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375. Sujet : "Laissez agir la colère de Dieu" dit l'apôtre Paul, il faudrait donc laisser faire le mal ?

Bonjour,

Voici une question sur un verset de la Bible que je n'arrive pas à comprendre:"Ne vous vengez pas vous-même, bien aimés, mais laissez agir la colère (ou donne place à la colère), car il est écrit: à moi la vengeance, c'est moi qui rétribuerai, dit le Seigneur." (Romains 12;19)

Ce verset paraît dire qu'il ne faudrait pas réagir, et autrefois, c'est dans ce sens qu'on nous enseignait le catéchisme. Or la vie adulte m'a montré que ce n'est pas praticable, ni avec ses enfants, ni entre adultes, et que la colère existe, peut être comme un signal personnel que quelque chose ne va pas dans une relation. J'ai donc trouvé des issues, plus ou moins heureusement, en essayant, pleine de bonne volonté pour ne rien montrer, rester accueillante même après un coup vache, etc... Il m'est parfois arrivé d'en parler à froid, une fois que la moutarde a baissé, avec plus ou moins de bonheur, même les précautions prises pour dire les choses. Je ne crois pas non plus au rentre dedans au non de l'authenticité.

L'écriture nous dit aussi qu'il ne faut pas faire preuve d'orgueil, et parfois établit des liens entre colère et orgueil. Là encore l'expérience montre qu'il y a des situations où l'on doit poser ses limites, on ne doit pas se laisser faire. Est-ce de l'orgueil? Le verset dit de laisser aller la colère ou de laisser la place à la colère, et ce sont deux choses très différentes. Laisser aller la colère, c'est effectivement, la laisser partir... laisser du temps. Mais laisser agir, ou laisser la place, cela serait plutôt la laisser vivre, est-ce la montrer?

Dans quelle mesure s'attendre à Dieu, sans être trop passif?

Merci de votre éclairage,

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Bonjour,

Personnellement, j'aime beaucoup ce verset, et il m'a déjà aidé à vivre, à passer le cap d'une colère vaine.

Ce passage ne propose pas de ne pas réagir, au contraire, mais de ne pas se venger. Pour ce qui est de réagir, il propose de donner à manger à son ennemi, de chercher à lui faire du bien pour surmonter le mal (21).

Mais pour ce qui est de lui faire payer son offense, c'est vrai que c'est quelque chose qui nous vient en tête quand nous sommes en colère, et que ce n'est pas une réaction favorable, ni pour de futures relations avec lui, ni pour nous-mêmes (le désir de vengeance nous pollue de l'intérieur, obscurcit notre discernement et notre maîtrise de nous).

Quand on ne peut rien faire, a priori, pour améliorer l'autre qui nous a fait du mal, ou quand on a envie de se venger, de faire payer à l'autre sa méchanceté, il y a un truc qui n'est pas bête du tout : c'est de faire un gros paquet avec tout ça, dans sa tête, et de l'envoyer à Dieu en lui disant "débrouilles-toi avec tout ça". C'est un peu ce que propose Paul ici.

Jésus ne nous propose pas systématiquement de nous laisser faire. C'est vrai qu'il y a des cas où il est bon de ne pas réagir, et de laisser faire (de tendre l'autre joue). Mais ce n'est pas ce que fait systématiquement Jésus. Par exemple quand un soldat Romain le frappe, il l'interpelle en lui disant "pourquoi me frappes-tu ?" Jésus nous conseille aussi d'aller reprendre un frère qui fait le mal... et s'il ne réagit toujours pas de le considérer comme un péager (c'est à dire comme quelqu'un de prioritaire dans l'annonce de l'évangile).

A nous donc de voir, au cas par cas, selon nos forces et celles de notre amour, selon ce que nous pensons être le mieux selon notre conscience, notre foi (et le plus possible, j'espère, par Dieu lui-même).

Amitiés,

Marc Pernot

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