Le fait que Dieu ait
appelé Abraham pour être le patriarche du peuple qu’il avait décidé
« d’élire », de conduire, n’enlève rien au fait que, selon le récit
biblique lui-même, l’ensemble de l’humanité issue de la descendance de la
volonté de Dieu (autrement dit, Adam et Eve, cf. encore Jn 1,13) avait (plus ou
moins ?) conscience de sa souveraine transcendance et des bienfaits à en
recevoir, quand bien même l’ensemble de cette même humanité sombrait
invariablement dans le règne de la violence pour la domination (la rencontre de
Melchisedek conclut d’ailleurs un épisode violent) ; fatalisme de violence
et de perdition qui, d’ailleurs, conduit Dieu à cette stratégie de mettre à
part d’un peuple, afin que ce peuple constitue pour le monde
une
pédagogie de l’écoute de Dieu, de
l’accès à la vérité. (Thèse
paulinienne de la
fonction pédagogique de la loi – Ga 3-4).
Ce récit rappelle donc que
l’élection (la foi) ne peut, en aucun cas, être brandie comme détention, possession
exclusive de Dieu.
Ce que Dieu accomplit par
telle ou telle nation, telle ou telle personne, est pour le bénéfice universel,
ou ce n’est pas de Dieu.
Pasteur
Jean-Yves Peter
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