oici
exactement la phrase de l'Évangile qui sert de base à
la Sainte Cène.
Jésus nous dit de "faire quelque
chose en mémoire de lui". D'accord, mais quoi? Si quelqu'un fait
quelque chose et dit ensuite, faites ceci en mémoire de moi,
nous comprenons évidemment qu'il nous demande de faire nous-même
ce qu'il a fait à titre d'exemple. Ici, ce que Jésus nous
dit de faire en mémoire de lui, c'est donc de donner notre corps
pour les autres, comme lui, le Christ, donne son corps et sa vie pour
nous.
Le sens de ce geste et de cette parole
du Christ vont bien plus loin qu'une pratique religieuse.
Bien sûr, nous avons du mal à
dire aux autres: "Voici mon corps, voici ma vie que moi, je vous donne",
nous préférons dire: "Voici le corps du Christ". Et au
lieu de vouloir vivre ce commandement du Christ: aimez vous les uns
les autres comme je vous ai aimés, et donc d'aimer notre prochain,
même notre ennemi, nous nous contentons souvent de dire: Jésus
vous aime...
Pourtant, l'Évangile nous appelle
à suivre le Christ en donnant notre vie pour les autres, comme
lui-même le fait. Par exemple, quand Jésus nous dit "Si
quelqu'un veut venir avec moi, qu'il renonce à lui-même,
qu'il se charge chaque jour de sa croix, et qu'il me suive." (Luc 9:22,
17:33, Rom. 12:1) Il s'agit ici de la même chose que dans le commandement
de la Cène. Ce que le Christ nous invite à faire, c'est
à donner notre vie pour les autres comme lui-même nous
donne sa vie.
Le Christ est pour nous le chemin. Un
chemin n'est pas fait pour être regardé ni même admiré
ou adoré. Un chemin, c'est fait pour être suivi. Être
chrétien à la suite du Christ, ce n'est ainsi pas seulement
être consommateur mais se donner pour être consommé,
en mémoire de lui, en reconnaissance, par fidélité
et par choix... Et le but de notre relation au Christ, en particulier
lors de la Communion, c'est de recevoir quelque chose du Christ qui
nous permet, un petit peu plus, de se donner soi-même pour les
autres.
Jésus prit du pain; et, après
avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant:
Voici mon corps qui est donné pour vous; faites ceci en mémoire
de moi. En disant ces paroles, Jésus ne crée pas un rite
religieux, il propose un style de vie. Il donne sa vie pour que nous
la prenions, pour que sa vie soit notre vie, une vie éternelle,
une vie joyeuse, pacifiée et utile.
Marc Pernot