce n'est qu'en 1758 que Claude Mique, architecte de Stanislas,
reprit les travaux; l'Église fut achevée par Louis Joseph
Mique, fils de Claude en 1780.
en 1805 : temple protestant
Dès l'apparition de la Réforme en Lorraine,
le Duc Antoine de Lorraine déclare la guerre à ceux qui
la propagent et fait publier une ordonnance destinée à
arrêter le progrès des "doctrines perverses": massacres,
bûchers, abjurations, ...
Quelques réformés parviennent à s'enfuir
à Bâle, à Zurich, à Genève, comme
le sculpteur Ligier-Richier de Saint Mihiel. C'est à cette époque
que disparaissent les imprimeurs installés en Lorraine, les autorités
locales craignant qu'ils ne favorisent la diffusion des thèses
qu'elles condamnent.
En 1599, au moment du mariage de Catherine de Bourbon avec
le Duc de Bar, fils de Charles III, Duc de Lorraine, les Réformés
reprennent espoir. Catherine est en effet la soeur d'Henri IV et est
restée protestante. Pendant les années où elle
réside au Château de la Malgrange, elle y regroupe ceux
qui se sont ralliés aux idées de la Réforme.
Malheureusement, sa mort prématurée en 1604
met fin à ces espoirs et, dès cette date, les Ducs de
Lorraine extirpent de leurs terres toute "hérésie".
Il faut attendre 1787, pour que Louis XVI donne un état
civil aux protestants, sans toutefois leur accorder la pleine liberté
d'exercer leur culte.
Le 12 Germinal An Xll (2 avril 1804), un décret
de Bonaparte, accorde aux protestants de Nancy, un Oratoire et le 12
Thermidor An Xll (31 juillet 1804) est nommé à Nancy,
un pasteur venant de Genève. Le 12 Floréal An Xlll (2
Mai 1805), l'Empereur met à la disposition des protestants (Environ
500) l'Église St Joseph, faisant à cette époque,
office d'entrepôt, à charge pour eux d'assurer les réparations,
l'aménagement intérieur, l'achat du mobilier et l'entretien.
Le nombre de protestants dans la ville de Nancy a considérablement
augmenté grâce à la venue d'Alsaciens vers 1870,
dont une bonne part étaient protestants.
La place André Maginot (place Saint-Jean)
Cette place se situe à Nancy, entre les rues Saint-Jean,
Léopold Lallement, Pierre Semard, Foch, Victor Poirel et Chanzy.
Ancienne place de la Ville-Neuve de Charles III, elle a
été créée en 1611devant la porte Saint-Jean
qui lui a donné son nom. Cette porte fut une des plus importantes
de Nancy, par ses dimensions. Elle fut pendant plus de 2 siècles,
avant la construction de la place Stanislas, la seule sortie de Nancy
sur la route de Paris et vers Laxou et Villers par le faubourd Saint-Jean.
Cette porte se trouvait à l'emplacement de l'avenue Foch, entre
l'actuel magasin du Printemps et l'Est Républicain. Elle abritait
des corps de garde.
- Au sud de la place se trouvait l'ancien Hôtel de Gendarmerie
construit en 1699, puis devenu la caserne de cavalerie.
- À l'est, le long de la rue Chanzy, s'élevaient des
maisons particulières.
- Le côté nord de la place était presque entièrement
occupé par le couvent des prémontrés. Ces religieux
s'y installèrent en 1635, dans une maison qui avait appartenu,
de 1611 à 1635, à des religieuses dites Madelonettes.
Les prémontrés firent construire leur église
à cet endroit à partir de 1713, dédiée
à Saint-Joseph. Cette église devint le temple protestant
Saint-Jean en 1805.
Les bâtiments conventuels devinrent en partie une annexe de la
caserne de cavalerie, le presbytère protestant, et une école
primaire de garçons et de filles. En 1854, l'École de
Garçons devient municipale et les deux écoles disparaissent
en 1881 après les lois scolaires rendant l'enseignement obligatoire.
Les enfants fréquentent alors les écoles du quartier.
Ces batiments seront totalement détruits en 1882, lors du percement
de la rue Victor Poirel.
Sur cette place Saint-Jean s'est tenu chaque année
en mars, pendant presque tout le XVIIIe siècle, la foire Saint-Joseph.
Les religieux prémontrés s'étant plaint à
plusieurs reprises de ce que le braiement des ânes troublaient
les offices divins, la foire fut transférée en 1774 sur
la place Henri Mengin.

la Place, la porte et le temple Saint-Jean au
milieu du XIXe siècle

la Place et la porte Saint-Jean au milieu du
XIXe siècle
La place fut entièrement restructurée
à partir de 1874, avec la destruction de la porte, qui
gênait le trafic, du quartier de cavalerie et du couvent des prémontrés.
Des immeubles nouveaux y furent édifiés, dont certains
comptent parmi les plus beaux de l'architecture 1900 à Nancy,
ce sont dans la rue Chanzy, les N°7 (construit par Joseph Hornecker
en 1907) et N°9 (banque Nationale de Paris, ancienne banque Renauld,
construite en 1910 par Émile André).
Autres
Cartes Postales
Anciennes du temple protestant de Nancy
Cette place s'est généralement
appelée place ou square Saint-Jean. Mais elle a également
porté les noms suivants:
- en 1793: place Lepelletier (Lois-Michel
Lepelletier de Saint-Fargeau, 1760-1793, célèbre magistrat
et conventionnel qui vota la mort de Louis XVI)
- 1795: place de la cavalerie
- 1894 et 1895: place Carnot
- nommée en 1940 place André
Maginot (1877-1932), né à Paris d'une famille
meusienne, député de la Meuse, il est à l'origine
de la ligne de fortifications construites de 1927 à 1936 sur
la frotière Franco-Allemande. Cette ligne était destinée
à empêcher une invasion allemande en France! Elle laissait
libre la frontière Franco-Belge par laquelle passèrent
les armées d'Hitler en 1940.
La place est actuellement en partie piétonne.
L'architecture du temple
Elle
s'inscrit dans la tradition baroque du XVIIIème siècle.
L'architecte Betto se serait inspiré pour la façade de
la Chiesa del Gesù
à Rome. Cette façade est composée de deux ordres
décorés de pilastres corinthiens et composites. Un escalier
de dix marches conduit au portail formant avant-corps. Deux niches,
actuellement vides, contenaient des statues de la Vierge et de Saint
Joseph. Le porche est surmonté d'un fronton circulaire où
un artiste a sculpté Saint Joseph portant Jésus et sur
une banderole, on peut lire: "Dabo tibi corona vitae" (Je te donnerai
la couronne de vie, citation du livre de l'Apocalypse 2:10).
Une fenêtre cintrée et deux niches toujours
restées vides forment le second ordre. La façade se termine
par un entablement et un fronton triangulaire où est sculpté
l'oeil de la Providence environné de rayons et de nuages au milieu
desquels apparaissent chérubins et séraphins. Une croix
et deux vases couronnent le tout. Deux tours de forme ovale flanquent
les deux côtés du choeur.
En 1807, après d'importants travaux d'aménagement
intérieur - (entre autres: tribune, bancs, chaire) exécutés
grâce à la générosité de protestants,
le Temple est inauguré le 13 juillet. Il est décidé
alors, que le pasteur viendra résider à Nancy et c'est
pour servir de presbytère que les protestants louent la maison
contiguë au Temple, sur la place Saint-Jean (actuelle Place Maginot).
L'orgue
Tout au long des différents aménagements
du Temple, l'orgue est l'objet des soins des protestants. N'oublions
pas que la musique tient une grande place dans le culte protestant.
C'est en fait, la seule expression artistique qui y soit admise. Le
premier orgue est construit en 1807, réparé en 1825, puis
en 1835 et en 1847. Un deuxième instrument est construit en 1856
par Cuvillier de Nancy qui ajoute un trémolo en 1877. Une restauration
est effectuée en 1886-1887 par le facteur Jean Blési de
Nancy.
En 1897, le facteur van Caster de Nancy, remplace le pédalier.
En 1908, deuxième restauration par Kuhn de Zurich. Troisième
restauration rendue nécessaire par les dégradations dues
à un bombardement de 1916, par Jacquot de Rambervilliers. Dernière
restauration, en deux tranches, en 1958 et en 1965, effectuée
par Mulheisen de Strasbourg (restauration comprenant en plus des travaux
à l'instrument lui-même, la modification de la forme de
la tribune, le déplacement de la console et l'électrification).
L'orgue actuel se trouve en très bonne place parmi les orgues
de la région nancéienne.
La décoration intérieure
Traditionnellement, les seules "décorations" dans
un temple protestant réformé sont des paroles de la Bible,
sans statue, ni peinture, ni même de crucifix. Au cours de ce
siècle, des croix aient été installées dans
certains temples. Le Christ n'est alors pas représenté
sur la croix, en signe de sa résurrection).
La Bible qui est sur la Table de Communion est du 18e siècle.
La Bible est importante pour les protestants, et dès l'origine
de la Réforme, un effort considérable a été
fait pour que tous les fidèles, même les plus simples,
puisse apprendre à lire afin qu'il puisse avoir directement accès
aux textes. En effet, dans le protestantisme, les fidèles ne
sont pas soumis à une autorité qui dirait ce qu'il faut
croire ou faire. Cette liberté implique que chacun est appelé
à réfléchir par lui-même pour construire
ses propres convictions à partir de sa propre lecture de la Bible
et sa prière.
L'ouverture du Temple
Pour les chrétiens réformés, le Temple
n'est pas un lieu sacré. L'essentiel pour nous est la relation
entre la personne et son Dieu, plus que dans la religion, ses rites,
ses objets ou ses institutions. La véritable présence
de Dieu est donc dans le cÏur, dans la pensée et dans la
vie de chacun, plus que dans ce bâtiment. Le Temple est un local
pour rassembler la communauté: un lieu digne et beau pour témoigner
de notre respect envers Dieu, mais dépouillé pour montrer
que l'essentiel est invisible. Un lieu qui peut aider à nous
recuillir, et à créer des liens fraternels entre les fidèles.
Comme on peut prier et lire la Bible chez soi, le Temple n'est pas ouvert
pendant la semaine. Il n'est en général ouvert que le
dimanche matin pour le culte de 10h30, ou pour une autre occasion comme
un mariage, un concert, ou pour le faire visiter.
Les bâtiments annexes du Temple
En 1882, La Municipalité décide la refonte
de la place Saint-Jean. Le presbytère, cédé à
la ville, est démoli. En échange, celle-ci fait construire
une maison, rue Saint-Joseph (actuellement la maison du n°6 de
la rue Chanzy) et en 1886, les protestants prennent possession de l'immeuble
qui abrite la sacristie, le presbytère, le logement du sacristain
et des locaux pour les jeunes.
En 1905, par suite de la loi de Séparation de l'Église
et de l'Etat, le Temple devient propriété de la ville
qui en laisse la jouissance aux protestants.
En 1924, à la place du jardin du presbytère,
jouxtant la Salle Poirel, la paroisse inaugure un Foyer de jeunesse
avec salle des fêtes et locaux.
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L'intérieur du Temple protestant de Nancy vu depuis
la tribune de l'orgue
+ Voir un album de photo de l'intérieur
de l'orgue lors de sa restauration en 2001
Voir la page
sur l'histoire du Temple de Toul
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