Merci beaucoup pour ces encouragements très sympathiques.
Oui, il y a bien des catholiques pour lire les miracles comme
des signes d'un miracle spirituel que Dieu fait dans notre existence. Par
exemple le célèbre Jacques Duquesne qui appelle ces récits
de miracle des "théologoumènes" (ses livres se vendent
partout en livre de poche). Certaines personnes, catholiques ou protestantes,
croient bien sûr )à la réalité historique des miracles,
cela n'empêche pas de les lire comme des signes d'une action spirituelle
de Dieu dans notre vie, comme on le voit dans l'évangile selon Jean
20:30-31. Cette lecture allégorique des miracles ne vient donc pas
d'aujourd'hui, ni de la réforme. L'apôtre Paul la pratique aussi.
Il est inutile, effectivement de vous "convertir"
au protestantisme. Comme vous le dites, l'important est la relation à
Dieu, et la conversion, c'est de se tourner vers lui. La religion n'est, dans
le protestantisme, qu'un moyen utile pour réfléchir sur sa foi,
pour nous aider à cheminer vers Dieu, à grandir... Et donc je
ne suis pas sur que la religion importe peu. C'est comme le sport, certains
rendent agressifs ou abîment la santé, d'autres apportent un
certain développement. Ça peut aussi dépendre des gens,
du moment. Il importe donc de trouver une communauté, des lieux où
l'on se déplace physiquement pour recevoir quelque chose d'inattendu,
en particulier avec d'autres gens. Vous n'êtes pas obligée de
vous déclarer officiellement protestante, ou catholique, mais il n'est
pas inutile de vous trouver un ou deux lieux où vous pouvez aller de
temps en temps entendre des choses intelligentes (même si vous n'êtes
pas toujours d'accord avec ce qui s'y dit, bien au contraire). Essayez du
côté des dominicains, des jésuites, par exemple, et de
divers temples protestants (renseignez-vous éventuellement sur le prédicateur,
ils sont très divers dans nos églises réformées,
alors si vous êtes dans un lieu où il y a un peu le choix, c'est
une chance en plus).
On a le droit de ne pas trouver le Christ sympathique. Mais
il y a quelque chose d'essentiel, à mon avis, qui se joue là.
Je comprends que vous trouviez qu'il est orgueilleux quand il dit "nul
ne va au Père que par moi" ou "sans moi, vous ne pouvez rien
faire". Mais ce n'est évidemment pas Jésus de Nazareth
qui est indispensable à toute personne vivant dans le monde à
une époque quelconque, cela n'aurait pas de sens. Il suffit de remplacer
Jésus par ce qu'il nous dit être l'essentiel : une juste relation
à Dieu, aux autres et à soi même (Cf. "tu aimeras
Dieu... et ton prochain comme toi-même") -> ces paroles qui
auraient pu sembler orgueilleuses sont en réalité essentielles
: sans amour, sans une juste relation à Dieu, à soi-même
et aux autres on ne peut rien faire de bon. Et le "nul ne va au Père
que par moi" devient : nul ne chemine, n'avance vers Dieu que s'il l'aime,
s'il cesse de le craindre pour l'aimer et lui laisser une vraie place, la
juste place dans son existence...
Oui, Jésus est intéressant car il est l'Homme,
c'est à dire un petit peu nous-mêmes, ou le meilleur de nous-mêmes.
Dieu lui parle et il veut nous parler. Dieu agit, fait des miracles par lui,
et Dieu nous donne de faire des miracles, regardez sur Emmanuelle ou
Martin Luther King, et bien des gens "normaux" qui accomplissent
dans la vie des miracles de foi, de solidarité, de force.
La résurrection du Christ est une réalité
historique. Les disciples, même les plus proches étaient déçus
par Jésus, désespérés, mort de peur devant des
autorités assez violentes... Ils vont subitement retrouver un enthousiasme
et un dynamiste tel que la foi en Jésus-Christ va se répandre
en quelques années. Mais l'événement de la résurrection
est spirituel. Les apôtres peinent à reconnaître Jésus
même quand il marche à leur côté et mange avec eux,
certains le voient, d'autre pas, il entre dans une pièce fermée
et se volatilise en un éclair. S'il s'agissait d'un simple retour physique
pendant quelques jours il y a 2000 ans, ce serait effectivement assez fort,
mais cela ne nous concernerait pas tellement. Au contraire, je crois que la
résurrection du Christ nous concerne, aujourd'hui encore on peut vivre
cette résurrection, celle du Christ et la nôtre par la même
occasion.
Vous êtes orgueilleuse ? C'est déjà un
bon début, vous avez conscience de votre valeur, vous vous aimez, vous
êtes en forme, reste juste à mobiliser cette énergie en
mouvement positif et en service de l'autre.
pour ce qui est du mouvement positif, si je puis dire, vous
pouvez relire le célèbre 1 corinthiens 13:1-14:1 en remplaçant
"l'amour" par votre nom : Laure est patiente, pleine de bonté;
Laure n'est jamais envieuse, elle ne fait rien de malhonnête, elle ne
cherche pas son intérêt, elle ne s'irrite jamais, elle ne soupçonne
pas le mal, elle ne se réjouit jamais de l'injustice mais elle se réjouit
de la vérité; elle excuse tout, elle croit tout, elle espère
tout, elle supporte tout. Bravo. Après, vous pouvez lire Luc 15, en
particulier la parabole de la brebis perdue, qui vous encourage, non pas à
vous trouver nulle (bien sûr que non), mais à vous considérer
seulement à 99% juste, et à voir le petit % qui vous échappe
pour être vraiment juste, et à aller chercher ce petit %, et
à compter aussi sur Dieu pour vous aider à vous apercevoir de
cette perte et à le rechercher jusqu'à ce que vous l'ayez trouvé.
pour ce qui est du mouvement vers les autres, l'estime de soi
est essentielle. Quand on se prend pour une merde on a du mal à imaginer
que l'on puisse sauver l'univers. Vous êtes excellente, très
bien, vous êtes alors sans doute prête à aimer votre prochain
et lui apporter plein de choses. Reste peut-être à savoir qui
et comment. Là aussi, la foi peu aider, et dans le cadre des églises
il y a pas mal de gens formidables et dévoués (il n'y a pas
que ça, mais il y en a quand même toujours pas mal), avec qui
vous pourrez faire des choses formidables.
Bonne route et amitiés.
pasteur Marc Pernot
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