|
ous
trouverez dans cette page:
Pour
aborder la question théologique...Vous trouverez quelques pistes
de réflexion dans ce
petit dictionnaire
haut
Quelques mots sur l'origine
du Protestantisme
Le protestantisme est une confession chrétienne,
l'histoire du Christianisme est bien entendu basée sur la vie et
les paroles de Jésus de Nazareth, que nous reconnaissons comme
notre Seigneur. La source principale de notre connaissance de Jésus-Christ
est un ensemble de livres constituant le Nouveau Testament. Cela est commun
aux chrétiens de toute confession et de tout pays.
La Réforme est une recherche de fidélité
au message évangélique. Bien des réformes
ont eu lieu plus ou moins en douceur au cours des siècles. Et
c'est sans cesse que nous sommes appelés à nous "réformer",
tant il est vrai que le Christ est plus "un chemin" qu'un but qui serait
déjà atteint par quiconque.
Le Christianisme a en commun avec le Judaïsme
la Bible hébraïque, ce que nous appelons l'Ancien Testament.
Ce recueil de textes qu'est la Bible Hébraïque intègre
plusieurs courants sensiblement différents qui se complètent
et s'opposent. En ce sens la Bible est le témoin d'une communauté
vivante, qui dialogue et qui cherche.
À la suite du Christ de nouveaux textes ont été
écrits pour rendre compte de la vie et du message du Christ (l'Évangile).
La tradition a retenu 29 textes qui forment le Nouveau
Testament, ils ont été reliés avec les 35
textes de la Bible hébraïque pour former la Bible. Le Nouveau
Testament est lui-même pluraliste, il n'y a pas un unique témoin
officiel de l'Évangile, mais 4 livres (les évangiles de
Jésus-Christ selon Matthieu, Marc, Luc et Jean) qui sont issus
de 4 communautés, plus des textes de Paul et d'autres témoins
de la foi chrétienne. Le ton et le point de vue sont sensiblement
différents, mais tous parlent du même Jésus-Christ,
et de ce qu'il a apporté à l'humanité toute entière.
Et comme dans la Bible, il existe une diversité de point
de vue pour rendre compte de ce qui nous fait vivre, le protestantisme
a proposé à tout homme, toute femme de lire soi-même
la Bible pour mener sa propre recherche. Souvent cela a même voulu
dire apprendre à lire, parce que c'est indispensable pour lire
soi-même la Bible! Si cette lecture est personnelle, elle n'est
pas solitaire:
-
La réforme justifie l'audace de cette liberté en
comptant d'abord sur l'action de l'Esprit-Saint. Quand on lit la
Bible dans un esprit de prière, la personne la plus isolée
n'est pas seule, elle est en relation avec Dieu.
-
Il y a aussi la famille, et la Bible a souvent été
lue en famille (malheureusement, c'est moins le cas maintenant,
pour l'instant?). Il y a enfin l'église, c'est à dire
la communauté de ceux qui se rassemblent pour lire la Bible
et rendre un culte à Dieu. La prédication, l'étude
Biblique y tient une grande place.
À la fin du XVe siècle, l'invention
de l'imprimerie a permi un bien plus large accès aux livres et
en particulier à la Bible, qui est le premier livre imprimé
par Gutenberg (voir la photo d'un exemplaire ci-contre) et qui demeure
depuis le livre le plus diffusé dans le monde.
On retouve cette démarche de retour aux textes et de réflexion
personnelle dans la démarche de réforme qui a été
commencée au XVIe siècle par Luther, et continuée
en France et à Genève par Calvin et Théodore de
Bèze.
Notre Église Réformée est issue, historiquement,
de ce mouvement (voir les portraits
de ces hommes un peu plus bas)
haut
L'histoire du protestantisme en Lorraine...
Le
duché de Lorraine fut créé en 965. Durant des siècles,
la Lorraine restera un état indépendant, avec Nancy pour
capitale dès le XIe siècle. Le rattachement de la Lorraine
au Royaume de France date de Louis XV, il installe son beau-père,
Stanislas, sur le trône de Lorraine en 1737, il y restera jusqu'en
1766. La Lorraine devient ensuite une province Française (le 23
Février 1766).
Dès le début de la Réforme
(à partir de 1517-1520), les ducs, qui se veulent les champions
de la foi catholique réagissent très vite et très
durement contre la Réforme. Le clergé catholique va lui
aussi réagir efficacement contre ces idées grâce au
clergé séculier, mais également par la vitalité
des grands ordres religieux jésuites, bénédictins,
prémontrés, dominicains et franciscains. Le territoire va
ainsi être quadrillé par un réseau d'établissement
d'une exceptionnelle densité, envoyant des missions pour regrouper
les fidèles.
Le
duc Antoine de Lorraine (1503-1544) déclare la guerre à
ceux qui propagent les idées de la Réforme. Il était
surnommé "Antoine le Bon", il ne méritait guère
ce surnom avec sa vie de débauche et de persécutions sanglantes.
Il fait publier en 1523 une ordonnance destinée à arrêter
le progrès des "doctrines perverses", interdisant toute parole
publique ou privée sur Luther, encourageant la dénonciation
de possesseurs de ses ouvrages. Dans un premier temps les contrevenants
se voient punir de confiscation de leur biens, mais à partir
de 1539, ils sont envoyés de mort: massacres, bûchers,
abjurations forcées... Quelques réformés parviennent
à s'enfuir dans les contrées voisines plus ouvertes à
la Réforme, d'autres fuient à Bâle, à Zurich,
à Genève, comme le sculpteur Ligier-Richier de Saint Mihiel.
En particulier, Antoine et son confesseur le père Bonaventure
s'emparèrent d'un pauvre évangéliste nommé
Schuch, originaire des environs de Nancy. L'interrogatoire se faisant
en latin, le duc n'y comprenait rien, mais impatienté de l'air
calme et heureux de Schuch, il se leva et le condamna brusquement à
brûlé vif. Schuch regarda tranquillement le duc et dit:
« Je me suis réjoui à cause de ceux qui me disaient:
Nous irons à la maison de l'Éternel.» (Psaume 122).
Il fut brûlé avec sa Bible en août 1525.
C'est à cette époque que disparaissent les imprimeurs
installés en Lorraine, les autorités locales craignant
qu'ils ne favorisent la diffusion des thèses qu'elles condamnent.
En1525, le Duc Antoine arrête au col de Saverne l'avancée
d'envahisseurs protestants allemands (les Rustauds), qui combattaient
le catholicisme.
Le
duc Charles III qui règne de 1545 à 1608 fonde en
particulier la célèbre université de Pont-à-Mousson
afin "d'expulser le brouillard ténébreux de l'ignorance
et la peste des hérésies".
Il continue à lutter pour le maintien de l'unique foi catholique,
il s'unit à la Ligue et aux Guise, célèbres pour
leur radicalité dans la lutte contre les protestants. C'est à
cette époque que le massacre de fidèles protestants rassemblés
pour un culte à Wassy (Haute-Marne) par des soldats de Guise
provoqua le soulèvement des protestants du royaume de France
(mars 1562).
En 1564 des nobles lorrains sollicitent du duc Charles III la liberté
de culte, en effet il règne en France à cette période
une relative tolérance pour les protestants. Charles III refuse,
pour des raisons politiques autant que religieuse il veut que la Lorraine
soit un bastion de la foi traditionnelle, il poursuit donc la répression
du protestantisme.
En 1572, le duc Charles III interdit d'assister aux réunions
protestantes dans et hors du duché, mais il y a une avancée:
on ne parle alors plus de peine de mort, mais seulement d'un délai
d'un an pour vendre ses biens et quitter le duché pour les réformés.
Il renouvelle ces dispositions en 1585, mais en laissant seulement un
délai de 20jours pour quitter le duché. En 1587, il autorise
les protestants exilés à revenir dans le duché
et à retrouver leurs biens s'ils acceptent d'abjurer.
En 1599, au moment du mariage de Catherine de Bourbon avec le Duc de
Bar, fils de Charles III, Duc de Lorraine, les Réformés
reprennent espoir. Catherine est en effet la soeur d'Henri IV et est
restée protestante. Pendant les années où elle
réside au Château de la Malgrange, elle y regroupe ceux
qui se sont ralliés aux idées de la Réforme. Malheureusement,
sa mort prématurée en 1604 met fin à ces espoirs
et, dès cette date, les Ducs de Lorraine extirpent de leurs terres
toute "hérésie".
Le
duc Henri II reprend les expulsions des réformés,
en particulier avec son édit de 1517.
Son successeur, le duc Charles IV (1624-1675)
va prendre, lui aussi, une série de mesures très dures et
très soigneusement appliquées contre les réformés.
Dès son arrivée au trône, il expulse les protestants
de Lorraine, et il interdit l'envoi des jeunes en Allemagne ou en Alsace
pour leurs études (ils risquaient d'y être en contact avec
les idées de la Réforme).
Au XVI et XVIIe siècle, le protestantisme a ainsi été
fortement et continument réprimé en Lorraine. Quelques foyers
tentent de se maintenir:
- à Saint-Mihiel: au milieu du XVIe siècle des bourgeois
et des notables demandent au duc "la liberté de prier Dieu comme
ils l'entendent". Ces habitants furent persécutés et la
plupart s'exilèrent, vers Metz notamment.
- à Saint-Nicolas: vers 1560-1562, la venue d'un pasteur provoque
une réaction des autorités qui contraignent une soixantaine
de familles à s'exiler. Une deuxième tentative vers 1562-1564
n'a pas plus de succès.
- à Nancy: on signale dans la capitale du duché la présence
de quelques adeptes de la Réforme lors du séjour de la
duchesse de Lorraine Catherine de Bourbon.
L'émigration vers les "pays du refuge" sera continue
tout au long de ces sièles, principalement vers Genève,
mais aussi vers Saint-Marie (au pays de Montbéliard), Strasbourg
ou Metz.
La régularité de ces édits promulgués pour
chasser les protestants, duc après duc, montre finalement leur
efficacité relative de ces persécutions. Comment restait-il
sans cesse des protestants à expulser du duché? C'est qu'il
y avait par ailleurs des facteurs favorables à l'éclosion
des idées de la Réforme:
- la proximité de régions passées à la
Réforme: les pays germaniques, la Suisse, le pays de Montbéliard,
et quelques uns des territoires voisins du duché de Lorraine,
en particulier de Metz.
- par sa situation, la Lorraine est un carrefour commercial, facilitant
la diffusion des livres et le "bouche à oreille". Le
protestantisme se diffuse ainsi principalement sur le couloir commercial
de la vallée de la Moselle, et sur l'axe perpendiculaire de la
Vôge.
Cette réforme touche le monde urbain des bourgeois, le milieu
des nobles, celui des commerçants et des artisans (en particulier
les verriers, travaillant dans les forêts, il était plus
difficile de les contrôler).
Les manifestation de la foi réformée en Lorraine a alors
la forme de petits groupes de fidèles, trop faibles pour avoir
une structure organisée. Ils s'écartent simplement de l'église
catholique et se réunissent entre eux pour lire la Bible, en français,
et célébrer un culte familial. Ce protestantisme est alors
exclusivement de type réformé (calviniste, comme en Suisse
francophone), plus que luthérien (comme à Strasbourg et
Montbéliard).
Autour du duché de Lorraine
La Lorraine est entourée d'une mosaïque de territoires. La
situation des protestants y est assez diverse, et offre certaines possibilités
de refuge:
- Sarrewerden: La réforme est introduite
dans ce conté dès 1550, mais le pays est acquis par les
Lorrains en 1629 ce qui entraîne l'expulsion des pasteurs. La
période suivante est une succession de changements de "propriétaires"
tour à tour favorable aux protestants, persécutant les
protestants, ou tolérants: Suédois (1634), Lorrains (1641),
Nassau (1648), Lorrains (1662), Français (1670). La révocation
de l'Edit de Nantes provoque la destruction des temples. Le traité
de Ryswick en 1697 redonne une bonne partie de ce territoire aux comtes
de Nassau. Les temples sont réouverts.
- Salm: ce conté est acquis à
la fin du XVe siècle par une branche protestante des comtes de
Nassau, mais à la fin du XVIe siècle, il repasse au catholicisme.
- Fénétrange: cette seigneurie
est copropriété des Salm et des Croye, protestants. Les
cultes luthériens et calvinistes s'y développent. Cette
expansion s'arrête en 1665 par l'achat de la part appartenant
à la famille de Croye par le prince de Vaudémont, héritier
de Salm. Le culte protestant est même interdit mais les nouveaux
propriétaires sont obligés de tolérer la présence
de luthériens et de calvinistes.
- Puttelange, Morhange et Diemeringen
: ces terres sont possédées par une branche protestante
des comtes de Nassau, ils arrivent à imposer la Réforme
dans la seigneurie de Diemerigen, la vie est possible pour les protestants
dans les 2 autres domaines.
- Créhange: les comtes se convertissent
au protestantisme dès le début.
- Phalsbourg: cette principauté
est créée en 1560 par le comte Palatin, protestant, mais
quand il doit le céder à la Lorraine, les expulsions de
réformés se multiplient mais se heurtent à une
farouche résistance.
- Lixheim: ce territoire est crée
par le comte Palatin en 1608 à la suite de l'abandon de Phalsbourg.
Ce fut un lieu de refuge pou rles protestants. Il est vendu aux Lorrains
en 1623 avec promesse de liberté de culte. Après une période
d'occupation française il retourne à la Lorraine. Sous
le règne du duc Léopold, une certaine tolérance
s'installe : les réformés reçoivent permission
d'aller au culte dans le comté de Nassau voisin.
- Toul: les protestants sont tolérés
après l'occupation française de 1552.
- Metz: est le grand centre protestant
de la région.
- Les thèses de Luther sont connues à Metz dès
1520; elles reçoivent un accueil favorable dans le clergé
et l'aristocratie. Mais la condamnation de ces idées par
l'empereur Charles Quint à Worms en mai 1521 est promulgée
à Metz. Et, régulièrement jusqu'en 1552, les
autorités messines vont garder une ligne catholique, souvent
assez dure, avec des bûchers et des expulsions.
- Par suite de l'accord entre Henri II et les princes réformés
allemands, la France occupe à des fins stratégiques
les villes de Metz, Toul et Verdun ( avril 1552 ). C'est en vain
que Charles Quint tente de reprendre la ville de Metz. La protection
française ne change rien au statut des réformés.
- Le court règne de François II (juillet 1559 fin
1560) est une période noire pour les réformés
messins (expulsion d'une soixantaine de familles vers Strasbourg).
- Sous la régence de Catherine de Médicis, plus tolérante
afin de contre-balancer le pouvoir des Guise,
les
messins obtiennent l'autorisation de construire un temple en dehors
de la ville, puis dans la ville (en décembre 1561).
- En février 1567, le roi Charles IX arrive à Metz,
il ordonne la destruction des temples et l'interdiction du culte.
L'Edit de paix de Saint Germain (1570), le massacre de la Saint
Barthelémy (août 1572), la mort du roi Charles IX (mai
1574), ne changent rien pour les messins. La période allant
de 1576 à 1597 va être une période de crises
et de persécutions contre les réformés messins.
- Ce n'est que le 12 mars 1597 que des lettres royales permettent
l'exercice de la religion réformée à Metz.
Un temple est inauguré au centre ville dans d'anciens bâtiments
(un temple neuf sera construit 18 ans plus tard). Un lieude culte
est également accordé pour les habitants des villages.
- Les persécutions vont s'amplifier à partir de 1622.
En 1648, le traité de Westphalie reconnaît la souveraineté
de la France sur les Trois Évêchés (Metz, Toul
et Verdun). En 1662, les réformés sont contraints
de construire un nouveau temple dans les faubourgs de la ville.
- L'ultime persécution est la révocation de l'Edit
de Nantes enregistrée par le Parlement de Metz le 22 octobre
1685. De nombreux protestants, qui exerçaient un rôle
de premier plan dans la banque, le commerce et l'artisanat, quittent
Metz dès le lendemain du jour où la révocation
de l'édit de Nantes est connue. Les livres sont saisis, les
temples détruits, les pasteurs et beaucoup de réformés
commencent à fuir. Des mesures sont prises afin de juguler
ce phénomène (emprisonnement des réfugiés
rattrapés, gardes aux portes de la ville), mais le nombre
des abjurations reste très faible. Les dragons de Pinsomel
sont alors appelés du Languedoc, les protestants doivent
loger chez eux et à leurs frais jusqu'à 18 dragons.
Six jours de persécutions amènent une abjuration quasi
générale à Metz et dans les villages, des fugitifs
sont envoyés aux galères. La plupart de ces abjurations
ne sont pas sincères: certains réformés n'attendent
qu'un moment favorable pour s'enfuir (plusieurs princes allemands
ont pris des dispositions pour les accueillir). D'autres "nouveaux
convertis" pratiquent la résistance passive (absence à
la communion, instruction religieuse des enfants en secret, mariages
clandestins à l'étranger). La révocation de
l'Edit de Nantes fut catastrophique pour la ville de Metz. Le commerce
chuta considérablement. Une part de ses meilleurs marchands,
artisans, magistrats, militaires, s'installèrent à
l'étranger.
Il faut attendre 1787, pour que Louis XVI
donne un état civil aux protestants, sans toutefois leur accorder
la pleine liberté d'exercer leur culte. Un début de liberté
est donné en 1789-1791, avant que la sombre période de la
"terreur" ne revienne en arrière.
C'est en 1802 que Napoléon donne un
statut légal aux cultes protestants. Le 12 Germinal An Xll (2 avril
1804), un décret de Napoléon, accorde aux protestants de
Nancy, un Oratoire et le 12 Thermidor An Xll (31 juillet 1804) est nommé
à Nancy un pasteur venant de Genève. Le 12 Floréal
An Xlll (2 Mai 1805), l'Empereur met à la disposition des protestants
(Environ 500) l'Église St Joseph, faisant à cette époque
office d'entrepôt, à charge pour eux d'assurer les réparations,
l'aménagement intérieur, l'achat du mobilier et l'entretien.
Vers 1870, le nombre de protestants dans
la ville de Nancy a considérablement augmenté grâce
à la venue d'Alsaciens, dont une bonne part étaient protestants:
- en 1850, on comptait 1400 protestants à Nancy (dont 1000 intramuros).
- en 1850, quinze ans après la perte de l'Alsace-Lorraine, on
comptait 2700 protestants à Nancy, et 3600 personnes en 1903.
On aurait pu craindre qu'un tel afflux de personnes ne soit pas facile
à intégrer dans l'église réformée de
Nancy. En effet, les alsaciens étaient en grande majorité
de sensibilité luthérienne (sauf les immigrants venant de
la région de Mulhouse qui étaient réformés),
et leur langue maternelle était de langue germanique (Alsacien
et Allemand).
Non seulement
l'intégration s'est bien passée, mais l'apport de ces familles
Alsaciennes va profondément marquer l'église de Nancy. Les
archives de cette époque rapportent que Eugène Lederlin,
membre du Conseil Presbytéral, lui-même Alsacien d'origine
souligne que "Les familles luthériennes ne demandent pas la
création d'une nouvelle paroisse à côté de
celle qui existe déjà et où elle strouvent la nourriture
spirituelle dont chacun a besoin".
Cet esprit d'ouverture et de liberté des protestants venus d'Alsace
s'est ainsi manifesté à leur arrivée, par la suite
il a fortement influencé l'église de Nancy. De fortes dissensions
existaient à cette époque dans le protestantisme réformé
français, certains voulaient reserrer les rangs autour d'une confession
de foi commune à tous. D'autres étaient favorables à
une union plus large où les paroisses seraient plus libres, en
particulier sur leurs orientations théologiques. Dans ce débat
entre les protestants dits "orthodoxes" ou "libéraux",
les alsaciens étaient en majorité libéraux, à
la suite du théologien alsacien Auguste Sabatier qui conciliait
la critique scientifique et la foi chrétienne.
La séparation de l'Église et de
l'État qui fut faite en 1905 était soutenue par les
protestants dès 1872. Mais par la suite, le pasteur Nyegaard dénoncera
dans la presse l'attitude de beaucoup d'instituteurs qui confondent la
laïcité avec un matérialisme militant et du fanatisme
anti-religieux.
Plusieurs initiatives sociales ont vu le jour à la fin du XIXe,
en particulier:
- un diaconat (association de secours matériels où une
aide morale et religieuse était également offerte mais
non imposée)
- la Croix Bleue (société antialcoolique)
- le chalet de Jolibois à Raon l'Étape (pour les vacances
en colonie des enfants)
- l'Union Chrétienne de jeunes gens
Dans les années 1920, la paroisse
fut encore enrichie par l'arrivée d'ouvriers et mineurs alsaciens
dans Nancy et sa région, dont une bonne part de protestants.
... Aujourd'hui... l'église de
Nancy réunit des personnes venant d'horizons divers géographiquement,
culturellement et spirituellement (de sensibilité plutôt
"réformée", "luthérienne", "évangélique",
"charismatique"...). Cette diversité bien vécue
est une richesse qui nous aide à reconnaître que l'essentiel
est bien la Grâce
de Dieu (qui est offerte à tous et à toutes), la lecture
et la méditation de la Bible (tous se rejoignent au culte le dimanche
matin).
Voir une liste (partielle) des
pasteurs qui ont officié à l'église réformée
de Nancy.
haut
Les événements
marquants de l'histoire du protestantisme en France
L'histoire du protestantisme en France se divise en 5 grandes périodes
:
- Des origines à 1598
- Favorisées par le climat de liberté intellectuelle
de la Renaissance, les idées de Luther et de Zwingli pénètrent
en France ; le Noyonnais Jean Calvin (1509-1564) les approfondit et
en propose un exposé systématique dans " l'Institution
de la Religion Chrétienne " (1536). Exilé à Genève,
il accompagne le développement des Églises réformées
qui rassemblent à leur apogée 15 à 20 % des Français.
Les Guerres de Religion (1562-1598) opposent les catholiques et les
protestants dans des affrontements sanglants (massacres de la Saint-Barthélémy
en 1572). Malgré la victoire du chef protestant Henri de Navarre
le futur Henri IV le courant réformé est
amoindri et restera très minoritaire.
-
De 1598 à 1685
- L'Édit de Nantes promulgué par Henri IV (converti
au catholicisme) est un compromis garantissant à la minorité
protestante des droits politiques et militaires, tout en la privant
de toute possibilité d'expansion religieuse. Les rois Louis
XIII et surtout Louis XIV entameront les libertés protestantes,
avant de déclencher de féroces persécutions ("
les dragonnades ") : les protestants abjurent en masse et Louis XIV
en tire prétexte pour révoquer l'Édit de Nantes
(1685).
-
De 1685 à 1787
- C'est la période la plus sombre du protestantisme français
: le culte est interdit, les temples rasés, les pasteurs emprisonnés
ou exécutés. 200 000 protestants choisissent l'exil
dans les pays voisins (Europe du Refuge) ; dans les Cévennes,
la révolte des Camisards est une aventure héroïque
sans lendemain. Entre soumission apparente et clandestinité
(" culte au Désert" ), une poignée de fidèles
maintiennent la flamme du protestantisme. Progressivement, l'influence
des idées des Lumières atténue les persécutions
: " toléré " administrativement en 1787, le protestantisme
français ne retrouve sa liberté qu'en 1789.
-
De 1787 à 1905
- " Les Articles Organiques " de 1802 réorganisent les Églises
réformées et luthériennes (surtout en Alsace
et au Pays de Montbéliard). Bien réinsérés
dans la société française, les notables protestants
participent activement à son développement économique
et social ; plus à la base, un mouvement de Réveil spirituel
ranime et reévangélise mais les divisions entre " orthodoxes
" (restés strictement fidèles aux Réformateurs)
et " libéraux " (plus modernistes) séparent les Églises.
-
De 1905 à nos jours
- Acquis de longue date aux principes de la laïcité,
le protestantisme accepte la Séparation des Églises
et de l'État (1905) et s'organise au sein de la Fédération
Protestante de France. Les familles réformées s'unissent
presque toutes en 1938 autour d'une Déclaration de Foi commune,
constitutive de l'Église Réformée de France.
Depuis 1945, le protestantisme français suit les mutations
de la société ; conscient de sa précarité,
il reste néanmoins vivace et capable de faire entendre la voix
de sa différence.
ces notes sont issue du site
de l'ERF
en
haut
Voici quelques portraits
de nos ancêtres:
D'abord, pour une vue d'ensemble rafaîchissante: le célèbre
"mur des réformateurs" à Genève. Avec, de gauche
à droite: euh... je vous laisse deviner qui est qui.
Calvin est un monsieur
pas très drôle,
mais très intelligent.
Pour en savoir plus (et plus sérieusement)
Luther aime la foi et la grâce,
mais ne crache pas sur la bonne bière.
Pour en savoir plus
Théodore de Bèze,
théologien - poète,
a continué le travail de Calvin,
et de Clément Marot
(pour la Mise en Rime Françoise
des Psaumes de la Bible).
Pour en savoir plus 
Zwingli a commencé
à faire bouger les choses
a peu près en même temps
que Martin Luther.
Il est plus sympathique
mais moins connu.
Il connaissait le Nouveau Testament
par coeur en français et en grec!
Pour en savoir plus
Pour d'autres figures du protestantisme,
voir le site Soli
Deo Gloria
Quelques sources sur le protestantisme en Lorraine:
Les Réformes en Lorraine, sous la direction de Louis Châtelier,
Presses Universitaires de Nancy, 1986
L'apport des Alsaciens-Lorrains à l'église protestante,
article de Hélène Lenattier, dans la Revue "Pays Lorrain"
Vol. 81, N°4 de décembre 2000
http://www.genlornet.org/histoire.php3
http://francegenweb.org/lorraine/protes.htm
http://perso.club-internet.fr/chartonf/lorchr17d.html
http://www.ifrance.com/huguenots/index.htm
haut
|

|
|