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385. Sujet : Quatre questions sur le protestantisme

Aaaaaaaaaaaaaah ! Merci tout plein pour les prédications que tu viens de mettre en ligne !

J’ai une tonne de questions à te poser !

  • Comment ça se passe chez vous le pendant de la confession chez les catholiques ?
  • Comment ça se passe chez vous la première communion ? A quel âge ? Quelle préparation ?
  • Le fait d’être une confession minoritaire en France ( 2,2% de la population , à ce que je viens de lire) comporte-il un risque de repli identitaire . Quels sont les avantages et les inconvénients de n’être pas en masse ?
  • Certains disent que les protestants ont une vision pessimiste, négative de l’humain. Quelle est ta réaction vis à vis de telles assertions ?

Merci !

Amitiés,

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Merci pour ces encouragements. Merci pour ta confiance.

Comment ça se passe chez vous le pendant de la confession chez les catholiques ?

Les gens peuvent venir voir le pasteur et confesser quelque chose qui leur pèse, cela arrive, mais ce n'est en aucun cas obligatoire, ils s'adressent en général directement à Dieu directement et s'arrangent avec lui. Cela n'est possible que parce que nous insistons beaucoup sur la grâce de Dieu, qui pardonne avant même que nous ayons fait la faute et sans aucune condition de repentir ou de contrition (c'est le principe même de la grâce d'être gratuit). Mais il peut arriver que l'on ait besoin d'entendre de la bouche d'un autre l'annonce de ce pardon, c'est par exemple le cas quand la personne a qui l'on a fait du mal est morte.

Comment ça se passe chez vous la première communion ? A quel âge ? Quelle préparation ?

C'est plus une question de pédagogie que de théologie. Les pratiques sont en train d'évoluer, en tout cas en certains lieux, pour permettre aux enfants suivant un catéchisme de communier, c'est à dire à partir de 7 ans peut-être. Personnellement je suis plutôt favorable à une première communion après une vraie profession de foi, c'est à dire vers 14 ou 15 ans, à un âge où l'on a une autonomie suffisante par rapport aux parents. A cet âge, normalement, le jeune a suivi 3 ou 4 ans de "club biblique" et 4 ans de catéchisme.

Mais des familles assez détachées ne pensent souvent à donner une éducation religieuse à leur enfant que quand il arrive au collège, c'est à dire qu'il ne suivra que le catéchisme, ou une partie du catéchisme.

Chaque année, des adultes désirent personnellement découvrir la foi chrétienne alors qu'ils n'ont jamais reçu aucun catéchisme. Je les laisse libres de suivre la préparation qu'ils souhaitent, qui est donc plus ou moins longue, plus ou moins théologique et biblique, avant de passer par une profession de foi (et éventuellement un baptême). Mais la communion est largement ouverte à quiconque souhaite se nourrir de ce que Dieu nous donne en Christ, et cet événement n'est en général pas la première fois qu'ils participent à la communion.

Le fait d’être une confession minoritaire en France ( 2,2% de la population , à ce que je viens de lire) comporte-il un risque de repli identitaire . Quels sont les avantages et les inconvénients de n’être pas en masse ?

C'est plutôt amusant de faire partie d'une telle minorité, c'est plutôt sympa, cela donne un peu une identité, une personnalité, et le protestantisme a plutôt une image favorable dans l'opinion (quand les gens savent ce que c'est). Les gens, même détachés de la foi, restent souvent attachés au protestantisme comme on reste attaché à l'Italie quand on a des grands parents italiens...

Certains disent que les protestants ont une vision pessimiste, négative de l’humain. Quelle est ta réaction vis à vis de telles assertions ?

Je ne crois vraiment pas ce que ça soit vrai. Cela l'a peut-être été du temps de tel ou tel réformateur, prétendant que l'homme est si totalement diminué par le péché qu'il est absolument incapable par lui-même d'aucune bonne chose. Mais cette position était une réaction exagérée au scandale des indulgences du XVIe siècle, et la réforme continue à se réformer sans cesse, heureusement. Il faut aussi relativiser ce tableau de l'homme pécheur et incapable d'aucun bien par lui-même, car par ailleurs il y a cette conviction que la grâce de Dieu rend le plus pécheur capable du meilleur "là où le péché abonde, la grâce surabonde" comme le dit l'apôtre Paul. Et ainsi, dès l'origine de la réforme, il a été jugé prioritaire que chacun puisse lire la Bible, même à la plus simple des personnes, car chacun est digne de lire, réfléchir, se faire sa propre opinion, avoir sa propre prière, se confesser et recevoir directement de Dieu le pardon... Ce n'était déjà vraiment pas une vision pessimiste de l'humain. Aujourd'hui nous avons, je crois, une vision qui a gardé cet optimisme, et l'a même épuré.

Avec mes amitiés très fraternelles

Marc Pernot

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