l'Église Réformée de France à Nancy
Toul, Pont-à-Mousson...

 

"Voici mon corps donné pour vous,
faites ceci en mémoire de moi"
(Luc 22:19)


oici exactement la phrase de l'Évangile qui sert de base à la Sainte Cène.

Jésus nous dit de "faire quelque chose en mémoire de lui". D'accord, mais quoi? Si quelqu'un fait quelque chose et dit ensuite, faites ceci en mémoire de moi, nous comprenons évidemment qu'il nous demande de faire nous-même ce qu'il a fait à titre d'exemple. Ici, ce que Jésus nous dit de faire en mémoire de lui, c'est donc de donner notre corps pour les autres, comme lui, le Christ, donne son corps et sa vie pour nous.

Le sens de ce geste et de cette parole du Christ vont bien plus loin qu'une pratique religieuse.

Bien sûr, nous avons du mal à dire aux autres: "Voici mon corps, voici ma vie que moi, je vous donne", nous préférons dire: "Voici le corps du Christ". Et au lieu de vouloir vivre ce commandement du Christ: aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés, et donc d'aimer notre prochain, même notre ennemi, nous nous contentons souvent de dire: Jésus vous aime...

Pourtant, l'Évangile nous appelle à suivre le Christ en donnant notre vie pour les autres, comme lui-même le fait. Par exemple, quand Jésus nous dit "Si quelqu'un veut venir avec moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge chaque jour de sa croix, et qu'il me suive." (Luc 9:22, 17:33, Rom. 12:1) Il s'agit ici de la même chose que dans le commandement de la Cène. Ce que le Christ nous invite à faire, c'est à donner notre vie pour les autres comme lui-même nous donne sa vie.

Le Christ est pour nous le chemin. Un chemin n'est pas fait pour être regardé ni même admiré ou adoré. Un chemin, c'est fait pour être suivi. Être chrétien à la suite du Christ, ce n'est ainsi pas seulement être consommateur mais se donner pour être consommé, en mémoire de lui, en reconnaissance, par fidélité et par choix... Et le but de notre relation au Christ, en particulier lors de la Communion, c'est de recevoir quelque chose du Christ qui nous permet, un petit peu plus, de se donner soi-même pour les autres.

Jésus prit du pain; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant: Voici mon corps qui est donné pour vous; faites ceci en mémoire de moi. En disant ces paroles, Jésus ne crée pas un rite religieux, il propose un style de vie. Il donne sa vie pour que nous la prenions, pour que sa vie soit notre vie, une vie éternelle, une vie joyeuse, pacifiée et utile.

Marc Pernot

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