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401. Sujet : Si
quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre ?
Bonjour,
Je me pose une question peut-être
idiote, mais bon : Matthieu (5,39) «Si quelqu'un te frappe sur la joue
droite, présente-lui aussi l'autre».
La majorité des hommes sont droitiers.
De la main droite, si je frappe quelqu'un qui est en face de moi, d'un mouvement
de «crochet» pour faire mal (que ce soit avec lintérieur
de la main ou le poing fermé), je vais le toucher sur la joue gauche,
pas la droite.
Pourtant, Matthieu ne dit pas «Si
quelqu'un te frappe sur une joue, présente-lui aussi l'autre »
il prend soin de préciser «la droite». La droite, pas la
gauche
En droitier, si je veux frapper la joue
droite de quelqu'un, je ne peux le faire que d'un revers de la main : c'est
un soufflet, ça nest pas destiné à faire mal ou à
assommer
Alors Matthieu parle-t-il d'un simple
soufflet et non pas d'une véritable gifle, parle-t-il d'une attaque par
derrière, parle-t-il spécifiquement des gauchers ?
Quelle signification y voyez-vous ?
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Bonjour,
Et merci pour votre message;
Vos considérations sont intéressantes, et assez
originales. Mais en fait, personnellement, je ne crois pas qu'il faille chercher
dans cette direction subtile.
Personnellement, je vois plutôt la chose pour dire d'une
façon générale qu'il serait préférable
de ne pas répondre au mal par le mal, de briser le cercle vicieux de
la violence etc... Certains ont aussi dit qu'il s'agissait de présenter
à l'adversaire une "autre joue", c'est à dire un autre
visage, se présenter autrement que comme on le faisait dans la relation
qui a amené le conflit... Cela peut aussi n'être pas faux.
Bien sûr, cela est un peu idéaliste, ou "utopique",
au bon sens du terme. Mais le but est sans doute de nous faire réfléchir
sur notre propre rapport à la violence, plutôt que de donner
vraiment un commandement qu'il faudrait appliquer à la lettre. Sinon,
on pourrait aussi se demander ce qu'il faudrait faire si on était frappé,
non pas sur la joue droite, mais par la gauche, ce que n'évoque pas
le texte. Ce n'est donc pas un commandement à appliquer bêtement,
mais une logique de vie, et une sorte de provocation à repenser son
propre rapport à la violence.
D'ailleurs appliquer bêtement ce genre de commandement
pourrait dans certaines situations amener à un développement
de la violence. Celui qui se laisserait frapper en encourageant l'autre à
continuer serait d'une certaine manière complice du mal dont il est
la victime.
Ce qu'il faut, c'est faire comprendre à l'autre qu'il
se trompe, et ce peut être en tendant l'autre joue, mais aussi peut
être en faisant autre chose. D'ailleurs, on voit le Christ, à
la fin de l'Evangile de Jean recevoir une gifle de la part d'un des gardes,
or précisément, il ne tend pas l'autre joue, il pose juste une
question: "si j'ai mal fait, dis moi ce que j'ai fait de mal, et si je
n'ai rien fait de mal, pourquoi me frappes-tu?" voilà, peut être
le sens du geste: faire réfléchir, tant celui qui est en face
de nous et lui montrer que soi même, on n'a pas de volonté de
se venger ou de lui en vouloir.
Et puis c'est vrai, l'idéal, ce serait de si peu se
venger que l'on puisse traiter en ami même celui qui nous fait du mal.
Mais pour en arriver là, le chemin n'est pas indiqué par le
Christ, c'est à nous de le trouver.
Très amicalement
Louis Pernot
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