l'Église Réformée de France à Nancy
Toul, Pont-à-Mousson...

 

Histoire du Protestantisme

ous trouverez dans cette page:

Pour aborder la question théologique...Vous trouverez quelques pistes de réflexion dans ce petit dictionnaire

haut

Quelques mots sur l'origine du Protestantisme

Le protestantisme est une confession chrétienne, l'histoire du Christianisme est bien entendu basée sur la vie et les paroles de Jésus de Nazareth, que nous reconnaissons comme notre Seigneur. La source principale de notre connaissance de Jésus-Christ est un ensemble de livres constituant le Nouveau Testament. Cela est commun aux chrétiens de toute confession et de tout pays.

La Réforme est une recherche de fidélité au message évangélique. Bien des réformes ont eu lieu plus ou moins en douceur au cours des siècles. Et c'est sans cesse que nous sommes appelés à nous "réformer", tant il est vrai que le Christ est plus "un chemin" qu'un but qui serait déjà atteint par quiconque.

Le Christianisme a en commun avec le Judaïsme la Bible hébraïque, ce que nous appelons l'Ancien Testament. Ce recueil de textes qu'est la Bible Hébraïque intègre plusieurs courants sensiblement différents qui se complètent et s'opposent. En ce sens la Bible est le témoin d'une communauté vivante, qui dialogue et qui cherche.

À la suite du Christ de nouveaux textes ont été écrits pour rendre compte de la vie et du message du Christ (l'Évangile). La tradition a retenu 29 textes qui forment le Nouveau Testament, ils ont été reliés avec les 35 textes de la Bible hébraïque pour former la Bible. Le Nouveau Testament est lui-même pluraliste, il n'y a pas un unique témoin officiel de l'Évangile, mais 4 livres (les évangiles de Jésus-Christ selon Matthieu, Marc, Luc et Jean) qui sont issus de 4 communautés, plus des textes de Paul et d'autres témoins de la foi chrétienne. Le ton et le point de vue sont sensiblement différents, mais tous parlent du même Jésus-Christ, et de ce qu'il a apporté à l'humanité toute entière.

Et comme dans la Bible, il existe une diversité de point de vue pour rendre compte de ce qui nous fait vivre, le protestantisme a proposé à tout homme, toute femme de lire soi-même la Bible pour mener sa propre recherche. Souvent cela a même voulu dire apprendre à lire, parce que c'est indispensable pour lire soi-même la Bible! Si cette lecture est personnelle, elle n'est pas solitaire:

  • La réforme justifie l'audace de cette liberté en comptant d'abord sur l'action de l'Esprit-Saint. Quand on lit la Bible dans un esprit de prière, la personne la plus isolée n'est pas seule, elle est en relation avec Dieu.

  • Il y a aussi la famille, et la Bible a souvent été lue en famille (malheureusement, c'est moins le cas maintenant, pour l'instant?). Il y a enfin l'église, c'est à dire la communauté de ceux qui se rassemblent pour lire la Bible et rendre un culte à Dieu. La prédication, l'étude Biblique y tient une grande place.

À la fin du XVe siècle, l'invention de l'imprimerie a permi un bien plus large accès aux livres et en particulier à la Bible, qui est le premier livre imprimé par Gutenberg (voir la photo d'un exemplaire ci-contre) et qui demeure depuis le livre le plus diffusé dans le monde.

On retouve cette démarche de retour aux textes et de réflexion personnelle dans la démarche de réforme qui a été commencée au XVIe siècle par Luther, et continuée en France et à Genève par Calvin et Théodore de Bèze.

Notre Église Réformée est issue, historiquement, de ce mouvement (voir les portraits de ces hommes un peu plus bas)

haut

 

L'histoire du protestantisme en Lorraine...

Le duché de Lorraine fut créé en 965. Durant des siècles, la Lorraine restera un état indépendant, avec Nancy pour capitale dès le XIe siècle. Le rattachement de la Lorraine au Royaume de France date de Louis XV, il installe son beau-père, Stanislas, sur le trône de Lorraine en 1737, il y restera jusqu'en 1766. La Lorraine devient ensuite une province Française (le 23 Février 1766).

Dès le début de la Réforme (à partir de 1517-1520), les ducs, qui se veulent les champions de la foi catholique réagissent très vite et très durement contre la Réforme. Le clergé catholique va lui aussi réagir efficacement contre ces idées grâce au clergé séculier, mais également par la vitalité des grands ordres religieux jésuites, bénédictins, prémontrés, dominicains et franciscains. Le territoire va ainsi être quadrillé par un réseau d'établissement d'une exceptionnelle densité, envoyant des missions pour regrouper les fidèles.

Le duc Antoine de Lorraine (1503-1544) déclare la guerre à ceux qui propagent les idées de la Réforme. Il était surnommé "Antoine le Bon", il ne méritait guère ce surnom avec sa vie de débauche et de persécutions sanglantes.

Il fait publier en 1523 une ordonnance destinée à arrêter le progrès des "doctrines perverses", interdisant toute parole publique ou privée sur Luther, encourageant la dénonciation de possesseurs de ses ouvrages. Dans un premier temps les contrevenants se voient punir de confiscation de leur biens, mais à partir de 1539, ils sont envoyés de mort: massacres, bûchers, abjurations forcées... Quelques réformés parviennent à s'enfuir dans les contrées voisines plus ouvertes à la Réforme, d'autres fuient à Bâle, à Zurich, à Genève, comme le sculpteur Ligier-Richier de Saint Mihiel.

En particulier, Antoine et son confesseur le père Bonaventure s'emparèrent d'un pauvre évangéliste nommé Schuch, originaire des environs de Nancy. L'interrogatoire se faisant en latin, le duc n'y comprenait rien, mais impatienté de l'air calme et heureux de Schuch, il se leva et le condamna brusquement à brûlé vif. Schuch regarda tranquillement le duc et dit: « Je me suis réjoui à cause de ceux qui me disaient: Nous irons à la maison de l'Éternel.» (Psaume 122). Il fut brûlé avec sa Bible en août 1525.

C'est à cette époque que disparaissent les imprimeurs installés en Lorraine, les autorités locales craignant qu'ils ne favorisent la diffusion des thèses qu'elles condamnent.

En1525, le Duc Antoine arrête au col de Saverne l'avancée d'envahisseurs protestants allemands (les Rustauds), qui combattaient le catholicisme.

Le duc Charles III qui règne de 1545 à 1608 fonde en particulier la célèbre université de Pont-à-Mousson afin "d'expulser le brouillard ténébreux de l'ignorance et la peste des hérésies".

Il continue à lutter pour le maintien de l'unique foi catholique, il s'unit à la Ligue et aux Guise, célèbres pour leur radicalité dans la lutte contre les protestants. C'est à cette époque que le massacre de fidèles protestants rassemblés pour un culte à Wassy (Haute-Marne) par des soldats de Guise provoqua le soulèvement des protestants du royaume de France (mars 1562).

En 1564 des nobles lorrains sollicitent du duc Charles III la liberté de culte, en effet il règne en France à cette période une relative tolérance pour les protestants. Charles III refuse, pour des raisons politiques autant que religieuse il veut que la Lorraine soit un bastion de la foi traditionnelle, il poursuit donc la répression du protestantisme.

En 1572, le duc Charles III interdit d'assister aux réunions protestantes dans et hors du duché, mais il y a une avancée: on ne parle alors plus de peine de mort, mais seulement d'un délai d'un an pour vendre ses biens et quitter le duché pour les réformés. Il renouvelle ces dispositions en 1585, mais en laissant seulement un délai de 20jours pour quitter le duché. En 1587, il autorise les protestants exilés à revenir dans le duché et à retrouver leurs biens s'ils acceptent d'abjurer.

En 1599, au moment du mariage de Catherine de Bourbon avec le Duc de Bar, fils de Charles III, Duc de Lorraine, les Réformés reprennent espoir. Catherine est en effet la soeur d'Henri IV et est restée protestante. Pendant les années où elle réside au Château de la Malgrange, elle y regroupe ceux qui se sont ralliés aux idées de la Réforme. Malheureusement, sa mort prématurée en 1604 met fin à ces espoirs et, dès cette date, les Ducs de Lorraine extirpent de leurs terres toute "hérésie".

Le duc Henri II reprend les expulsions des réformés, en particulier avec son édit de 1517.

Son successeur, le duc Charles IV (1624-1675) va prendre, lui aussi, une série de mesures très dures et très soigneusement appliquées contre les réformés.

Dès son arrivée au trône, il expulse les protestants de Lorraine, et il interdit l'envoi des jeunes en Allemagne ou en Alsace pour leurs études (ils risquaient d'y être en contact avec les idées de la Réforme).

Au XVI et XVIIe siècle, le protestantisme a ainsi été fortement et continument réprimé en Lorraine. Quelques foyers tentent de se maintenir:

  • à Saint-Mihiel: au milieu du XVIe siècle des bourgeois et des notables demandent au duc "la liberté de prier Dieu comme ils l'entendent". Ces habitants furent persécutés et la plupart s'exilèrent, vers Metz notamment.
  • à Saint-Nicolas: vers 1560-1562, la venue d'un pasteur provoque une réaction des autorités qui contraignent une soixantaine de familles à s'exiler. Une deuxième tentative vers 1562-1564 n'a pas plus de succès.
  • à Nancy: on signale dans la capitale du duché la présence de quelques adeptes de la Réforme lors du séjour de la duchesse de Lorraine Catherine de Bourbon.

L'émigration vers les "pays du refuge" sera continue tout au long de ces sièles, principalement vers Genève, mais aussi vers Saint-Marie (au pays de Montbéliard), Strasbourg ou Metz.

La régularité de ces édits promulgués pour chasser les protestants, duc après duc, montre finalement leur efficacité relative de ces persécutions. Comment restait-il sans cesse des protestants à expulser du duché? C'est qu'il y avait par ailleurs des facteurs favorables à l'éclosion des idées de la Réforme:

  • la proximité de régions passées à la Réforme: les pays germaniques, la Suisse, le pays de Montbéliard, et quelques uns des territoires voisins du duché de Lorraine, en particulier de Metz.
  • par sa situation, la Lorraine est un carrefour commercial, facilitant la diffusion des livres et le "bouche à oreille". Le protestantisme se diffuse ainsi principalement sur le couloir commercial de la vallée de la Moselle, et sur l'axe perpendiculaire de la Vôge.

Cette réforme touche le monde urbain des bourgeois, le milieu des nobles, celui des commerçants et des artisans (en particulier les verriers, travaillant dans les forêts, il était plus difficile de les contrôler).

Les manifestation de la foi réformée en Lorraine a alors la forme de petits groupes de fidèles, trop faibles pour avoir une structure organisée. Ils s'écartent simplement de l'église catholique et se réunissent entre eux pour lire la Bible, en français, et célébrer un culte familial. Ce protestantisme est alors exclusivement de type réformé (calviniste, comme en Suisse francophone), plus que luthérien (comme à Strasbourg et Montbéliard).

Autour du duché de Lorraine

La Lorraine est entourée d'une mosaïque de territoires. La situation des protestants y est assez diverse, et offre certaines possibilités de refuge:

  • Sarrewerden: La réforme est introduite dans ce conté dès 1550, mais le pays est acquis par les Lorrains en 1629 ce qui entraîne l'expulsion des pasteurs. La période suivante est une succession de changements de "propriétaires" tour à tour favorable aux protestants, persécutant les protestants, ou tolérants: Suédois (1634), Lorrains (1641), Nassau (1648), Lorrains (1662), Français (1670). La révocation de l'Edit de Nantes provoque la destruction des temples. Le traité de Ryswick en 1697 redonne une bonne partie de ce territoire aux comtes de Nassau. Les temples sont réouverts.
  • Salm: ce conté est acquis à la fin du XVe siècle par une branche protestante des comtes de Nassau, mais à la fin du XVIe siècle, il repasse au catholicisme.
  • Fénétrange: cette seigneurie est copropriété des Salm et des Croye, protestants. Les cultes luthériens et calvinistes s'y développent. Cette expansion s'arrête en 1665 par l'achat de la part appartenant à la famille de Croye par le prince de Vaudémont, héritier de Salm. Le culte protestant est même interdit mais les nouveaux propriétaires sont obligés de tolérer la présence de luthériens et de calvinistes.
  • Puttelange, Morhange et Diemeringen : ces terres sont possédées par une branche protestante des comtes de Nassau, ils arrivent à imposer la Réforme dans la seigneurie de Diemerigen, la vie est possible pour les protestants dans les 2 autres domaines.
  • Créhange: les comtes se convertissent au protestantisme dès le début.
  • Phalsbourg: cette principauté est créée en 1560 par le comte Palatin, protestant, mais quand il doit le céder à la Lorraine, les expulsions de réformés se multiplient mais se heurtent à une farouche résistance.
  • Lixheim: ce territoire est crée par le comte Palatin en 1608 à la suite de l'abandon de Phalsbourg. Ce fut un lieu de refuge pou rles protestants. Il est vendu aux Lorrains en 1623 avec promesse de liberté de culte. Après une période d'occupation française il retourne à la Lorraine. Sous le règne du duc Léopold, une certaine tolérance s'installe : les réformés reçoivent permission d'aller au culte dans le comté de Nassau voisin.
  • Toul: les protestants sont tolérés après l'occupation française de 1552.
  • Metz: est le grand centre protestant de la région.
    • Les thèses de Luther sont connues à Metz dès 1520; elles reçoivent un accueil favorable dans le clergé et l'aristocratie. Mais la condamnation de ces idées par l'empereur Charles Quint à Worms en mai 1521 est promulgée à Metz. Et, régulièrement jusqu'en 1552, les autorités messines vont garder une ligne catholique, souvent assez dure, avec des bûchers et des expulsions.
    • Par suite de l'accord entre Henri II et les princes réformés allemands, la France occupe à des fins stratégiques les villes de Metz, Toul et Verdun ( avril 1552 ). C'est en vain que Charles Quint tente de reprendre la ville de Metz. La protection française ne change rien au statut des réformés.
    • Le court règne de François II (juillet 1559 fin 1560) est une période noire pour les réformés messins (expulsion d'une soixantaine de familles vers Strasbourg).
    • Sous la régence de Catherine de Médicis, plus tolérante afin de contre-balancer le pouvoir des Guise, les messins obtiennent l'autorisation de construire un temple en dehors de la ville, puis dans la ville (en décembre 1561).
    • En février 1567, le roi Charles IX arrive à Metz, il ordonne la destruction des temples et l'interdiction du culte. L'Edit de paix de Saint Germain (1570), le massacre de la Saint Barthelémy (août 1572), la mort du roi Charles IX (mai 1574), ne changent rien pour les messins. La période allant de 1576 à 1597 va être une période de crises et de persécutions contre les réformés messins.
    • Ce n'est que le 12 mars 1597 que des lettres royales permettent l'exercice de la religion réformée à Metz. Un temple est inauguré au centre ville dans d'anciens bâtiments (un temple neuf sera construit 18 ans plus tard). Un lieude culte est également accordé pour les habitants des villages.
    • Les persécutions vont s'amplifier à partir de 1622. En 1648, le traité de Westphalie reconnaît la souveraineté de la France sur les Trois Évêchés (Metz, Toul et Verdun). En 1662, les réformés sont contraints de construire un nouveau temple dans les faubourgs de la ville.
    • L'ultime persécution est la révocation de l'Edit de Nantes enregistrée par le Parlement de Metz le 22 octobre 1685. De nombreux protestants, qui exerçaient un rôle de premier plan dans la banque, le commerce et l'artisanat, quittent Metz dès le lendemain du jour où la révocation de l'édit de Nantes est connue. Les livres sont saisis, les temples détruits, les pasteurs et beaucoup de réformés commencent à fuir. Des mesures sont prises afin de juguler ce phénomène (emprisonnement des réfugiés rattrapés, gardes aux portes de la ville), mais le nombre des abjurations reste très faible. Les dragons de Pinsomel sont alors appelés du Languedoc, les protestants doivent loger chez eux et à leurs frais jusqu'à 18 dragons. Six jours de persécutions amènent une abjuration quasi générale à Metz et dans les villages, des fugitifs sont envoyés aux galères. La plupart de ces abjurations ne sont pas sincères: certains réformés n'attendent qu'un moment favorable pour s'enfuir (plusieurs princes allemands ont pris des dispositions pour les accueillir). D'autres "nouveaux convertis" pratiquent la résistance passive (absence à la communion, instruction religieuse des enfants en secret, mariages clandestins à l'étranger). La révocation de l'Edit de Nantes fut catastrophique pour la ville de Metz. Le commerce chuta considérablement. Une part de ses meilleurs marchands, artisans, magistrats, militaires, s'installèrent à l'étranger.

Il faut attendre 1787, pour que Louis XVI donne un état civil aux protestants, sans toutefois leur accorder la pleine liberté d'exercer leur culte. Un début de liberté est donné en 1789-1791, avant que la sombre période de la "terreur" ne revienne en arrière.

C'est en 1802 que Napoléon donne un statut légal aux cultes protestants. Le 12 Germinal An Xll (2 avril 1804), un décret de Napoléon, accorde aux protestants de Nancy, un Oratoire et le 12 Thermidor An Xll (31 juillet 1804) est nommé à Nancy un pasteur venant de Genève. Le 12 Floréal An Xlll (2 Mai 1805), l'Empereur met à la disposition des protestants (Environ 500) l'Église St Joseph, faisant à cette époque office d'entrepôt, à charge pour eux d'assurer les réparations, l'aménagement intérieur, l'achat du mobilier et l'entretien.

Vers 1870, le nombre de protestants dans la ville de Nancy a considérablement augmenté grâce à la venue d'Alsaciens, dont une bonne part étaient protestants:

  • en 1850, on comptait 1400 protestants à Nancy (dont 1000 intramuros).
  • en 1850, quinze ans après la perte de l'Alsace-Lorraine, on comptait 2700 protestants à Nancy, et 3600 personnes en 1903.

On aurait pu craindre qu'un tel afflux de personnes ne soit pas facile à intégrer dans l'église réformée de Nancy. En effet, les alsaciens étaient en grande majorité de sensibilité luthérienne (sauf les immigrants venant de la région de Mulhouse qui étaient réformés), et leur langue maternelle était de langue germanique (Alsacien et Allemand).

Non seulement l'intégration s'est bien passée, mais l'apport de ces familles Alsaciennes va profondément marquer l'église de Nancy. Les archives de cette époque rapportent que Eugène Lederlin, membre du Conseil Presbytéral, lui-même Alsacien d'origine souligne que "Les familles luthériennes ne demandent pas la création d'une nouvelle paroisse à côté de celle qui existe déjà et où elle strouvent la nourriture spirituelle dont chacun a besoin".

Cet esprit d'ouverture et de liberté des protestants venus d'Alsace s'est ainsi manifesté à leur arrivée, par la suite il a fortement influencé l'église de Nancy. De fortes dissensions existaient à cette époque dans le protestantisme réformé français, certains voulaient reserrer les rangs autour d'une confession de foi commune à tous. D'autres étaient favorables à une union plus large où les paroisses seraient plus libres, en particulier sur leurs orientations théologiques. Dans ce débat entre les protestants dits "orthodoxes" ou "libéraux", les alsaciens étaient en majorité libéraux, à la suite du théologien alsacien Auguste Sabatier qui conciliait la critique scientifique et la foi chrétienne.

La séparation de l'Église et de l'État qui fut faite en 1905 était soutenue par les protestants dès 1872. Mais par la suite, le pasteur Nyegaard dénoncera dans la presse l'attitude de beaucoup d'instituteurs qui confondent la laïcité avec un matérialisme militant et du fanatisme anti-religieux.

Plusieurs initiatives sociales ont vu le jour à la fin du XIXe, en particulier:

  • un diaconat (association de secours matériels où une aide morale et religieuse était également offerte mais non imposée)
  • la Croix Bleue (société antialcoolique)
  • le chalet de Jolibois à Raon l'Étape (pour les vacances en colonie des enfants)
  • l'Union Chrétienne de jeunes gens

Dans les années 1920, la paroisse fut encore enrichie par l'arrivée d'ouvriers et mineurs alsaciens dans Nancy et sa région, dont une bonne part de protestants.

... Aujourd'hui... l'église de Nancy réunit des personnes venant d'horizons divers géographiquement, culturellement et spirituellement (de sensibilité plutôt "réformée", "luthérienne", "évangélique", "charismatique"...). Cette diversité bien vécue est une richesse qui nous aide à reconnaître que l'essentiel est bien la Grâce de Dieu (qui est offerte à tous et à toutes), la lecture et la méditation de la Bible (tous se rejoignent au culte le dimanche matin).

Voir une liste (partielle) des pasteurs qui ont officié à l'église réformée de Nancy.

haut

Les événements marquants de l'histoire du protestantisme en France

L'histoire du protestantisme en France se divise en 5 grandes périodes :

Des origines à 1598
Favorisées par le climat de liberté intellectuelle de la Renaissance, les idées de Luther et de Zwingli pénètrent en France ; le Noyonnais Jean Calvin (1509-1564) les approfondit et en propose un exposé systématique dans " l'Institution de la Religion Chrétienne " (1536). Exilé à Genève, il accompagne le développement des Églises réformées qui rassemblent à leur apogée 15 à 20 % des Français. Les Guerres de Religion (1562-1598) opposent les catholiques et les protestants dans des affrontements sanglants (massacres de la Saint-Barthélémy en 1572). Malgré la victoire du chef protestant Henri de Navarre – le futur Henri IV – le courant réformé est amoindri et restera très minoritaire.

De 1598 à 1685
L'Édit de Nantes promulgué par Henri IV (converti au catholicisme) est un compromis garantissant à la minorité protestante des droits politiques et militaires, tout en la privant de toute possibilité d'expansion religieuse. Les rois Louis XIII et surtout Louis XIV entameront les libertés protestantes, avant de déclencher de féroces persécutions (" les dragonnades ") : les protestants abjurent en masse et Louis XIV en tire prétexte pour révoquer l'Édit de Nantes (1685).

De 1685 à 1787
C'est la période la plus sombre du protestantisme français : le culte est interdit, les temples rasés, les pasteurs emprisonnés ou exécutés. 200 000 protestants choisissent l'exil dans les pays voisins (Europe du Refuge) ; dans les Cévennes, la révolte des Camisards est une aventure héroïque sans lendemain. Entre soumission apparente et clandestinité (" culte au Désert" ), une poignée de fidèles maintiennent la flamme du protestantisme. Progressivement, l'influence des idées des Lumières atténue les persécutions : " toléré " administrativement en 1787, le protestantisme français ne retrouve sa liberté qu'en 1789.

De 1787 à 1905
" Les Articles Organiques " de 1802 réorganisent les Églises réformées et luthériennes (surtout en Alsace et au Pays de Montbéliard). Bien réinsérés dans la société française, les notables protestants participent activement à son développement économique et social ; plus à la base, un mouvement de Réveil spirituel ranime et reévangélise mais les divisions entre " orthodoxes " (restés strictement fidèles aux Réformateurs) et " libéraux " (plus modernistes) séparent les Églises.

De 1905 à nos jours
Acquis de longue date aux principes de la laïcité, le protestantisme accepte la Séparation des Églises et de l'État (1905) et s'organise au sein de la Fédération Protestante de France. Les familles réformées s'unissent presque toutes en 1938 autour d'une Déclaration de Foi commune, constitutive de l'Église Réformée de France. Depuis 1945, le protestantisme français suit les mutations de la société ; conscient de sa précarité, il reste néanmoins vivace et capable de faire entendre la voix de sa différence.

ces notes sont issue du site de l'ERF

en haut

Voici quelques portraits de nos ancêtres:

D'abord, pour une vue d'ensemble rafaîchissante: le célèbre "mur des réformateurs" à Genève. Avec, de gauche à droite: euh... je vous laisse deviner qui est qui.

Photo de Calvin

Calvin est un monsieur
pas très drôle,
mais très intelligent.
Pour en savoir plus (et plus sérieusement)

 Photo de Luther

Luther aime la foi et la grâce,
mais ne crache pas sur la bonne bière.
Pour en savoir plus

 

Théodore de Bèze,
théologien - poète,
a continué le travail de Calvin,
et de Clément Marot
(pour la Mise en Rime Françoise
des Psaumes de la Bible).
Pour en savoir plus

photo de Zwingli

Zwingli a commencé
à faire bouger les choses
a peu près en même temps
que Martin Luther.
Il est plus sympathique
mais moins connu.
Il connaissait le Nouveau Testament
par coeur en français et en grec!
Pour en savoir plus

Pour d'autres figures du protestantisme,

voir le site Soli Deo Gloria

Quelques sources sur le protestantisme en Lorraine:

Les Réformes en Lorraine, sous la direction de Louis Châtelier, Presses Universitaires de Nancy, 1986

L'apport des Alsaciens-Lorrains à l'église protestante, article de Hélène Lenattier, dans la Revue "Pays Lorrain" Vol. 81, N°4 de décembre 2000

http://www.genlornet.org/histoire.php3

http://francegenweb.org/lorraine/protes.htm

http://perso.club-internet.fr/chartonf/lorchr17d.html

http://www.ifrance.com/huguenots/index.htm

haut


 • @ l'Affiche

 • Soyez Bienvenu

 • Contacts

 • Activités

 • Catéchisme

 • Lycéens & Étudiants

 • le Dernier Bulletin

 • les Lieux, temples

 • ERF

 • Pour nous soutenir

 • vos Questions

 • Petit dico de Théo

 • le Protestantisme

 • l'Église Protestante

 • le Dossier

 • une Bibliographie

 • Prières

 • 36 trucs pour prier

 • Prédications

 • Confessions de Foi

 • Cultes

 • Baptême

 • Profession de foi

 • Mariage

 • Service Funèbre

 • la Croix Huguenote

 • Histoire Protestante

 • Luther, Calvin,
 • Zwingli, de Bèze

 • Histoire du temple

 • Cartes Postales
     Anciennes


 • Musique

 • l'Orgue de Nancy

 • humour & blagues

 • Liens sur le www

 • OEcuménisme

 • Interreligieux

 • Espace St-Jean

 • Missions

 • l'Entraide

 • Scoutisme

 • Coups de Mains ?

 • Illusions d'optiques

 • Vu du IIIe siècle

 • Archives Photos

 • documents, dont :
   
- Afin qu'ils croient et vivent

 


Vous pouvez nous écrire vos remarques, vos encouragements, vos questions