Les Sacrements
(texte voté par les délégués
des paroisses de la région Est
de l'Église Réformée de France,
réunis au XXXIe Synode
régional
les 10, 11, 12 novembre 2000, à Remiremont)
es
sacrements sont d'abord un don de Dieu. Mettant en oeuvre un ou
des éléments matériels, un geste et une parole, ils
sont les signes visibles d'une grâce invisible. Ils mettent en jeu une action humaine dans la mesure où
l'Eglise les célèbre en obéissance au Christ et où
ils sont reçus dans la foi. Les Églises Réformées
reconnaissent deux sacrements: le Baptême et la Cène, tous
deux institués par le Christ selon les Ecritures, faisant intervenir
élément matériel, geste et parole, et étant
destinés à l'ensemble des croyants en relation avec leur
salut. Notre travail sur les sacrements s'insère dans une réflexion
sur la valeur et l'utilité des signes, des gestes et des rites
pour la vie chrétienne.
La pratique nous enseigne que les parcours de vie chrétienne
des membres de notre Eglise sont de plus en plus diversifiés.
Par ailleurs, les synodes et la discipline de cette Eglise prévoient
une certaine diversité en matière de pratique sacramentelle
et des gestes- jalonnant la vie chrétienne: choix entre baptême
d'enfant et présentation, possibilité pour un ministre
d'obtenir du synode national une dispense de célébrer
les baptêmes de petits enfants, possibilité d'accueillir
les enfants à la Cène, caractère facultatif de
la confirmation. C'est en tenant compte de ces faits que nous considérons
positivement, que nous formulons les avis suivants:
1. La définition du membre d'Eglise
donnée par la discipline (titre 1, article 1, §1) se fonde
sur la seule confession de foi et n'implique
donc pas le Baptême. Selon la discipline, l'Eglise appelle toute
personne non baptisée à recevoir le Baptême.
Cette exhortation nous paraît devoir être rappelée
car si la diversité des parcours individuels et les préoccupations
pédagogiques justifient qu'on dissocie les états de membre
d'Eglise et de baptisé, la situation normale est que le membre
d'Eglise soit baptise.
Ces convictions concernent en particulier l'admission à la
Cène. En effet, depuis les débuts du christianisme, le
Baptême a été un préalable à la participation
à la Cène. C'était l'avis des réformateurs,
c'est encore celui de la plupart des Eglises d'aujourd'hui.
2. Contrairement à la Cène,
le Baptême est un geste unique. En conséquence,
il doit être valorisé dans un parcours personnel, tout particulièrement
auprès des familles peu impliquées dans la vie de l'Eglise.
Il est nécessaire que les Eglises locales aient le souci d'inscrire
le Baptême dans un parcours incluant un avant (accueil, préparation...)
et un après (accompagnement, carte anniversaire de baptême...)
faisant le lien avec le début de la catéchèse.
3. L'accueil des enfants
à la Cène, tel qu'il a été rendu possible
par le synode de 1983 ne s'est pas déroulé de la manière
prévue, puisqu'il n'a pas été toujours accompagné
des demandes d'autorisation et de l'évaluation.
Cette décision synodale sera vraiment utile si on prend
en compte toutes ses implications ecclésiales: décision
du C.P., accompagnement des enfants et des familles, explications à
tous les membres de la communauté, évaluation.
On peut imaginer d'autres formes de participation des enfants à
la célébration commune, qui réserveraient la Cène
à une étape ultérieure ( exemples proposés:
offrir "le lait et le miel" en signe de promesse, accueillir les enfants
dans le cercle).
4. Le Baptême, don
de Dieu, appelle la foi du baptisé. C'est pourquoi, la pratique
du Baptême des petits enfants pose la question de la foi de ceux-ci,
et de l'occasion qui leur sera donnée de la confesser dans la communauté
chrétienne. Il est donc utile que soit donnée, à
ceux qui ont été baptisés enfants, la possibilité
d'affirmer cette foi, de manière collective ou individuelle, lors
d'un culte de clôture du catéchisme, ou à toute autre
occasion. Ce culte permettrait
- d'affirmer la présence de Dieu fortifiant les intéressés
par l'Esprit et l'accompagnement de l'Eglise qui intercéderait
pour eux.
- à chacun d'exprimer sa recherche de Dieu, faite de convictions
et de doutes.
A cet effet, il est nécessaire que notre Eglise se dote d'une
liturgie qui proposerait les éléments indiqués ci-dessus.
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