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Toul, Pont-à-Mousson... |
Vous ne serez pas d'accord avec tout ce qui est dans ce petit dictionnaire, mais s'il vous a donné envie d'avoir votre opinion personnelle, et même de chercher Dieu = ce sera vraiment formidable (pour vous).
+ Vous pouvez participer au débat en faisant part de vos remarques et questions. Et voir les questions/réponses.
+ Vous pouvez télécharger ce petit dico en format RTF (lisible en théorie par tous les traitements de texte), ce fichier fait 500 ko, c'est une version sans les dessins d'Annie Vallotton (vous pouvez aussi télécharger une version complète prête à imprimer en 4 gros fichiers pdf).
+ Merci beaucoup à Annie Vallotton qui m'a donné la liberté de mettre ici ses dessins (ils illustrent les bibles dans quantité de pays du monde, elle en a fait cadeau à la société biblique internationale comme elle nous les offre aujourd'hui !)
Adam & Ève, Alléluia, Alliance,Amen, Amour, Amoureux, Ange, Animaux/Humains, Apocalypse, Apôtre, Argent, Baptême, Bénédiction, Bible, Bien, Blasphème, Cène, Chair, Christ, Communion, Confession-de-foi, Confirmation, Conversion, Croyant, Désert, Diable, Dieu, Doute, église, Enfant,Enfer, Eschatologie, Espérance, Esprit, éternel, éthique, évangile, Expiation, Fils & Fille, Fin-du-monde, Foi, Fraternité, Gloire, Grâce, Jésus, Jugement, Justice, Justification, Liberté, Mal, Marche, Mariage, Messie, Ministère, Miracle, Miséricorde, Morale, Mort, Mystère, cuménisme, Oint, Paix, Pâques, Paraclet, Paradis, Pardon, Parole de Dieu, Parousie, Pasteur, Péché, Prédestination, Prêtre, Prière, Profession-de-foi, Prophète, Protester, Providence, Psaume, Puissant, Réforme, Religion, Repentance, Repos, Résurrection, Révélation, Royaume de Dieu, Sacré, Sacrement, Saint, Sainte-Cène, Salut, Sentiment religieux, Sexe, Souffrance,Tentation, Théologie, Trinité, Vérité, Vie-éternelle, YHWH, Z
Pourquoi est-ce que ces 2 mots seraient dans un dictionnaire de mots théologiques ? On s'attend plutôt à les trouver dans un dictionnaire des noms propres aux côtés des hommes et des femmes importants de l'histoire de l'humanité. Mais voilà, Adam et Ève ne sont pas vraiment des noms propres mais des mots qui parlent de l'origine de l'humanité. Les premières pages de la Bible ne sont pas un reportage scientifique ou historique sur la création (si on s'intéresse à ça, il faut interroger un astrophysicien). Ces premières pages de la Bible nous disent l'origine et le but de tout cela, c'est donc un livre de théologie. Nous avons de la chance parce que les théologiens qui ont écrit ce livre aimaient raconter de belles histoires. Ils nous ont ainsi offert l'histoire d'Adam et Ève pour parler de la création de Dieu.
Adam veut dire "le sol" ou "la terre". Ève veut dire "la vie". Cela nous dit que l'être humain est issu à la fois de la terre et de la vie, il est fait de la poussière du sol et de cette chose incroyable qu'est la vie.
L'être humain a sa place sur terre, il a droit à la vie, il est aussi appelé à produire de la vie sur terre, et à l'embellir toujours plus.
Adam et Ève existent, ils sont chacun de nous, ou plus exactement ils sont un chacun de nous idéal. Ils sont notre origine puisque quand Dieu a créé l'humanité, c'est à une personne comme cela qu'il pensait, à la fois les pieds sur terre et pleine de vie. Adam et Ève sont aussi notre avenir, puisque Dieu ne désespère jamais de nous faire progresser jusque-là, à l'image du Christ qui est l'Adam véritable, l'Humain au sens propre, l'espérance de tout homme et de toute femme. Il est l'alpha et l'oméga, le A et le Z.
Vous connaissez probablement un peu l'hébreu. Vous connaissez le mot Amen (qui exprime la confiance en Dieu), vous connaissez peut-être aussi le mot Alléluia, c'est un cri de joie qui nous invite à célébrer Dieu, à chanter pour lui, et à lui dire notre enthousiasme pour ce qu'il a fait et pour ce qu'il nous offre.
Alléluia est peut-être le plus connu des mots hébreux car il est présent dans des dizaines de paroles de musiciens connus : bien sûr avec Bach, Hændel et d'autres musiciens classiques, mais aussi dans des chansons des Beatles, de Bob Marley, U2, Leonard Cohen, Brassens... Et, dans la variété avec Nougaro, Mylène Farmer, Geri Halliwell, Jeff Buckley, Damien Saez...
Alléluia peut se traduire par "Chantez les louanges de l'éternel." C'est une bonne idée de le faire pour remercier Dieu pour ce qui est beau dans notre vie, mais aussi pour s'ouvrir à ce qu'il désire nous offrir comme forces nouvelles et comme bonnes idées.
Mais si l'on doute de l'existence de Dieu, allez-vous me dire ? Et bien l'on peut quand même vivre l'Alléluia en chantant les louanges de l'origine de la vie, de ce qui existe de bon et de beau dans l'univers. C'est déjà une bonne louange, une bonne prière qui nous oriente vers ce qui est bon. En orientant sa vie ainsi, il est bien possible que l'on ait le bonheur de rencontrer l'éternel, l'origine de tout ce qui est bon.
Aujourd'hui on dirait plutôt une association qu'une alliance pour parler de ce lien entre des personnes qui veulent travailler ensemble. Dans la Bible, l'alliance est l'accord que Dieu passe avec les hommes :
Dieu fait ainsi alliance avec Adam & Ève(c'est-à-dire avec l'humanité, avec vous et moi *), avec Noé (après le déluge*), avec Abraham *, avec Moïse. En Jésus-Christ, cette alliance est renouvelée avec chaque individu de l'humanité entière que Dieu regarde comme faisant partie de son peuple, de sa famille.
Une association demande deux personnes :
- Dieu est la première personne et rien ne peut briser son alliance avec nous. (c'est ce que l'on appelle "la grâce") L'amour ne marchande pas, rien ne peut nous séparer de l'amour que Dieu a pour nous.*
- La question délicate est plutôt celle du retour : l'association de l'homme avec son Dieu. La grâce de Dieu appelle la foi de l'homme.
C'est un 2e mot hébreu bien connu, avec Alléluia.
À l'origine, l'amen était, paraît-il, la corde qui relie les chameaux dans une caravane. Chaque chameau est lié par cette ficelle à celui qui le précède dans la file, cela lui garantit d'être sur la piste de l'oasis, même s'il ne voit pas le caravanier. Du coup, le mot Amen évoque les notions de confiance, de vérité et de fidélité.
Quand Jésus veut insister sur quelque chose de vraiment important, il commence souvent sa phrase par "Amen, Amen, je vous le dis..." , ce que les Bibles traduisent parfois par "En vérité, en vérité, je vous le dis...". Cet Amen exprime la confiance que nous pouvons avoir en Christ pour nous conduire à Dieu. Le Christ est l'amen, la corde qui nous relie à Dieu même si nous ne le voyons pas. Ce mot Amen était tellement aimé par les gens qui avaient entendu Jésus parler qu'ils ont voulu le garder en hébreu dans leur propre langue pour évoquer ce lien solide que permet la confiance mutuelle.
Quand nous disons Amen à la fin d'une prière, c'est une façon de résumer notre prière en remettant tout entre les mains de Dieu avec confiance.
Le mot Foi est directement tiré du mot Amen en hébreu, cela montre l'importance de ce mot, et cela éclaire un peu aussi sur ce que l'on entend par la foi dans la Bible.
Paul donne une bonne définition de ce que l'on entend par "amour" dans la Bible : "Lamour est patient, il est plein de bonté. Lamour nest pas envieux, il ne se vante pas, il ne senfle pas dorgueil, il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche pas son intérêt, il ne sirrite pas, il ne soupçonne pas le mal, il ne se réjouit pas de linjustice, mais au contraire l'amour se réjouit de la fidélité. Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout. L'amour ne meurt jamais" (1 Corinthiens 13).
Le mot traduit par "amour" dans la Bible ne signifie pas avoir de la sympathie ou de l'affection. On peut trouver quelqu'un sympathique, on peut même être amoureux de lui (ou d'elle), il s'agit alors d'une attirance particulière. Ce n'est pas de cela dont Paul parle ici.
Par exemple, la première qualité de l'amour citée par Paul : " Lamour est patient. ", on peut être amoureux et pas patient du tout, on peut donc être amoureux et ne pas aimer au sens où Paul l'indique. On peut aussi trouver son voisin peu sympathique, et être, malgré cela, patient envers lui, après avoir appris que s'il met toujours sa télé trop forte, c'est parce qu'il est à moitié sourd... Paul nous propose de voir le bien qui est dans une personne, de lui souhaiter du bien, et d'agir pour son bien, dans la mesure du possible.
Quand Jésus et ses disciples nous proposent d'aimer, il s'agit de cette qualité de relation, parce qu'elle embellit tout : nos rapports avec ceux qui sont chers à notre cur, mais aussi avec ceux qui ne nous sont pas sympathiques, avec ceux que nous croisons par hasard ou même ceux qui nous maltraitent. C'est ce que nous propose Jésus .
On peut s'exercer à aimer plus. En écoutant les autres, en les connaissant mieux, en essayant de voir les choses de leur point de vue, avec leurs faiblesses, leurs forces, leur histoire et leur personnalité, on arrive à mieux aimer un peu mieux. Mais c'est vrai que les progrès sont difficiles.
En nous donnant une si belle définition de l'amour et de la vie chrétienne, l'évangile pourrait nous désespérer : comment aurons-nous la force de vivre cet idéal ? La réponse à cette crainte est la base de l'évangile : Dieu est amour, et c'est lui, lui seul, qui donne de vivre et de progresser sur ce chemin. Dieu est l'amour, et c'est parce que nous sommes ses enfants que nous sommes capables d'aimer. C'est en s'ouvrant à la venue de l'Esprit que nous grandirons dans cet amour, dans cette vie.
Il n'est pas facile d'aimer les autres, il n'est pas facile non plus de s'aimer soi-même véritablement. Aimer Dieu, au moins un petit peu, et s'ouvrir à sa présence est ainsi la clef de tout ce qui est important et éternel dans notre vie, à commencer par nos relations avec ceux qui nous entourent.
Pour parler de l'amour de Dieu pour l'humanité, la Bible compare souvent Dieu à un fiancé amoureux de sa fiancée . Cela nous montre d'abord comment Dieu nous juge : quand on est amoureux même les défauts de son amoureuse ne sont pas vraiment gênants.
Mais cette comparaison nous montre aussi que le sentiment amoureux est quelque chose de digne d'illustrer les sentiments de Dieu pour nous, c'est donc une chose très excellente.
L'idéal est que nous vivions aussi bien notre vie de couple que notre vie de foi en étant mutuellement amoureux et fidèles à l'autre.
Dieu, lui, est ainsi amoureux de l'être humain éternellement. Mais l'être humain est mi-animal (il est une créature) mi-Dieu (par l'Esprit qui lui est donné). Le sentiment amoureux est chez l'homme quelque chose d'extrêmement beau, intense et riche, mais il est comme nous sommes, à multiples facettes spirituelle, intellectuelle, sociale, psychologique, biologique... L'amour des amoureux est inspiré par Dieu mais est fait aussi de désir physique, du plaisir de discuter, et de sentiments inexplicables...
Un des problèmes de cet amour des amoureux est que l'humain est particulièrement sensible à des changements d'humeur qui influent sur ses sentiments. Le sentiment amoureux n'y échappe pas, et il peut donc connaître des hauts et des bas. Un autre problème est que nos instincts nous font ressentir du désir comme n'importe quel animal en ressent à la période du rut, mais que le désir physique ne suffit pas pour être véritablement amoureux. La passion de discuter ensemble et de rigoler est plus stable, la dimension sociale aussi est plus stable, surtout quand on des enfants à aimer et à élever ensemble...
Dans un couple, l'idéal est de conjuguer la passion amoureuse et aussi l'Amour au sens où on l'entend dans l'article précédent, l'amour qui est fait de respect et de service de l'autre. Le couple humain est alors une vraiment belle image de la relation que Dieu essaye d'avoir avec chaque être humain.
Il y a des gens qui ne sont pas amoureux ou qui ne le sont que plus tard dans leur vie. On n'est pas obligé de se forcer à vivre en couple pour "faire comme tout le monde", surtout pas dans ce domaine où l'on risque de se rendre particulièrement malheureux et où l'on peut blesser une autre personne.
Dans la Bible, on parle seulement de messagers,on dirait aujourd'hui des facteurs. Ce sont les traducteurs de la Bible qui ont inventé le mot "ange" sur la base du mot grec angeloV qui veut dire messager. Cela change tout, malheureusement. Parce qu'alors on pense que les anges ne sont que des sortes de bêtes à plumes que Dieu envoie pour nous parler. En réalité, il nous arrive de recevoir une Parole de Dieu directement dans la prière, ou grâce à une personne comme vous et moi qui a eu un geste ou un mot qui nous a fait avancer.

Oui, l'homme est un animal, mais il n'est pas que ça.
Nous avons une foule de choses en commun avec les animaux, de sorte que du point de vue scientifique il n'est pas facile de dire ce qui nous distingue d'eux. Nous aurions donc tort de faire les malins, ou de considérer les animaux comme des objets ou des vies sans valeur. C'est ce que l'on voit dans la première page de la Bible, car les animaux et les êtres humains sont créés le même jour, le 6e. Cela nous invite à réfléchir sur la place importante dans l'univers qu'ont, ensemble, tous les êtres vivants.
La Bible ajoute que l'être humain a quelque chose de plus qu'un animal :
- Dieu bénit l'être humain*. Ce qui fait de nous un être humain c'est que Dieu nous reconnaît ainsi comme tel. Ce titre n'est pas à mériter en étant intelligent ou sage, Dieu nous reconnaît comme humain, nous le sommes donc. Il nous adopte comme ses enfants nous le sommes donc .
- Et puis, Dieu donne à l'être humain son Esprit*. L'être humain est ainsi une créature comme n'importe quel animal, mais il est aussi quelque chose de plus, car Dieu lui donne quelque chose qui fait de lui un être un peu à l'image de Dieu. Nous sommes alors une créature, mais aussi, à notre mesure, nous sommes un créateur, un peu comme Dieu. Nous sommes bénis par Dieu, et nous pouvons aussi être source de bénédiction...
Bref, nous recevons une distinction extraordinaire, sans condition, mais cela nous donne une responsabilité spéciale dans la création. Après avoir créé et béni l'homme, Dieu le place dans sa création "pour la cultiver et la garder" , nous donnant la responsabilité de soigner notre planète et de perfectionner ce qui ne va pas dans la nature (par de la médecine, de l'irrigation, des constructions,... intelligentes et bonnes). Dieu propose enfin à l'homme de nommer les animaux , il peut ainsi reconnaître leur importance et leur place dans l'ordre de la nature.
C'est un mot qui fait peur, un synonyme de catastrophe. Le livre de l'Apocalypse (le dernier livre de la Bible) voulait pourtant nous donner de l'espérance en témoignant de l'évangile. C'est pour cela qu'il s'appelle Apocalypse, ce qui veut dire en grec révélation. Ce qu'il révèle c'est qu'au-delà de la souffrance du monde, au-delà des persécutions, au-delà de la haine et de la faiblesse de notre corps il y a une réalité spirituelle qui triomphe. Ce livre ne parle pas d'un futur lointain, mais il parle de la victoire formidable que Dieu accomplit aujourd'hui dans notre vie pour nous sauver.
Ce livre présente seulement cette bonne nouvelle sous une forme fantastique digne d'un roman de Science-Fantasy avec tout un jeu de symboles pas toujours facile à démêler. On a le droit de comprendre ce texte de bien des façons, mais ce qui est certain c'est que si l'on y trouve des raisons d'avoir peur de Dieu c'est que l'on se trompe, car le Christ nous a montré que devant Dieu nous ne sommes plus sous la crainte* mais sous l'amour. Au contraire, les sectes raffolent de l'Apocalypse qu'elles utilisent pour faire peur à leurs adeptes et les enchaîner ainsi..
Apôtre est un mot grec qui veut dire "envoyé". C'est comme cela que Jésus appelait ses proches disciples, peut-être pour leur rappeler leur mission principale qui est d'aller vers les autres au nom du Dieu*.
Les écrits du Nouveau Testament applique ce titre d'envoyé à de nombreuses personnes, pas seulement aux 12 disciples les plus proches de Jésus. Paul est appelé apôtre, mais aussi des hommes et des femmes comme Barnabé, Sylvain, Thimothée, Andronicus et Junia*.
Nous sommes tous des apôtres, homme ou femme, savant ou illettré, riche ou pauvre. Avec notre personnalité propre, à la place qui est la nôtre aujourd'hui, nous pouvons nous sentir envoyé de Dieu pour agir et parler en communion avec le Christ.
Jésus n'avait rien en particulier contre l'argent. Lui et sa petite bande de disciples avaient une réserve de sous pour faire face aux dépenses et c'est grâce au soutien financier de personnes riches que Jésus a pu accomplir son service*.
Mais Jésus remet l'argent à sa place. Le problème c'est que l'argent peut facilement devenir pour quelqu'un comme un dieu qui serait un redoutable tyran un dieu féroce qui mange ses adorateur (Mammon)*. Si nous sommes des adorateurs de l'argent comme d'un dieu, Jésus nous dit qu'il y a un problème. Mais si c'est vraiment Dieu qui est le Seigneur de notre vie, alors l'argent peut devenir un moyen de faire le bien, de libérer et de faire vivre. On pourrait dire la même chose du pouvoir, de la santé, du plaisir... qui sont bons quand ils sont à une juste place.
Et puis il y a le trésor véritable qu'est la présence de Dieu en nous*.
Un des 2 sacrements (l'autre est la communion). Le geste du baptême est étroitement associé à l'entrée dans la communauté des chrétiens.
Il y a deux façons de comprendre le baptême :
- Pour ceux qui reconnaissent le baptême des bébés, le point essentiel qui fait de nous des enfants de Dieu, c'est la grâce de Dieu, c'est-à-dire le fait que Dieu nous consière a priori, sans condition, comme son enfant bien-aimé. Le baptême est un geste qui annonce cette grâce, dans l'espérance que la personne répondra un jour à cette grâce par la foi. Lors du baptême, un peu d'eau est déposée sur la tête du baptisé, accompagnée d'une parole de bénédiction.
- Pour ceux qui préfèrent réserver le baptême aux adultes, la foi personnelle est indispensable pour être reconnu comme faisant partie de la communauté chrétienne. Après avoir donc proclamé publiquement sa foi, le baptisé est plongé dans l'eau, comme s'il était lavé de sa vie ancienne pour renaître à une vie nouvelle.
Dans la vie de tous les jours, l'eau sert à 2 choses : pour se laver, et pour boire. Les 2 façons de comprendre le baptême reprennent ces 2 sens symboliques de l'eau :
- Dans le cas du baptême avant la profession de foi, l'eau est comme la pluie bienfaisante qui fait germer la vie, comme la source que trouve celui qui est dans le désert.
- Dans le cas du baptême après la profession de foi, l'eau est plutôt signe du pardon de Dieu qui vient laver notre impureté.
Dans notre église, nous baptisons les bébés. Quand un adulte demande le baptême, il est d'abord baptisé, puis il professe sa foi. Il est alors appelé à continuer à se tourner vers Dieu avec régularité. Il est alors membre de l'église, ce qui l'appelle à y avoir une place active, et à participer à la communion.
Le baptême est donné une fois pour toute, puisqu'il est le signe de l'amour de Dieu (que rien ne peut diminuer), et c'est le signe de l'entrée dans la famille des chrétiens (place qui restera toujours prête).
Mais l'autre sacrement, la Communion, peut être renouvelé régulièrement, comme notre foi a sans cesse besoin d'être approfondie.


En français comme en grec, bénir signifie "dire du bien". C'est déjà formidable que Dieu nous bénisse ainsi, qu'il dise du bien de nous. Et c'est une bonne idée de bénir son Dieu, de lui adresser une prière de louange.
En hébreu, la langue de la première partie de la Bible, bénir signifie plus encore que cela. La bénédiction de Dieu c'est le don de la vie, du bonheur et de la paix. Bénir c'est donner la vie, et un sens à la vie.

La Bible est une bibliothèque de 66 livres, Les 39 premiers forment la Bible hébraïque (ou Ancien Testament), les 27 suivants ont été rédigés par les premiers disciples de Jésus-Christ et forment le Nouveau Testament.
La Bible Hébraïque a été rédigée en hébreu entre -1000 et -500 avant Jésus-Christ environ. Elle comprend :
- les 5 livres de la Loi (Torah). On lira principalement la Genèse et l'Exode.
- Les prophètes (lire en particulier le livre d'ésaïe, et celui de Jonas).
- Les écrits (les 150 Psaumes peuvent être lus et relus tout au long d'une vie).
Le Nouveau Testament est centré sur la vie et le message donnés par Jésus-Christ (l'évangile). Il comprend :
Les 4 évangiles, 4 témoignages relativement différents sur la vie de Jésus (Matthieu, Marc, Luc, Jean). Leur lecture du début jusqu'à la fin n'est pas bien longue, et c'est la base de toute pensée chrétienne.
- Les actes des apôtres, les lettres de Paul & Co montrent la vie et la pensée dans la première génération après Jésus.
- l'Apocalypse est un livre curieux qui a inspiré beaucoup de livres et de films fantastiques. C'est un style particulier, mais comme les autres livres de la Bible, l'Apocalypse parle principalement de la relation entre Dieu et nous-mêmes, dans le temps présent.
Chaque page de la Bible est le témoignage d'une personne qui a été en relation intime avec Dieu. Cela veut dire que dans le texte
biblique, il y a à la fois quelque chose qui vient de Dieu et quelque chose qui vient de la personne humaine. Cela explique pourquoi ces témoignages sont si divers d'un livre à l'autre. Et cela explique en quoi elle peut nous être utile. La Bible ne sera parole de Dieu pour quelqu'un que s'il la lit (bien entendu), et s'il la lit dans un esprit de prière (c'est-à-dire en acceptant que Dieu lui apporte quelque chose).
La diversité des points de vue qui se trouvent dans la Bible invite à réfléchir par soi-même, au débat entre croyants, et à la tolérance. Cette diversité est une chance car elle lutte contre notre tendance naturelle à vouloir que notre point de vue soit le seul bon. Un lecteur de la Bible ne peut pas être intégriste, à moins de le vouloir vraiment.
Comme j'ai mis un article sur la banale question de l'existence du mal et de la souffrance dans le monde, il m'a semblé important de mettre quelque chose sur la question de l'existence du bien.
L'existence du bien dans l'univers est beaucoup plus extraordinaire que l'existence du mal. En effet, les choses ne sont pas du tout symétriques :
- Pour créer un être humain un petit peu libre et capable d'aimer, il faut des dizaines d'années de travail et des centaines de participants actifs dans son développement.
- Pour tuer un être humain, il suffit d'une tuile qui tombe d'un toit, ou d'une défaillance d'un des organes vitaux pendant quelques instants.
Le Bien dans la Bible, c'est ce qui va dans le sens de Dieu : le bien, c'est la vie, la bienveillance, la fidélité, l'élan créateur...
Dieu ne nous demande pas de devenir de purs esprits. Le monde où nous sommes est fait pour le bonheur et notre corps est une dimension essentielle de ce que nous sommes en ce monde.
Dieu ne nous demande donc pas de renoncer à la chair, c'est lui qui nous l'a donnée. Mais il nous donne aussi son Esprit pour que nous ne vivions pas n'importe comment, mais que nous soyons un peu à l'image du Dieu créateur, du Dieu qui aime, du Dieu fidèle, du Dieu qui donne du bonheur.
Pourquoi, par exemple, se priver de la joie qu'offre le plaisir de manger de bonnes choses? Cela fait partie des dons de Dieu, pour nous rendre la vie joyeuse. Mais la foi fait vivre cette joie un peu différemment. D'abord dans la louange, en remerciant Dieu pour la joie reçue. Ensuite en remettant cette joie à sa place, non comme notre raison de vivre mais comme un simple bonus. La foi peut nous donner aussi l'envie de vivre cette joie avec d'autres, ou que d'autres puissent aussi l'avoir... Et puis la gourmandise ne devrait pas aller jusqu'à se diminuer physiquement (en devenant énorme), ou mentalement (en devenant à moitié ivre).
Jésus n'est ainsi pas du tout réputé être un ascète, il est même critiqué par certains, selon les évangiles, comme "mangeur et buveur", on le voit participer à des fêtes et des repas...
La question des plaisirs du sexe est du même ordre mais probablement un peu plus complexe encore puisque qu'une autre personne est en jeu. Là encore, le plaisir n'a rien de sale ni de contraire à la volonté de Dieu, au contraire. Ce qui est vrai, c'est que le sexe hors d'une relation d'amour et d'engagement n'est pas une bonne chose. Ce n'est pas que cela fâcherait Dieu, mais simplement parce que cela est nuisible à l'épanouissement de tout le monde pour de multiples raisons. Par contre, quand 2 personnes veulent vivre ensemble toute leur vie et se donner mutuellement du bonheur, le sexe est une très belle chose et peut les rapprocher encore. Cela aussi est un don de Dieu.
Encore un mot grec qui se retrouve tel quel, non traduit, dans le texte de nos Bibles.
"Blasphémer" c'est démolir injustement la réputation de quelqu'un, ce qui n'est pas très sympathique car cela peut vraiment blesser ou tuer quelque chose dans la personne ainsi attaquée.
On peut calomnier Dieu, dire des horreurs sur lui, sur l'Esprit, sur le Christ... Ce n'est pas très positif, mais Dieu en a vu d'autres et il ne se fâche pas contre nous pour autant. Mais quand par nos paroles, ou nos actes, on éloigne de la foi d'autres personnes, on leur fait un grand tort, on fait vraiment du mal.
L'évangile annonce le pardon de Dieu da façon radicale. Mais il y a un passage curieux où il est dit que même Dieu ne peut guérir le blasphème contre l'Esprit Saint . Je crois que cela ne désigne pas une phrase qu'il ne faudrait surtout pas dire. Mais que si nous voulons de toutes nos forces chasser l'Esprit de Dieu de notre être, nous mettons alors vraiment notre personne en danger, malgré la volonté de Dieu et malgré son amour pour nous.
Christ, ce n'est pas le nom de famille de Jésus, c'est une fonction, une responsabilité. Comme Roi, par exemple.
Christ est un mot grec (CristoV). En français Christ se traduit par Oint, et en hébreu Christ se dit Messie.
Dans la Bible, un christ (avec une minuscule), c'est quelqu'un qui a reçu l'onction d'huile sainte pour faire de lui un serviteur de Dieu, chargé d'une responsabilité particulière (un ministère)
- Un prophète est chargé d'annoncer le point de vue de Dieu.
- Un prêtre est chargé de prier Dieu, et de l'adorer.
- Un roi est chargé d'agir et de gouverner dans ce monde.
Bref, un christ, c'est quelqu'un qui est chargé par Dieu de faire avancer les choses pour les gens qui l'entourent.
Le Christ (avec un C majuscule) c'est cela, mais d'une façon totalement radicale et universelle. Pour les chrétiens, Jésus de Nazareth est le Christ. Depuis 2000 ans, des milliards de juifs et de païens ont effectivement reçu de lui une vie nouvelle. Certains juifs attendent encore le Messie, soit comme une personne, soit comme le peuple d'Israël tout entier.
Tout chrétien, homme ou femme de toute origine, est appelé à suivre le Christ. C'est-à-dire que chacun est appelé à être, à sa mesure, prophète (écoutant et annonçant la Parole de Dieu), prêtre (en priant Dieu) et roi (en agissant dans le monde au service des autres).
Un des deux sacrements (l'autre est le baptême). Il consiste à prendre un peu de pain et de vie avec les autres participants du culte.
On appelle ce repas de différents noms selon le sens que l'on désire privilégier, mais chacun des sens de ce geste est important :
- Communion, sous entendu communion avec le Christ, avec sa vie, ses paroles et son Père (Dieu). Pour les chrétiens, le Christ est présent, même si les façons de comprendre cette présence divergent un peu. Pour les protestants il s'agit d'une présence spirituelle.
- Saint-Cène, par référence au dernier repas de Jésus avec ses disciples, juste avant d'être exécuté. (Cène voulant dire repas en latin). Nous sommes ainsi rassemblés par le Christ avec ses 1ers disciples.
- Repas du Seigneur. C'est ainsi que la première génération de chrétiens appelait ce geste. Le Repas du Seigneur, c'est le repas que l'on prend dans le paradis à la table du Messie. Par le Christ, nous sommes ainsi déjà partiellement dans la vie éternelle même si nous sommes encore sur terre.
- Eucharistie. Ce mot grec signifie "remerciement", sous entendu remerciement à Dieu pour tout ce qu'il nous donne.
En bref, la Communion dit :
- le don de Dieu en Christ (à travers le pain et le vin qui sont offerts). Le pain évoque la Parole de Dieu qu'incarne le Christ. Le vin évoque la vie que le Christ nous donne, et la joie intérieure qui va avec.
- et la foi de la personne qui prend et qui mange ce que Dieu lui offre, exprimant ainsi son désir de vivre de plus en plus en communion avec Dieu grâce au Christ.
La communion a ainsi une dimension individuelle importante, elle est un rappel du baptême et un renouvellement de notre profession de foi (toujours à approfondir)
La communion a une dimension communautaire. L'ensemble des êtres humains en communion avec le Christ forme un corps dont le Christ serait la tête.
Toute personne qui le désire peut participer à la Communion, en signe de son désir de vivre de ce que Dieu nous donne en Christ, et de prendre sa place avec les autres dans la communauté des chrétiens.

Il n'est pas inutile de chercher ce que l'on croit, de creuser la question en discutant, lisant, priant... afin de progresser dans sa façon de voir, dans sa théologie. Jésus nous a donné un coup de main déterminant pour progresser dans ce domaine. Il entre dans un débat qui dure depuis des siècles, un débat que l'on peut suivre dans la Bible et dans ses commentaires.
Jésus nous encourage à avoir foi en Dieu, bien entendu, mais aussi à penser notre foi. Il nous dit "tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force" (Marc 12 :29), Jésus cite alors un verset de la Bible, mais c'est lui, Jésus, qui a ajouté le "tu aimeras Dieu de toute ta pensée" qui ne se trouvait pas dans l'original du Deutéronome. Quand Jésus dit cela, il nous encourage à utiliser notre intelligence, à la développer au même titre que les autres dimensions de notre existence, Dieu animant le tout.
Jésus cherche à développer notre réflexion par des paraboles, ces curieuses petites histoires qui sont toujours un peu dérangeantes. Les disciples ne trouvent pas cela tellement drôle, ils voudraient que Jésus soit plus clair, qu'il donne un bon catéchisme bien carré qu'ils puissent apprendre par coeur et appliquer à la lettre. Jésus s'y refuse car il veut nous faire réfléchir. Il ne réserve pas cet effort de réflexion à une élite, au contraire, c'est à l'ensemble de la population qu'il s'adresse ainsi.
La foi est du domaine de la relation à Dieu, cette relation nourrit une pensée rationnelle. Inversement, notre théologie n'est pas neutre, une bonne théologie stimule pour notre recherche de Dieu et nous aide pour témoigner de notre foi.
La confession de foi cherche à dégager quelques points essentiels de notre réflexion, quelques points prioritaires pour nous. Elle s'exprime souvent à la première personne "Je crois en Dieu, le Père... Je crois en Jésus-Christ, notre Seigneur...". Au cours du culte la personne qui préside (pasteur ou laïc) choisit (ou prépare) une confession de foi et la propose à l'assemblée.
Dans l'église réformée, nous sommes attachés à cette réflexion personnelle de chaque fidèle. Pour entrer dans notre église, il suffit de le demander et de faire cette simple confession de foi "Jésus-Christ est le Seigneur"*, ce qui est commun à absolument tous les chrétiens.
"Jésus-Christ est le Seigneur" cela veut dire :
- Que cet homme, Jésus, est le Christ, c'est-à-dire qu'il est envoyé par Dieu comme sauveur de l'humanité et mon sauveur.
- Et cela veut dire que je reconnais ce Jésus-Christ comme le Seigneur, c'est-à-dire comme ayant une importance capitale pour ce que je veux être, sur ce que je connais de Dieu. Mais ces conséquences, il m'appartient de les mesurer en termes de croyances, d'actes de services, d'actes religieux, de don... selon ce que ma conscience me dictera, éclairée par l'Esprit.
Si nous sommes unis ainsi par une même foi (au sens de relation à Dieu par Christ). Nous trouvons que nous sommes alors déjà assez en communion entre nous pour lire la Bible ensemble, prier ensemble, participer à la Sainte-Cène ensemble.
La diversité de confessions de foi est même une chance car elle nous rappelle qu'aucune confession de foi n'est parfaitement fidèle à Dieu et au Christ. Cette diversité nous encourage ainsi à poursuivre le chemin (et à le poursuivre dans l'humilité et le dialogue).

Un adulte qui a été baptisé bébé n'est pas obligé de devenir chrétien. C'est sa liberté. Il n'a pas choisi de recevoir le baptême, pas plus qu'il a choisi d'être aimé par ses parents. La grâce est le choix de Dieu. Son amour appelle la foi de l'homme. Quand une personne désire ainsi répondre pour la première fois publiquement à l'amour de Dieu par sa foi, il "confirme" l'existence de ce lien qu'il y a entre Dieu et lui.
La confirmation ne se fait pas avant 14 ans. À cet âge, on a en général les moyens d'affirmer sa volonté d'une façon personnelle, indépendamment de ses parents. Une préparation est nécessaire pour affirmer sa foi en Christ en connaissance de cause.
La confirmation n'est faite qu'une fois, mais on peut désirer professer sa foi publiquement à l'occasion d'un nouveau départ ou d'une étape importante dans sa foi.
Quand un adulte demande le baptême, il est d'abord baptisé, puis il professe sa foi, confirmant ainsi la grâce du baptême qu'il vient de recevoir.

Conversion et repentance sont des mots qui appartiennent au langage religieux. Dans la Bible, le vocabulaire employé à l'origine était bien plus simple et concret.
Se convertir ou se repentir, dans la Bible, c'est se tourner dans une autre direction, sous-entendu : se tourner vers Dieu. C'est la principale chose que l'évangile nous propose de faire, ou plutôt d'être. Tout le reste est une conséquence.
Se tourner vers Dieu c'est être disposé à changer (ce qui est déjà formidable) + c'est placer son espérance en Dieu et attendre quelque chose de lui = c'est vouloir avancer dans ce sens là grâce à lui, avec lui.
Se convertir c'est vouloir avoir la foi, ou avoir plus de foi. La conversion est ainsi de l'ordre du choix personnel. Même dans le doute ou dans l'erreur, on peut se dire "c'est vers là que je veux me tourner !"
L'évangile annonce la grâce de Dieu et il met l'accent sur notre conversion, une simple orientation de notre regard. Cela est vraiment libérant. Il pourrait nous demander de croire ceci, d'être certain de cela, d'agir de telle ou telle façon, de prier tous les jours... Au lieu de cela, le Christ nous propose "simplement" de nous tourner vers Dieu. Et il nous dit qu'on peut le faire sans crainte. Dieu fera le reste, à notre rythme.
Certaines traductions de la Bible mettent "repentez-vous" pour traduire cet appel à la conversion que nous proposent Jean-Baptiste ou Jésus-Christ. Le repentir insiste sur la dimension morale. C'est sans doute une bonne idée d'avoir un regard lucide sur notre manière de vivre, avec ce qu'il y a de bien et de moins bien, mais "se tourner vers Dieu" c'est plus profond que cela, c'est compter sur Dieu, justement parce que nous n'arrivons pas à mettre de l'ordre nous-mêmes dans notre vie.

Être "croyant" dans la Bible, c'est plus une question de relation que de conviction. C'est une question de foi, pas de doctrine. Être croyant ce n'est pas être certain que Dieu existe. C'est à la fois plus et moins que ça, car être croyant c'est être en relation avec Dieu en cherchant à lui être fidèle. Quelqu'un qui doute de l'existence de Dieu ou qui ne sent pas sa présence peut tout à fait lire la Bible et même prier, il peut chercher à vivre en espérant rencontrer Dieu un jour. Il est alors un vrai "croyant", un fidèle (quelqu'un qui a la foi).
Il se passe plein de choses dans le désert, en tout cas dans la Bible.
C'est dans le désert que le peuple hébreu avance vers la Terre Promise (vers la libération, l'abondance et la paix que Dieu leur offre). C'est dans le désert que Dieu leur parle et les nourrit. C'est dans le désert que Jean-Baptiste annonce la venue du Christ. C'est dans le désert que Jésus se prépare à assumer sa mission et qu'il a la victoire sur ses tentations, c'est dans le désert qu'il va pour prier Dieu...
Pourquoi est-ce que la Bible attache tant d'importance au désert ?
- D'abord à cause d'un jeu de mot. En hébreu, le mot désert signifie littéralement dans la parole. Mais dans la Bible, le désert nest pas un lieu où il ny a rien, cest le lieu où lhomme est seul avec la Parole de Dieu.
- Mais au-delà du jeu de mot, il y a une réalité : il est bon de retirer régulièrement à l'écart, dans le silence, pour se retrouver en vérité avec son Dieu.
Certains croient qu'il existe une puissance négative personnifiée (ayant une volonté propre): le Diable, ou Satan. D'autres (dont je suis) pensent qu'il y a une seule puissance transcendante, un seul Dieu et qu'il est bon. Ce seul Dieu suffit à comprendre l'existence de l'univers, et ce qui s'y passe (le bien et le mal).
Quelques textes de la Bible parlent du diable ou de satan. Il y en a fort peu, et l'on n'est pas obligé de comprendre ces textes comme parlant d'une personne individuelle.
À l'époque de la Bible une théologie assez répandue était dualiste (avec deux dieux, un bon qui construit et un mauvais qui démolit, avec des anges dans chaque camp). Les auteurs de la Bible connaissaient cette façon de voir, mais ils s'en distinguent délibérément avec leur compréhension du monde avec un Dieu unique. Pour eux, la création du monde ne se fait pas dans une lutte etntre une puissance du bien (Dieu) et une puissance du mal (diable, esprit du mal, ou dieu des ténèbres), mais Dieu crée le bien en mettant de l'ordre dans le chaos*.
Peut-être que certains auteurs de la Bible gardent des traces de pensée dualiste, comme on voit quelques traces de polythéisme dans les textes les plus anciens de la Bible. Mais ce n'est pas certain du tout qu'ils aient cru un jour à l'existence de cette personne maléfique.
"Satan" veut dire tout simplement l'ennemi. "Diable" cela veut dire ce qui divise, ce qui éparpille. Dans les 2 cas, nous n'avons pas besoin d'aller chercher bien loin pour nous sentir concernés. Nous avons nos ennemis intérieurs, il nous arrive de lutter contre le bien, de tuer (un peu), il nous arrive d'être une force qui divise et produit du chaos.
Hors de l'homme, je ne vois pas où serait dans l'univers l'oeuvre d'un mal personnifié. Si une sorte de dieu méchant (ou un ange déchu, si l'on veut l'appeler comme ça) cherchait à faire le mal, il enverrait des cancers ou la foudre sur les personnes les plus merveilleuses. Or, nous observons que les catastrophes naturelles frappent au hasard, indépendamment de la valeur spirituelle et morale de la personne. Il n'y a dans le monde que l'être humain pour combiner volontairement le mal. Il n'y a que l'homme pour être, parfois, satanique. L'animal ou la nature n'en sont pas capable.

D'un point de vue rationnel, il est probable que Dieu existe
Certaines choses sont invisibles, mais pourtant existent quand même. C'est par exemple le cas de l'air : on ne le voit pas, mais s'il manque on s'en rend vite compte. Et quand on voit des branches bouger, nous déduisons logiquement qu'il y a quelque chose qui les agite. Dieu est invisible, mais on a également besoin de sa présence et on peut voir son action.
La science nous apprend que le monde est en évolution. L'explication la plus vraisemblable de ce mouvement est l'existence de "quelque chose" d'extérieur à l'univers qui en est la cause, l'origine et le sens.
D'ailleurs on peut le rencontrer
"J'ai rencontré Dieu" c'est ce que nous disent les milliards de croyants du monde entier, même si certains croyants très sincères ne font pas cette expérience. Cela a commencé du temps de l'homme des cavernes qui peint des bisons sur les parois. Tous les peuples ont une religion, car tous ont eu cette expérience de l'existence de quelque chose de positif au-delà de la simple matière : un être que nous appelons Dieu (en français), God (en anglais), Allah (en arabe)... Aujourd'hui des quantités de gens, chercheurs en physique atomique, cuisiniers, philosophes ou chasseurs de phoque prient et peuvent témoigner de cette expérience de leur rencontre avec Dieu. Ils disent que cela est fondamental pour eux.
Qui est Dieu ?
L'observation, l'étude des divers témoignages, une expérience personnelle éventuelle servent de base à notre opinion sur cet être unique en son genre. Chacun se fait une idée de Dieu, aucune n'est parfaitement exacte, aucune n'est d'ailleurs semblable car la façon de voir Dieu est très personnelle. C'est comme si on demandait à de multiples personnes de décrire un individu donné. La façon de le voir serait relativement différente sur certains points et semblable sur d'autres. Un an après, les mêmes personnes diraient encore un peu autre chose... Il y a ainsi des différences entre les religions et des différences de théologie entre les gens d'une même religion.
Nous, chrétiens, notre point commun est de faire confiance en Jésus de Nazareth pour savoir qui est Dieu. Cela implique en particulier l'idée d'un Dieu qui aime l'être humain sans condition.
Personnellement je trouve cela vraiment bien comme Dieu, bien mieux que dans les autres religions, et infiniment mieux que de prendre mon ventre comme dieu, ou ma soif de pouvoir, ou mon plaisir, ou mes petits loisirs.
Est-ce que je m'intéresse à Dieu ?
La majorité des gens croient en l'existence de Dieu, même en France qui est un des pays où il y a le plus d'athées. Mais cela ne veut pas dire pour autant que tous ces gens veulent laisser une place à Dieu dans leur vie. Sans être athées du point de vue de leur convictions, ils vivent néanmoins comme étant sans-dieux (=athées).
Le point délicat est en réalité là : est-ce que l'on choisit de se donner une orientation pour son existence, et est-ce que l'on choisit Dieu comme orientation ? = Est-ce que je veux avoir la foi ?
Mais dans tous les cas, Dieu s'intéresse à l'être humain individuel comme un être unique et irremplaçable. Même si l'on ne croit pas en Dieu, lui, croit en nous. Par grâce.

La science progresse en se remettant en question, en réfléchissant sur ce qui ne colle pas tout à fait pour perfectionner le modèle. La pensée théologique aussi avance grâce au doute.
D'ailleurs le contraire de la foi, ce n'est pas le doute mais de ne pas s'intéresser à Dieu. Celui qui doute s'intéresse à Dieu, et il peut le prier même s'il doute de sa présence.
Celui qui n'aurait pas de doute en théologie serait bien trop certain de ce qu'il pense. Il serait certain que sa pensée est une vérité divine. On n'est pas loin de l'idolâtrie, cette sorte d'erreur qui consiste à prendre une construction humaine comme Dieu.
Pour ce qui est de l'existence de Dieu, on peut évidemment en douter à différents degrés, ce serait dommage de trancher cette question trop vite. De toute façon, Dieu n'existe pas comme existe une chaise, il n'existe pas même comme existe l'amour ou la vie. Il existe à sa façon, unique, éternelle, et déterminante pour nous, dit la Bible. C'est cela que nous cherchons par la foi.
Dans la Bible, le livre des Actes des apôtres raconte les débuts de l'église chrétienne à la Pentecôte*. Après la disparition du Christ, ses disciples étaient désemparés, mais un jour, tout a changé par l'Esprit que chacun de ces hommes et femmes va recevoir. Ils vont alors témoigner du Christ un peu partout, ils vont s'organiser entre eux pour porter le témoignage du Christ un peu partout et pour secourir ceux qui en ont besoin...
L'église Chrétienne est ainsi la communauté des croyants par Jésus-Christ. Ce qui la fonde c'est le don de l'Esprit, c'est-à-dire une expérience personnelle de relation à Dieu, ce qui peut être vécu de différentes façons selon les individus. D'ailleurs le mot "église" signifie "ceux qui sont appelés par Dieu" à se mettre en route.
L'église Universelle avec un grand é est cette communauté au sens large qui dépasse largement toutes les institutions humaines, les églises (avec un petit é). L'église est constituée de tous les hommes et les femmes se sentant appelés par Dieu en Christ, qu'ils soient membres de l'église catholique romaine, ou de l'église réformée de tel endroit, ou même celui qui n'est membre d'aucune église particulière.
Pour ne pas plus compliquer les choses, dans le protestantisme français nous n'appelons pas "église" le bâtiment qui est utilisé pour nous réunir. L'église c'est, pour nous, uniquement une communauté de personnes. Le bâtiment où l'on se rassemble pour prier Dieu et entendre sa Parole est appelé en France un temple, par souvenir du Temple de Jérusalem.
Bien entendu, l'église n'est pas plus parfaite que les êtres humains qui la composent (elle est même souvent pire, comme dans tout groupe humain). Chaque église a besoin de se convertir, de progresser, de se réformer sans cesse. Cela n'est possible que dans la mesure où les chrétiens s'engagent, disent leur opinion, font bouger les choses.
La diversité des individus dans leur sensibilité et dans leur point de vue est une chance pour sentir la richesse de l'évangile. La diversité des églises n'est donc pas un scandale, ce qui est par contre triste c'est quand des chrétiens méprisent l'expression de la foi d'autres chrétiens, leur culte ou leurs sacrements.
La mission de l'église, et donc des églises est
- de témoigner de l'évangile dans le monde d'aujourd'hui (par des paroles et par des actes)
- de se rassembler pour célébrer Dieu, lire la Bible et la méditer,
- de donner des signes de la grâce de Dieu par les sacrements (le baptême et la communion).

Dieu nous considère de toute façon comme son fils ou sa fille chéri, même une personne qui lui tourne le dos. Mais c'est encore mieux si nous cherchons à être devant lui comme un de ses enfants, un tout petit enfant.
Jésus nous dit cette bien curieuse chose : "Je vous le dis, en vérité, une personne qui ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant n'y entrera pas."* . Ce n'est évidemment pas du chantage, ni une menace, car ce n'est pas le genre de Jésus et ce n'est pas non plus comme ça que Dieu cherche à nous faire avancer. Au contraire, Jésus nous dit que le Royaume de Dieu est tout proche, grand ouvert, et l'on peut y entrer tout de suite, c'est son message essentiel. Et ici, il nous montre la porte du Royaume, il nous donne la clé pour y entrer : il suffit de le recevoir comme un petit enfant.
Jésus nous propose d'être comme un enfant, même si l'on a 115 ans, ou plutôt d'avoir certaines qualités qu'ont les enfants (on est pas forcé d'imiter leurs défauts). Ce qu'il y a de formidable, dans un petit enfant, c'est qu'il a soif d'apprendre, de progresser, de devenir grand. Un enfant sait aussi qu'il a besoin des parents (même s'ils lui cassent les pieds sous certains aspects). Quand l'on est dans une relation semblable avec Dieu, on est bien parti, on est alors en train d'entrer dans le Royaume, car c'est cela, y entrer : faire confiance à Dieu pour vivre et avancer.
Cette notion existe plus dans l'imaginaire populaire que dans la Bible. Ce serait un lieu de torture éternelle pour ceux qui sont recalés à l'examen d'entrée au Paradis. Cette façon de voir est bien simpliste et n'est pas cohérente, à mon avis, avec ce que le Christ nous dit de Dieu. Comment pourrait-il torturer son enfant ?
L'Ancien Testament parle du Shéol*, le séjour des morts. À l'époque, les croyants n'étaient pas certains que l'on y était encore vivant. Jésus affirme que la vie continue après la mort du corps.
Le Christ parle de la Géhenne*, en utilisant de façon imagée ce nom de lieu qui était la décharge municipale de Jérusalem. On y brûlait les ordures, le feu ayant alors plus le rôle de purification que de torture, pour nettoyer et assainir la ville. Nous pouvons donc comprendre cette façon de parler du Christ comme un avertissement, certes, mais aussi comme une bonne nouvelle puisqu'il nous annonce que ce qui est impur et nauséabond dans notre vie sera ainsi éliminé et purifié par le jugement de Dieu.
Au sens spirituel, l'enfer c'est être loin de Dieu, c'est être aujourd'hui coupé de lui. Et dans notre communion avec Dieu nous sommes déjà, partiellement, au paradis.
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Espérer en Dieu, c'est mettre sa confiance en lui, c'est se reposer sur lui, s'appuyer sur lui de telle sorte que l'on n'a plus à avoir peur. Cette confiance est basée sur la certitude de la fidélité de Dieu, qui garantit notre avenir . L'apôtre Paul dit que trois choses seulement demeurent, et l'espérance en fait partie (avec la foi et l'amour*) .
Le salut peut tarder, lespérance peut être enfouie, mais elle ne disparaît pas, car notre avenir est dans la bonne main de Dieu. Et en Christ le salut de Dieu n'est plus une chose abstraite mais bien visible.

Dans les langues de la Bible (en hébreu, comme en grec), il y a un seul mot pour dire : "esprit", "vent" ou "souffle".
Dieu est invisible, mais l'expérience de sa présence et de son action est quelque chose de bien concret pour le croyant. Ils ont cherché à quoi comparer la manière dont Dieu est présent dans le monde et ils ont trouvé cette image :
- Le souffle, l'air que nous respirons, est la chose la plus indispensable à notre vie. On peut s'en passer quelques secondes, mais s'il manque nous mourrons très vite. L'air est offert à tout le monde, il suffit de le respirer. C'est ainsi que la grâce de Dieu est offerte à tous, mais qu'il faut se donner la peine de la mettre en soi pour en vivre.
- Le vent, c'est une puissance qui peut être importante ou très douce. C'est une belle image pour expliquer le mode d'action de Dieu sur la Terre, pour dire de quel type est sa puissance : Dieu agit dans le monde comme un vent poussant des navires sur la mer. Dieu est une force et une direction qui est proposée, mais que l'on peut choisir de suivre ou de ne pas suivre (c'est nous qui tenons le gouvernail de notre vie et c'est nous qui ouvrons ou fermons les voiles au vent de l'Esprit de Dieu)
L'Esprit de Dieu, ce n'est pas un morceau de Dieu, mais c'est plutôt une des façons dont Dieu agit dans le monde et dans l'histoire*. C'est donc extraordinaire que la Bible nous dise que Dieu donne son Esprit à l'être humain lors de sa création*. Dieu donne ainsi à l'être humain d'être un peu comme lui :
- L'Esprit guide le serviteur de Dieu*, et donc principalement le Christ*. Mais, à notre mesure, chacun de nous est serviteur de Dieu quand nous nous laissons guider par l'Esprit*.
- L'Esprit console, réconforte, il est appelé parfois le "consolateur", ou le "défenseur" (en grec Paraclet*).
- L'Esprit donne la vie*, une vie si profonde et vraie qu'elle est plus forte que la mort.
La notion de trinité développée par l'église dans les premiers siècles après Jésus donne à l'Esprit une place importante.
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Cette personne que l'on appelle Dieu (élohim en hébreu) est appelée aussi d'un autre nom dans la Bible. Ce nom a été révélé par Dieu à Moïse au buisson ardent* : YHWH (en hébreu). Les juifs ne prononcent pas ces 4 lettres, par respect pour Dieu, et pour résister à l'illusion de penser que l'on connaît totalement Dieu. Quand ils rencontrent ce mot dans le texte, ils lisent alors Adonaï ("Le Seigneur") ou bien Hashem ("Le Nom").
YHWH pourrait se traduire en français approximativement par "Je suis, Je serai". Ce nom est important d'un point de vue philosophique = Dieu est le seul qui existe véritablement en tant que tel. Tout le reste est arrivé à l'existence comme une conséquence d'autres choses qui l'on précédé, comme nous descendons de nos ancêtres. Dieu, lui, n'est issu de rien puisqu'il est éternel. Il existe par lui-même, il est l'être même.
La traduction "l'éternel" rend bien cette notion théologique, mieux que la traduction "le Seigneur" qui évoque l'idée de quelqu'un qui commande (et mieux que Yahwé ou Jéhovah qui ne veulent rien dire).
Dans la Bible, les mots "Dieu" et "YWHH" ne sont pas interchangeables. Ils évoquent 2 façons dont la même personne Dieu-YHWH agit dans le monde :
- Il est appelé Dieu quand il est créateur. Pour créer, Dieu sépare ce qui est bien de ce qui est mal, il agit pour mettre en valeur le bien, et pour faire reculer le mal.
- Il est appelé éternel (YHWH) quand il sauve, quand il aime, quand il nous associe à notre propre création. On comprend qu'il faille un autre mot, parce que quand il sauve quelqu'un, quand il pardonne, l'éternel accepte la part de mal qui est en nous (c'est ça, aimer). Et donc en aimant, l'éternel se salit les mains, pour ainsi dire, alors que Dieu rejette le mal.
La Confession de foi fondamentale de la Bible, dans laquelle se concentre le génie théologique de Moïse, c'est qu'une seule et même personne est à la fois Dieu et YHWH, qu'il juge et qu'il aime, qu'il crée et qu'il sauve. Voilà cette confession de foi selon Deutéronome 6 :4 :
écoute, Israël, l'éternel notre Dieu, l'éternel est Un.
Cette confession de foi est d'ailleurs citée par Jésus :
Voici le premier commandement : écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu, est l'unique Seigneur, Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force. (Marc 12 :29)
Chercher à écouter l'éternel notre Dieu, c'est une réponse intelligente et fidèle à la grâce et la puissance de Dieu-YHWH.

Jésus ne nous offre pas sur un plateau une bonne petite morale prête à vivre. Au contraire, ce qu'il nous propose c'est tout simplement "d'être parfait comme votre Père céleste est parfait" (Matthieu 5 :48). Cela semble fou, mais en réalité c'est formidable. Car cette morale responsabilise sans culpabiliser.
- Cela ne culpabilise pas, car comment pourrait-on nous en vouloir de ne pas arriver à être parfait ? Nous sommes tous frères et soeurs face à ça.
- Mais en même temps, cette morale que nous propose le Christ nous tourne vers un idéal, et un idéal qui est par définition cohérent avec notre théologie. L'idéal qu'il nous propose, c'est de vivre comme Dieu lui-même vit, d'être créateur de bonheur et de vie comme lui, d'aimer même unilatéralement, par grâce, comme lui,...
Par exemple, si le Christ nous disait : un bon chrétien donne 10% de ses revenus pour la solidarité matérielle et spirituelle avec les autres :
- Celui qui y arrive se dira qu'il est un bon chrétien, qu'il a fait ce qu'il faut. Ce ne serait bon ni pour lui-même (il est alors arrêté dans son cheminement), ni pour sa relation à Dieu (il n'a pas besoin de lui pour aller plus loin), ni vis à vis des autres (qui n'ont pas tous réussi à être si généreux).
- Celui qui n'arrive à donner que 8% parce qu'il est en train de s'acheter une maison ou qu'il a je ne sais quelle difficulté, celui-là sera culpabilisé.
Or, le Christ ne nous donne absolument pas ce genre de petite morale. Il ne nous dit pas que nous devons donner 10%, il ne nous dit pas que nous devons "partager" avec les plus pauvres...
=> Ce que nous dit le Christ, c'est d'être parfait comme notre Père est parfait. Ce que nous dit le Christ c'est de donner notre vie pour les autres ! Ce n'est pas simplement un discours, puisque Jésus donne effectivement sa vie. Heureusement, nous n'avons pas en général à mourir ainsi pour le service des autres, mais notre idéal reste un idéal infini : c'est Dieu lui-même.
Notre idéal est infini en Christ. Ensuite, nous faisons ce que nous pouvons, en conscience, sachant que Dieu comprend, pardonne, aime son enfant tel qu'il est, même imparfait, même pécheur. Il nous donne cet idéal, il nous aide aussi à le vivre.

"évangile" est un mot grec (euaggelion) qui veut dire "bonne nouvelle". L'évangile (on met alors une majuscule) c'est la vie et les paroles de Jésus. En l'appelant ainsi, on veut dire que la meilleure de toutes les nouvelles jamais annoncées, c'est l'annonce de notre salut en Christ, le salut de toute l'humanité.
Pour connaître cet évangile de Jésus-Christ, nous avons principalement 4 témoins qui nous ont laissé chacun un livre que, du coup, on appelle des évangiles (avec un é minuscule). Nous connaissons les évangiles de Matthieu, de Marc, de Luc et de Jean.
Les manuscrits les plus anciens que nous ayons de ces livres sont en grec. Mais peut-être que pour certains il y a eu une première version en hébreu (ou en araméen), langues que parlait Jésus. Il est probable que des disciples de Jésus aient pris des notes quand il parlait, c'était en tout cas l'habitude des disciples des maîtres juifs à l'époque. Ces témoignages ont été ensuite rédigés quelques dizaines d'années plus tard sous forme de courtes biographies de Jésus. Les 4 évangiles sont assez différents par leur style, par certains faits et points de théologie, mais ils sont cohérents sur l'essentiel de la personne du Christ et de son message. Cette diversité est une véritable leçon d'ouverture. La liberté de penser et de s'exprimer était vécue dès l'origine du christianisme.
Nous connaissons d'autres "évangiles" que ces quatre-la. En particulier l'évangile de Thomas dont on avait entendu parler et qui a été retrouvé dans des fouilles dans les années 1950. Ce texte comprend probablement des passages très anciens, peut-être même des paroles de Jésus prises en note de son vivant. Mais ce texte comprend aussi des textes qui ont certainement une autre origine philosophique et théologique que celle du Christ (des textes gnostiques, qui sont bien moins intéressants et certainement pas originaux).
D'autres textes nous permettent de connaître l'évangile, comme les Actes des apôtres et les lettres de Paul. On n'appelle pas ces textes des évangiles car on réserve ce terme aux livres qui sont présentés sous la forme d'une vie de Jésus.

Une certaine idée de la justice est celle du donnant-donnant. Quand quelqu'un a fait une faute, cette faute doit être payée d'une manière ou d'une autre, la faute doit être expiée, indemnisée. L'équité est déjà un progrès par rapport à la vengeance, c'est ce que propose le principe "il pour il, dent pour dent"*, c'est-à-dire que si quelqu'un crève un il à un autre, on lui crève un il en échange, c'est déjà mieux que de le tuer pour ça. Cette équité serait déjà un grand progrès dans les pays où l'on coupe une main, par exemple à un voleur. Dans l'Ancien Testament, il y a déjà un progrès par rapport à ce modèle, une faute contre Dieu n'est pas punie de mort, et l'on peut expier, racheter sa faute contre lui par un geste symbolique comme le sacrifice d'un pigeon ou d'un mouton.
Le Christ propose un autre type de justice que l'équité, il propose la justice de l'amour, de la bienveillance et du service. À la place du principe "il pour il", Jésus nous propose d'aimer nos ennemis, de bénir et prier pour ceux qui nous font du mal. Et il ajoute que c'est comme ça que Dieu agit envers le coupable*.
Notre péché contre Dieu n'est donc pas à expier, il n'attend pas que quelqu'un paye pour la faute car il n'est pas dans cette logique-là du donnant-donnant. Le problème de la faute, c'est qu'elle provoque des souffrances (que l'on doit essayer de consoler et guérir). Et le problème aussi, c'est que la faute montre que son auteur a besoin de progresser, de devenir meilleur. Avec le Christ, l'expiation d'une faute marche donc dans l'autre sens que dans l'ancien temps. Avant, il fallait que le coupable paye (ou que quelqu'un paye pour lui). Au contraire, avec le Christ, il faut que le coupable soit aidé, on paye donc pour soigner le coupable. C'est ce que fait Dieu, en tout cas, il est prêt à tout donner pour qu'un seul homme progresse et devienne quelqu'un de vraiment bien. C'est ce qu'il montre en Christ.
L'expiation n'est donc pas pour acheter l'amour et le pardon de Dieu, de toute façon il nous aime toujours. Mais l'expiation est donnée par Dieu pour que nous puissions enfin guérir et aimer*.
À partir de quelques textes du Nouveau Testament, des théologiens chrétiens ont tenté de rétablir l'ancienne expiation en disant que Dieu ne pouvait pas pardonner nos fautes sans que quelqu'un paye. Et que le Christ en souffrant beaucoup sur la croix a ainsi acheté le pardon de Dieu pour l'humanité. C'est surtout un théologien du Moyen-âge qui a bien présenté cette théorie au XIe siècle (Anselme de Cantorbery).
L'évangile c'est que Dieu est amour, et que son amour, comme tout amour véritable, ne s'achète pas. Pour nous, le cur même de l'évangile c'est que le premier à aimer (même ses ennemis) : c'est Dieu*. Il n'a nul besoin et nulle joie de voire un homme souffrir et être crucifié. Heureusement. Quand le Christ meurt sur la croix, ce n'est pas à Dieu qu'il apprend à aimer et à pardonner, c'est à nous qu'il tente d'apprendre à aimer. Christ nous montre combien il aime, et cela nous donne une idée de l'amour infini de Dieu pour nous.
Jésus nous apprend à appeler Dieu "Notre Père"*. Qu'est-ce que cela nous apprend sur Dieu, sur nous ?
- La Père c'était quelqu'un que l'on respectait comme le chef de famille. C'est une bonne idée d'écouter ainsi ce que Dieu nous dit. Mais le Fils est presque l'égal du Père, si le Père est Roi, les enfants sont prince ou princesse. Dieu donne des consignes, mais il est aussi un Père qui écoute ses enfants, et tient compte de leurs avis.
- Le Père c'est aussi celui qui nous donne tout. Il prépare son fils pour qu'il reprenne, par exemple, la ferme et les terres de la famille. Pour les enfants, l'héritage est un vrai cadeau, car les parents auraient très bien pu tout dépenser pour faire la fête et ne rien laisser, mais non, Dieu est un Père généreux. Et puis, il compte sur nous pour que nous poursuivions son uvre, en embellissant la vie autour de nous comme le Christ l'aurait fait.
Dieu est notre Père et notre Mère. Il nous a donné la vie biologique, il nous a aussi donné son Esprit qui nous fait vivre de sa vie à lui. Nous sommes ainsi vraiment ses enfants.
Mais, en plus, nous dit la Bible, nous sommes enfants de Dieu parce qu'il nous adopte*. Cela est vraiment rassurant. Parfois nous sommes loin de lui ressembler (ce qui arrive, quand nous faisons du mal), parfois nous refusons d'être son enfant (quand nous rejetons son Esprit). Et bien, même alors, Dieu continue à nous reconnaître, lui, comme son enfant bien aimé, et il nous donne sa bénédiction.
Jésus nous propose ainsi d'appeler Dieu "Notre Père", non seulement "mon Père", comme si seule importait pour moi d'être aimé par Dieu, mais "Notre Père", me réjouissant ainsi d'être aimé par Dieu mais en reconnaissant aussi les autres comme des frères et surs.
Dans les évangiles, Jésus est souvent appelé "fils de l'homme", en hébreu "fils d'Adam", et il est appelé aussi "fils de Dieu". Il est à la fois les deux, un humain, un fils d'Adam fait de poussière, fabriqué avec des atomes ordinaires. Et il est aussi fils de Dieu, un être d'une richesse infinie, un être capable du meilleur par pure générosité.
Jésus est pour nous le modèle de tout homme et toute femme. Nous sommes tous des fils et des filles d'humains, et nous sommes tous des fils et des filles de Dieu par l'Esprit*. Cette double nature fait la richesse et la complexité de la vie humaine.

Aujourd'hui, on pense que la foi c'est le sentiment de la présence de Dieu, l'expérience
religieuse. Quand la Bible parle de foi, c'est autre chose que cela.
Le mot "foi" dans la Bible évoque la confiance, la fidélité, la solidité.
Et ainsi, même quand on ne sent pas particulièrement la présence de Dieu (ce qui arrive à tout le monde), on a quand même la foi si on reste tourné vers Dieu, si on garde confiance en lui, si on continue à le chercher, à le célébrer, à attendre sa bénédiction.
Le fait que Dieu soit parfois comme absent est aussi une grâce, comme quand des parents s'effacent un peu pour laisser plus d'autonomie à leur enfant adolescent. Souvent dans les évangiles, Jésus raconte une parabole où Dieu est comme un maître qui s'absente pour quelque temps*. Les personnes fidèles continuent à vivre selon la Parole du maître, et attendent son retour. C'est cela la foi.
La foi n'est ainsi pas un sentiment, c'est d'abord un choix que l'on fait, un choix de vie, une orientation.
Parfois on pense aussi qu'avoir la foi c'est penser ce qu'il faut, connaître et croire telle ou telle doctrine. C'est vrai que la théologie et ce que l'on pense a une certaine importance, mais la foi c'est plus profond que la simple croyance. La foi c'est être tourné vers Dieu.
Au moment où Jésus est exécuté sur la croix, il se sent abandonné de Dieu, il ne ressent plus la présence de Dieu à ses côtés. Que fait-il ? Il crie sa révolte contre Dieu, disant "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?"* Bien entendu, Jésus n'a alors pas perdu la foi, puisqu'il reste fidèle à Dieu en s'adressant à lui. Avec du recul, il est facile de dire que Dieu ne l'avait pas abandonné, Dieu n'abandonne pas ses enfants. Jésus fait ainsi un reproche injustifié à Dieu, mais qu'importe, il reste en relation à Dieu. Nous comprenons facilement l'angoisse dans laquelle l'homme Jésus se trouve, le sentiment d'injustice et d'abandon. Et donc nous excusons facilement Jésus d'avoir ce cri de révolte contre Dieu. Et Dieu le comprend encore mieux que nous-mêmes.
Avoir la foi, c'est cela : se tourner vers Dieu, et rester tourné vers lui.
La foi a des conséquences dans le domaine des actes et de la pensée. Quand Jésus résume l'essentiel de ce qu'il nous propose de vivre, il dit :
Voici le premier commandement : écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu, est l'unique Seigneur : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu... et tu aimeras ton prochain comme toi-même.
(Marc 12 :29-31)-> écouter Dieu, c'est la foi. écouter : c'est une attitude, un choix.
-> Aimer Dieu et aimer son prochain comme soi-même, sont déjà des conséquences de la foi, des conséquences dans le domaine des actes (la morale), dans le domaine de la pensée (la théologie) + dans le domaine religieux (la prière).

Jésus nous dit que vivre, vivre vraiment, c'est "aimer Dieu et aimer son prochain comme soi-même"* . C'est excellent, mais qui est "mon prochain" ? Est-ce que j'ai le choix d'aimer untel et de jeter à la poubelle tel autre dont je ne me sens pas proche ?
La notion de fraternité permet de bien comprendre l'appel de Jésus. On ne choisit pas qui sont ses frères et surs, ils le sont tout simplement parce que nous avons le même père ou la même mère. Qu'on le veuille ou non, ce sont nos prochains. Selon la Bible, tout être humain est mon frère ou ma sur, puisque Dieu est notre Père ou notre Mère et que Jésus-Christ est notre frère, le fils aîné. La Bible nous rappelle aussi que chacun est un enfant d'Adam (créé par Dieu), un enfant d'Abraham (héritier de la promesse et appelé à vivre en confiance avec Dieu).
Il peut arriver que l'on ne se sente pas très proche d'un de ses frères et surs. Mais, si l'on a un peu l'esprit de famille, cela n'empêche pas d'essayer d'avoir de bonnes relations avec lui* , de le soutenir en cas de besoin* , et parfois d'avoir le courage de lui faire des reproches* .
La Gloire, en Hébreu, c'est le "poids", Dieu est le sommet de la Gloire, cela peut paraître curieux pour parler de Dieu (qui ne peut être pesé sur une balance, puisqu'il n'a pas de corps matériel). Mais cela veut dire qu'il a une importance qui est au-delà de tout.
Glorifier Dieu, ou "rendre gloire à Dieu", c'est lui donner de l'importance dans nos vies.
Il est extraordinaire que, nous aussi, de simples humains, nous soyons appelés à la Gloire pour que notre vie physique passagère reçoive une dimension spirituelle qui lui donne son poids de véritable valeur et même d'éternité..

Quand un roi pardonne à un de ses sujets, on dit qu'il lui fait grâce, Quand quelqu'un est charmant bien qu'il ne soit pas d'une beauté extraordinaire, on dit qu'il a de la grâce, ou du charme... Bref, la grâce, c'est une sorte de bienveillance qui est une faveur, comme un cadeau immérité.
L'évangile commence sous le signe de la grâce avec la personne de Jean-Baptise, qui annonce le pardon de Dieu. D'ailleurs le nom même "Jean" annonce la grâce de Dieu parce que "Jean" en hébreu se dit "Yohanan" = "l'éternel fait grâce".
Quand on parle de la grâce de Dieu cela veut dire que le salut n'est pas à acheter, mais offert gracieusement par Dieu, parce qu'il a choisi de nous donner la vie, parce que nous avons du prix à ses yeux et qu'il nous aime.
On a parfois dit que Jésus nous sauve parce que sur la croix il a payé pour nos fautes, et que cela était nécessaire pour que Dieu puisse nous pardonner. Cette façon de comprendre le salut n'est pas la seule possible. La grâce de Dieu c'est au contraire l'affirmation que son amour n'a pas besoin d'être acheté, ni par la torture du coupable, et encore moins par la peine d'un innocent. Dieu fait grâce de nos fautes par amour. La mort du Christ sur la croix est le signe de cette grâce et de cet amour de Dieu, elle ne l'achète pas !
Un des versest les plus connus des évangiles le montre bien :
Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique,
afin que quiconque croit en lui ne meure pas,
mais qu'il ait la vie éternelle. (Jean 3 :16)Dans ce verset, nous avons bien l'annonce de la grâce : "Dieu aime infiniment le monde". Cela est posé en premier, sans cause, sans prix d'achat, alors que nous sommes encore pécheurs, parce que nous sommes en train de mourrir de nos fautes et que Dieu veut nous sauver.
La conséquence de cette grâce, c'est le Christ, sa vie, ses paroles et même sa mort qui est encore de l'amour.
La grâce de Dieu appelle notre foi "croire en lui", croire en Christ puis, par lui, croire en ce Dieu de la grâce et recevoir la vie.

Jésus est le nom d'un homme qui est né vers l'an -6 de notre ère, qui a vécu ensuite dans la ville de Nazareth au Moyen Orient, et qui est mort exécuté par les romains vers l'an 33.
L'existence de cet homme est connue par les évangiles, qui soutiennent qu'il est l'homme le plus important pour l'avenir de l'humanité (le Christ). Jésus est connu aussi par des témoignages de ses opposants, comme les rabbis juifs* du Talmud (qui disent qu'il était un sorcier et un semeur de désordre) et par quelques allusions dans des textes romains*.
Ce nom "Jésus" était assez courrant à l'époque, puisque c'est le nom du successeur de Moïse. Mais ce nom convient particulièrement bien à cet homme puisque "Jésus" signifie littéralement "le salut de l'éternel", le salut du Dieu qui s'est révélé à Moïse (Matthieu 1:21).
Selon ces témoignages, on peut donc esquisser rapidement les points certains de sa vie ainsi :
- Jésus a d'abord eu une vie de charpentier. Il était juif, raisonnablement pratiquant (connaissant bien la Bible, fréquentant la synagogue, allant à Jérusalem pour la Pâque) mais pas très strict dans cette pratique religieuse.
- Il a côtoyé un homme qui prêchait la conversion pour le pardon des fautes, Jean-Baptiste, puis Jésus a pris son autonomie par rapport à lui.
- Il a alors eu une vie publique comme Rabbi, maître itinérant, proposant son interprétation de la Bible, racontant de courtes histoires édifiantes (paraboles), critiquant les autorités religieuses en place.
- Des guérisons miraculeuses ont été observées, ses amis disant qu'elles prouvaient qu'il était envoyé de Dieu, ses opposants disant au contraire que c'est pour tromper les gens qu'il faisait ces guérisons.
- Il a finalement été exécuté, pendu sur une croix selon une méthode de torture courante à l'époque. Ses disciples, assez nombreux, l'ont abandonné lors de son arrestation et de son exécution.
Mais les évangiles nous disent bien d'autres choses sur sa vie. Tous les événements racontés le sont afin de nous aider à comprendre comment Jésus est le Christ, et que nous vivions ainsi comme des enfants de Dieu par lui (Jean 20 :30-31).
La vérité de ces récits est ainsi avant tout théologique, mais elle est également souvent historique, ou sur une base historique qui sert à annoncer un des points forts du messages de Jésus-Christ.
Par exemple, chaque chrétien est libre de penser que Jésus aurait ou n'aurait pas marché sur de l'eau profonde, au sens physique (Matthieu 14 :25). Mais tous les chrétiens s'accordent à dire que cet épisode nous annonce que par la foi, et avec l'aide du Christ, chacun peutavancer dans la vie sans être submergé par les difficultés ...
À
Nazareth, on l'appelait "Jésus fils de Joseph"*, ou "le fils du charpentier"*. Quand il a commencé à être connu dans d'autres régions d'Israël on l'a appelé "Jésus de Nazareth"*. Et c'est seulement plus tard, dans l'église chrétienne qu'on l'appellera Jésus-Christ*. Christ n'est pas le nom de famille de Jésus, c'est sa fonction, comme on dit "le Général de Gaulle" ou "le Roi Dagobert".
L'appeler Jésus-Christ c'est dire : "je crois que cet homme, Jésus, est le Christ, l'envoyé de Dieu pour participer d'une façon décisive au salut de l'humanité tout entière".

On a pu avoir peur du jugement de Dieu. On a fait peur aux gens avec cela pour le but (louable ?) de les amener à se tourner vers Dieu.
Pourtant, si l'on en croit Jésus-Christ, Dieu regarde avec bienveillance l'être humain. Il n'y a donc rien à craindre de son jugement, parce que le jugement de Dieu c'est l'amour.
Qu'est-ce que c'est qu'aimer ? C'est avoir un regard positif sur l'autre et lui vouloir du bien. C'est une façon de regarder qui retient ce qu'il y a de beau, de merveilleux et de vivant dans une personne, en passant par dessus ce qui ne va pas trop bien. Aimer quelqu'un c'est voir aussi les progrès qu'elle peut faire et être prêt à l'aider pour cela.
Une telle attitude est courante entre les personnes. Dieu est le premier à aimer.
Le jugement de Dieu est de la bienveillance active, qui voit le bien, qui espère et cherche à susciter le meilleur dans tout être.
On a souvent présenté le jugement de Dieu comme une sélection entre les personnes pour retenir ceux qui ont la moyenne et recaller les autres, un petit peu comme le SS qui était chargé de la sélection à l'entrée des camps d'extermination ! Certains textes bibliques peuvent être interprétés ainsi, mais ce n'est pas la seule façon de les comprendre. Le bien et le mal sont mêlés en chacun de nous. Le jugement de Dieu voit, aime ce qui est bon en chacun et il le sauve, il rejette ce qui est mauvais et il nous en purifie. Ce tri entre l'homme bon et l'homme mauvais traverse aussi nécessairement tout être humain.
D'ailleurs les images utilisées dans la Bible pour parler du jugement de Dieu font en général appel à cette notion de purification (de l'individu), plus qu'à la notion de sélection des individus (rappelant la sinistre idée de purification ethnique de certains tyrans):
- Le jugement est parfois comparé à un pressoir dans lequel on met les grappes pour recueillir le jus en écartant ce qui n'est plus utile (la peau et les branches du raisin).
- Le jugement de Dieu est parfois comparé au feu qui purifie le minerai pour en tirer l'or et rejeter les scories
- Le jugement est comparé au vannage du blé pour retirer la paille qui a porté le grain mais qui n'est pas comestible
- ou à l'élagage d'un arbre qui lui permet de mieux pousser...
Il n'y a rien à craindre du jugement de Dieu, au contraire, il y a tout à en espérer. Il est promesse de vie. (voir Justification et Grâce)
Cela nous est proposé aussi comme modèle dans notre façon de regarder les autres (et nous-même) avec bienveillance et optimisme.

Le mot de justice fait un peu peur, il fait penser à un tribunal, avec des accusations, des juges, des policiers, et la prison qui n'est pas bien loin. Effectivement, nous ne sommes pas parfaits et donc nous ne nous sentons jamais tout à fait à la hauteur de l'idéal que nous aimons dans l'évangile. Nous avons longtemps eu peur du jugement de Dieu.
Mais le message de Jésus-Christ s'appelle évangile (= "Bonne Nouvelle") et non pas Grand Avertissement. Et ce nom de Bonne Nouvelle est en rapport avec la justice de Dieu.
La justice de Dieu :
- Ce n'est pas une justice qui nous condamne pour nos fautes,
- Mais c'est une justice qui justifie = qui nous rend justes, qui nous purifie, nous rend meilleurs.
La justice de Dieu se traduit par notre "justification" et non par notre condamnation. Parce que Dieu nous trouve sympathiques. Et comme il n'aime pas l'injustice, il nous aide à la faire reculer en nous.
Paul dira ainsi que "c'est par grâce que nous sommes sauvés, par le moyen de la foi" (éphésiens 2 :8).

La liberté est annoncée dans l'évangile comme une réalité qui ne va pas de soi.
"La vérité vous rendra libre" (Jean 8 :32) dit Jésus, c'est bien que nous sommes enchaînés d'une certaine manière, et que l'objectif de Dieu est de nous libérer. C'est d'ailleurs un message central dans la Bible : l'être humain a besoin d'être libéré par Dieu, comme le peuple hébreu a été libéré d'égypte.
On peut se demander effectivement dans quelle mesure nous tenons en main les commandes de notre propre vie. Une bonne partie de ces chaînes étant probablement en nous-mêmes. Le salut de Dieu est un acte de création qui nous libère progressivement.
Une question majeure en théologie est discutée depuis 2000 ans : est-ce que l'homme est libre vis-à-vis de Dieu, est-ce que l'homme participe à son salut ou bien tout vient-il de Dieu ?
L'être humain n'a effectivement pas le choix d'être aimé par Dieu, c'est comme ça, comme le rappelle le baptême des bébés. Et ce n'est pas très étonnant puisque l'enfant qui a la chance d'être aimé par des parents n'a également aucun mérite à cela (il est souvent aimé avant même d'être conçu). Cette grâce de Dieu rend possible, et appelle l'amour de l'homme pour son Dieu. Mais cet amour de l'homme n'est pas obligatoire, il n'a de sens que s'il est libre. Où serait le respect de la personne humaine si elle n'avait pas son mot à dire ?
La possibilité d'avoir la foi est un don de Dieu (une grâce). La foi, elle, est un choix de la personne individuelle. C'est le sens même des appels à se tourner vers Dieu que l'on trouve partout dans la Bible.
Dieu peut aimer l'être humain malgré lui, cela est en soi une garantie de vie. Mais c'est dans la mesure où nous nous confions dans les mains de Dieu qu'il peut nous donner d'être un peu plus ce qu'il veut pour nous.

Toute philosophie et toute théologie se pose la question de l'existence du mal (et du bien). La Bible rend compte de plusieurs réponses différentes à cette question douloureuse. Nous pouvons passer très brièvement en revue 5 de ces réponses, en cherchant les avantages et les limites de chacune.
a) "Cette question nous dépasse."
C'est une façon d'éluder la question, de renoncer à y apporter une réponse satisfaisante.
- Dans la Bible : Le livre de Job conclut sur cette réponse (Job 42).
- Avantage : c'est vrai que notre point de vue est toujours partiel et limité. En dernier recours, l'humilité et la confiance en Dieu est une bonne attitude, car nous ne sommes pas Dieu.
- Limite : Cette théologie n'invite pas tellement à agir contre la souffrance. Mais surtout, Dieu ne nous demande pas de renoncer à l'intelligence pour avoir la foi ! Au contraire. Quand Jésus cherche vraiment à faire réfléchir les personnes qui l'écouent, tous, même les personnes les plus simples (...voir confession de foi)
b) Dieu serait tout puissant, et il crée la souffrance pour notre bien.
La souffrance est alors comparée à un médicament amer, un avertissement, un exercice ou une épreuve. La souffrance serait donc en réalité un bien.
- Dans la Bible : Psaume 32 :10, ésaïe 48 :10.
- Avantage : cette solution est simple et claire.
- Limite : Cette théologie invite à accepter la souffrance comme venant de Dieu, plutôt que de lutter contre. C'est cette théologie qui a fait douter de l'existence de Dieu ou se sa bonté. Car, effectivement, si Dieu était à la fois tout puissant et amour, il autre chose que la torture pour nous éduquer ! Face à la leucémie d'un enfant ou à un accident stupide, cette théologie de la "toute puissance de Dieu" est vraiment épouvantable à entendre.(... voir Providence et Dieu)
c) Dieu laisserait la liberté à l'homme, c'est lui qui a tout gâché.
Dieu aurait tout créé parfaitement à l'origine, puis il aurait restreint sa toute puissance pour laisser à l'homme la liberté de faire le bien comme le mal.
- Dans la Bible : Genèse 3 (Adam & Ève), et les textes où Dieu s'absente (par exemple la parabole des talents en Matthieu 25).
- Avantage : C'est vrai que le mal que nous faisons a pour conséquence des souffrances importantes et du gâchis.
- Limite : Cette explication est parfois trop culpabilisante, quand elle nous rend responsables, sans que l'on sache comment, d'un cyclone ou une météorite qui a tout ravagé. Et puis la souffrance injuste du bébé gazelle croqué par un lion existait avant que l'homme puisse en être responsable. Enfin, dans cette théologie, Dieu nest pas complètement innocent, il est au moins coupable de non-assistance. N'aurait-il pas pu imposer des bornes pour éviter Auschwitz?
d) Dieu affronterait un ennemi actif.
Cette théologie est bien plus ancienne que la Bible. Il y aurait un Dieu bon, et il y aurait une autre personne transcendante qui ferait le mal. Certaines théologies chrétiennes ont repris cette théologie avec une puissance du mal personnifiée (appelé parfois diable ou satan, ou un ange qui a trahi Dieu).
- Dans la Bible : Apoc 2 :13, Job 1, 2 Pier 2 :4.
- Avantage : cette solution est ancienne et simple.
- Limite : les passages de la Bible où l'on peut trouver cette idée sont très rares, et on peut les comprendre autrement. L'idée majeure de la Bible c'est qu'il y a un seul Dieu, une seule personne transcendante dans l'univers et qu'elle crée le bien. De plus, on remarque que quand une catastrophe frappe, elle frappe tout le monde, au hasard. S'il y avait un diable derrière, il frapperait surtout les êtres bons.(...voir Diable)
e) Dieu serait encore en train de poursuivre son uvre de création.
Dieu serait puissant, mais il ne pourrait pas tout faire en une seconde, il crée dans la durée. Dieu nest la cause que du bien, mais il y a encore du chaos dans ce monde que Dieu est en train d'organiser progressivement. Par amour, Dieu crée l'homme dans ce chantier en cours, et il l'appelle à participer à cette uvre et à se développer lui-même.
- Dans la Bible : tous les passages qui disent que le Royaume de Dieu vient, qu'il est à attendre, à préparer. Et dans le Notre Père (Mat. 6) "que ta volonté soit faite..." + 1 Cor 15 :28, Rom 8 :22.
- Avantage : Cette théologie refuse l'idée d'un Dieu qui tire toutes les ficelles, et annonce un Dieu qui est uniquement Amour et Vie. Dieu est totalement innocent de toute souffrance, que ce soit comme acteur de cette souffrance, ou même comme laissant faire. Notre révolte contre la souffrance est donc bonne puisque Dieu est le premier à être révolté par elle. Cette théologie mobilise pour lutter contre toute souffrance avec Dieu.
- Limite : Comme dans la théologie précédente, Dieu ne serait ainsi actuellement pas tout puissant. Cela peut gêner certaines personnes. Pourtant dans la Bible l'idée de "toute puissance" de Dieu est en réalité extrêmement rare et contestée.
Bilan de ces 5 propositions
Après Auschwitz, les théologies qui envisagent un Dieu tout puissant sont de plus en plus rarement soutenues. On insiste par contre, sur Dieu comme accompagnant celui qui souffre, un Dieu qui souffre avec nous.
Personnellement, ma réponse à cette question intègre 3 de ces 5 réponses, et rejette les 2 autres.
- Oui, on ne comprend pas tout et j'ai confiance en Dieu et dans la lumière qu'il a mis dans le cur de tout homme (réponse -a).
- Oui, l'homme est responsable des autres et du monde, et il est coupable d'une partie de la souffrance (réponse -c).
- Et je crois que Dieu continue à créer, qu'il nous aide à transformer la souffrance en vie, il accompagne, il pardonne, il appelle, il ressuscite (réponse -e).
Bref, Dieu est bon, et il est innocent du mal.

Dans la Bible, la vie est souvent comparée à une randonnée, à un voyage à pieds*. Cela donne une vision dynamique de notre existence, et tous les âges de la vie sont comme des pays intéressants à explorer et découvrir leur beauté.
Dieu est lui-même en marche, il n'est pas une statue en marbre mais une personne vivante qui bouge, avance, évolue et est source d'évolution. L'exemple même du salut de Dieu est l'Exode, le passage du peuple hébreu de l'Égypte à la Terre Promise. Cela symbolise le passage de la vie dure à la vie belle avec Dieu, cela symbolise le passage de la vie comme esclave (du péché) à la vie d'être libre (dans le Royaume de Dieu).
Pâques est un mot hébreu (Pesar) qui veut dire ce passage. Il nous rappelle l'importance du Christ pour avancer sur le chemin*.
Pour Jésus, le mariage va de soi, il n'en parle pas tellement.
Le mariage est un engagement entre un homme et une femme dans la fidélité, pour toute la vie. Le mariage chrétien comprend plusieurs dimensions qui se complètent :
- Il est d'abord un engagement qui se fait dans le secret des coeurs,
- Il a également une dimension sociale à la Mairie,
- Et il a enfin une dimension spirituelle et religieuse, en demandant à Dieu de bénir ces engagements et la vie qui s'ouvre ainsi.
Au temple, les époux disent plutôt comment ils veulent vivre leur union. Les engagements parlent donc de vérité, d'attachement, d'amour et de fidélité. On parle du fond, de la foi et de l'idéal évangélique qui est partagé par les époux, et le pasteur dit sur le couple la bénédiction de Dieu, car se marier dans un temple, c'est aussi affirmer que l'on veut faire cette route familiale avec la présence de Dieu et l'aide de l'évangile.

Le mot ministère est simplement un mot grec qui veut dire "service". Un ministre c'est un serviteur, c'est-à-dire toute personne selon l'appel du Christ pour que nous soyons tous au service les uns de sautres.
Selon l'évangile, la vie de toute personne a un sens, a du prix aux yeux de Dieu. Et le Christ nous propose d'être serviteurs les uns des autres*. Il nous dit même que le plus grand n'est pas celui qui fait le chef, mais celui qui rend service comme le plus petit*.
Notre diversité de personnalité, de qualités, d'expérience est ainsi une chance. Nous pouvons être complémentaires pour agir dans le monde. C'est à chacun, éclairé par Dieu, de trouver sa place dans le service commun, de reconnaître les personnes à qui l'on peut apporter un peu quelque chose.
Paul compare l'humanité à un corps dont chacun de nous serait une main, un doigt de pied, un oeil... et dont Christ serait la tête*. Unis par le Christ, notre diversité est alors féconde. Il coordonne nos services (nos ministères, si l'on veut s'amuser à jargonner en utilisant de jolis mots grecs).

Les miracles que raconte la Bible sont plutôt un obstacle à la foi. Comment est-ce que Moïse aurait pu écarter la mer, comment Jésus aurait-il pu marcher sur l'eau, guérir un aveugle et ressusciter un enfant mort ?
Parmi les chrétiens, il y a des personnes qui pensent qu'il y a bien eu un événement physique extraordinaire, d'autres chrétiens pensent qu'il faut prendre ces récits de miracles au sens figuré. Ces 2 positions sont respectables :
- Il n'est pas idiot de penser que Dieu fait des miracles, puisque l'apparition de la vie dans l'univers matériel est certainement un miracle qui a eu lieu. Il y a 15 ou 20 milliards d'années, rien ne permettait de prévoir l'apparition d'êtres capables de penser et d'aimer, cette apparition est un événement qui va à l'encontre de tout ce qui existait avant, c'est une merveille. Cette évolution montre que Dieu fait réellement des choses prodigieuses, mais cela ne veut pas dire qu'il fait n'importe quoi quand même.
- Il n'est pas idiot non plus de penser, par exemple, que Jésus n'a pas marché sur l'eau au sens matériel du terme, mais que ce récit est à prendre au figuré (il arrive par la foi à avancer malgré l'adversité, sans couler à pic). Lire ainsi ce récit de miracle n'est pas un manque de respect par rapport à la Bible, c'est juste une question d'interprétation. En effet, quand on lit dans la Bible que " l'Éternel est ma lumière " , on comprend bien que c'est une façon de parler et que même avec la présence de Dieu on a quand même besoin d'allumer des lampes dans sa maison le soir...
Finalement, pour lire un de ces récits de miracle, la question de savoir ce qui s'est passé matériellement est une question d'opinion personnelle, et cette question est relativement secondaire.
Ce qui est important c'est de chercher, dans tous les cas, ce que veut dire pour nous ce récit, quel miracle Dieu veut accomplir dans notre vie. Et dans cette recherche nous sommes tous d'accord.
Même si Jésus a matériellement marché sur l'eau, il ne l'a pas fait pour faire le malin, mais pour dire quelque chose de vraiment essentiel à ses disciples. Son acte est alors encore de la théologie, et c'est ce message théologique que tous les chrétiens trouvent fondamental.
Des miracles, Dieu en fait tous les jours dans notre vie, et tous ces miracles qui sont racontés dans les évangiles peuvent encore se produire dans notre vie. Comme le montre le Christ, Dieu peut ouvrir nos yeux (sur la vérité), il peut guérir nos jambes paralysées (nous permettre d'avancer dans notre vie), il peut même nous ressusciter (faire naître en nous une vie nouvelle, si profonde qu'elle est éternelle)...
Et pour nous, après la création de l'univers le miracle le plus sensationnel c'est le Christ. En lui et par lui, Dieu fait entrer le monde dans une ère nouvelle.

Ce mot est directement tiré du latin, il veut dire littéralement "qui a un cur sensible à la misère". Il y a de la compassion dans la miséricorde, il y a de l'amour, de l'amitié et du pardon. À quoi sert ce mot s'il y en a d'autres plus faciles pour dire la même chose ? Parce que les traducteurs de la Bible ont choisi, ou même fabriqué ce mot pour parler de l'extraordinaire façon qu'a Dieu de nous Aimer. C'est donc normal que ce mot soit un peu rare dans le langage courant, parce qu'il est rare de rencontrer une telle qualité d'amour entre nous.
Dieu est miséricorde. Il y a dans cette notion une promesse qu'il aimera fidèlement, quoi qu'il arrive, et pour toujours. Il souffre quand nous souffrons, il pardonne, il prend pitié de nos faiblesses, il ne méprise pas le petit mais y attache une attention toute particulière pour lui venir en aide... Comme une mère qui aime chacun de ses enfants.
En prenant conscience de la miséricorde de Dieu pour nous, cela peut nous donner des idées, cela peut attendrir notre cur, nous rendre moins durs, moins indifférents à nos frères et surs, nous sommes alors un petit peu plus "miséricordieux comme notre Père est miséricordieux." comme le dit Jésus* .
Désolé de parler de la mort, cest vrai que "ça ne se fait pas" et que ce nest pas drôle, mais il nest pas inutile douvrir les yeux dessus.
Notre mort nous pose pourtant une question intéressante : nous ne sommes pas éternels, alors que voulons-nous faire de ces quelques courtes années que nous avons devant nous ? C'est comme si nous étions pour encore 3 jours seulement dans une ville ou un pays que nous allons quitter pour toujours, que voudrions-nous faire de ces quelques heures que nous avons devant nous, quelle personne aller voir, que faire pour tout mettre en ordre ?
La mort de ceux que nous aimons est très difficile à vivre. C'est normal, et il est important de soutenir ceux qui sont dans le deuil. Mais la mort ne diminue en rien la valeur à nos yeux de celui dont le corps a cessé de vivre, et nous pouvons continuer à être en relation avec lui par l'amour.
Parfois, une personne se suicide. Ce n'est jamais une bonne chose pour plein de raisons :
- C'est exagéré. Les choses évoluent avec le temps alors il est dommage de prendre une option aussi définitive. Des difficultés peuvent sembler insurmontables à un moment donné ou quand on n'a pas le moral, mais plus tard il en serait autrement.
- C'est gâché. La vie est faite pour être vécue, explorée. On peut se creuser la tête (avec l'aide de Dieu) pour trouver quelque chose de positif à faire, le suicide n'en fait pas partie.
- Ce n'est pas sympa. La douleur face à la mort de ceux que l'on aime montre que nous ne sommes pas seul concerné par notre propre mort. Le suicide d'un proche est particulièrement dur à vivre.
L'Évangile nous annonce qu'en Christ, la mort est vaincue. Bien entendu, la mort physique continue à frapper, mais elle n'est pas la fin de tout. Il y a une dimension de la vie humaine que la mort n'atteint pas, la vie éternelle. En Christ, les puissances de mort reculent, en particulier l'indifférence, le manque de foi, le manque d'espérance....
Un "mystère", dans la Bible, c'est un secret qui est maintenant révélé.
Ce qui est étrange, c'est que ce mot soit devenu synonyme de l'inconnaissable. Peut-être est-ce la faute de théologiens qui, à un moment de l'histoire, auraient voulu garder leur pouvoir en laissant planer des secrets sans communiquer la révélation. Ce ne serait pas fidèle à la théologie de l'Évangile, car la révélation n'y est pas réservée à une élite mais elle est donnée pour que tous l'entendent en s'en réjouissent. Un mystère ne devrait donc plus être quelque chose d'étrange ou d'incompréhensible pour personne, mais la Bonne Nouvelle du Christ*.
Il n'y a jamais eu d'unité parfaite de tous les croyants, évidemment, et ce serait une horreur, comme si l'humanité était transformée en une armée de robots tous semblables marchant au pas en une seule file immense. Dès l'origine, Pierre n'était pas Jean, ni Paul... Et chacun avait un peu sa façon d'être fidèle à ce Jésus qui avait transformé leur vie.
L'cuménisme n'a donc pas pour but d'unifier la pensée des gens, ni de réduire les différences dans la façon de rendre un culte à Dieu. Il s'agit plutôt de se reconnaître mutuellement comme chrétiens, de dialoguer et de faire des choses ensemble. L'cuménisme est alors très utile :
- d'abord pour mettre de la paix entre les chrétiens et montrer ainsi aux non croyants que Dieu est source d'amitié et de respect.
- L'cuménisme aide à mieux témoigner de Jésus-Christ. Aujourd'hui, tous les lecteurs de musique fonctionnent en stéréo, avec plusieurs sources de son. La voix du Christ aussi est mieux entendue avec une diversité de témoignages.
- La diversité des chrétiens et des églises est un bon vaccin contre l'intégrisme. Nous avons tous la tentation de prendre notre petit point de vue pour l'unique Vérité. En écoutant ce que les autres chrétiens pensent, nous pourrons nous rendre compte qu'en réalité nous ne sommes pas nous-mêmes tout à fait Jésus-Christ, et qu'il est bien utile de chercher à se réformer encore un peu.
Bien des pages de la Bible témoignent du fait que Dieu donne la paix. Pour apprécier la pleine profondeur de cela il faut saisir le sens bien plus concret du mot paix en hébreu qu'en français. Pour nous, c'est d'abord la paix avec les autres, et la paix intérieure, qui sont toutes deux de très bonnes choses. Ces sens existent aussi en hébreu, mais l'hébreu shalom (
) a également le sens d'achever la construction d'une maison* de rembourser ses dettes* , et d'être en bonne santé* .
Cette belle phrase de Jésus est alors plus compréhensible : " Heureux les artisans de paix, ils seront appelés enfants de Dieu "* . La paix se fabrique comme un maçon construit une maison ou comme une mère aide son enfant à grandir et à être en pleine forme.
Dieu donne la paix comme ça, en poursuivant son uvre de création, ce qui est bien dans sa nature. Il ne donne pas la paix comme on donne une orange. D'ailleurs la paix n'est pas quelque chose que l'on aurait, que l'on possèderait, mais c'est quelque chose que l'on est, la paix est une qualité d'être comme la santé ou comme le fait d'être achevée pour une maison. La paix c'est aussi une qualité de relation, et cela est indissociable d'une certaine qualité d'être.
C'est que Dieu donne la paix comme il crée l'univers : en faisant évoluer la réalité dans le sens de la vie. C'est pour cela que la paix qu'il donne est toujours relative. Cette paix est déjà présente en nous (sinon ce serait invivable), le pardon existe en ce monde, nous le vivons chaque jour, sinon il n'y aurait plus personne sur terre depuis longtemps. La paix est donc bien là, mais elle est aussi à espérer, à construire encore.
Toute vraie création, toute évolution prend du temps. Même pour Dieu, et surtout quand il s'agit pour lui de créer l'être humain. Car alors, il n'a pas à travailler avec des cailloux comme quand il crée les galaxies, mais il doit alors travailler avec une " matière première " vivante qu'il choisit de respecter infiniment : la personne humaine. C'est avec nous que Dieu peut construire la Paix qu'il nous souhaite.
Pâques est un mot hébreu (Pesar) qui veut dire le passage.
Il nous rappelle l'importance du Christ pour marcher vers la vie, pour passer de ce monde au Père..
Le paradis évoque la vie dans l'au-delà, la vie après la mort. Le mot "paradis" vient d'un mot persan qui signifie un jardin, le jardin des délices...
Le Paradis, c'est le Royaume de Dieu.
Mais dans l'évangile, le Royaume de Dieu, c'est pour tout de suite. Et Jésus en parle au présent:
- "Le Royaume des cieux est à eux (est maintenant à eux)" promet-il à ceux qui sont "pauvres en Esprit" (ceux qui mendient à Dieu pour qu'il leur donne l'Esprit). Matthieu 5
- Quand les disciples demandent "Où est le Royaume de Dieu ?"
Jésus répond : "Le Royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards. On ne dira pas : Il est ici, ou : Il est là. Car voici, le Royaume de Dieu est au-dedans de vous" (ou "au milieu de vous") Luc 17 :21On a parfois trompé les gens en leur promettant le paradis dans l'au-delà, à condition qu'ils acceptent de faire certaines choses maintenant. Le pire c'est que ça marche encore, ce vieux truc (et ça fait la fortune des sectes).
L'évangile ne joue pas ce jeu-là. Le Christ nous offre de recevoir maintenant le Royaume de Dieu, d'avoir la vie éternelle que Dieu veut pour nous dès cette vie présente. On ne peut pas tromper les gens là-dessus, parce que l'on voit rapidement si c'est vrai ou non.
En Christ, nous sommes déjà dans le Paradis, partiellement mais réellement. Nous sommes encore dans ce monde, mais, par l'Esprit de Dieu, nous sommes déjà dans une dimension qui transforme ce monde et qui ouvre une perspective qui dépasse ce monde.

Bien entendu, le pardon est une chose formidable, mais je résiste au désir de dire " qu'il faut pardonner ". En effet, supposez que des personnes dont l'enfant a été massacré par un fou lisent ce " il faut pardonner ", quel effet ces 3 petits mots feront sur cette famille ? Cela risque d'ajouter encore la culpabilité au poids de souffrance qu'ils ont à porter, parce qu'il est probable qu'ils auront bien du mal à " pardonner " au criminel.
Ce que je vous propose c'est de dire plutôt : "Il est bon de pardonner". En effet, ça fait un bien fou de pardonner, c'est comme déposer une lourde charge de tristesse, de colère, d'amertume, tout un paquet de choses négatives que l'on trimbalait avant dans sa vie.
Il est bon de pardonner, mais ce n'est pas facile de se forcer, et parfois, c'est au-delà de nos forces. Ce qu'on peut faire alors, c'est demander à Dieu de nous aider à pardonner, de nous donner cette grâce comme un cadeau, comme une guérison d'une maladie qui nous empoisonne la vie.
C'est comme cela que je comprends cette demande de la prière que Jésus nous a apprise : "Notre Père... pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé*".
- Je demande ainsi à Dieu de me pardonner, parce que j'ai été loin d'être parfait,
- Et je demande à Dieu de me donner la force de pardonner à ceux qui m'ont blessé, parce que cela aussi est bien difficile pour moi.
- Il y a encore une chose où j'ai bien besoin de l'aide de Dieu, c'est pour me pardonner à moi-même d'avoir été si mauvais.
Le pardon libère celui qui a été blessé par un autre. Le pardon peut libérer aussi un avenir meilleur à celui qui a blessé quelqu'un (s'il apprend qu'on ne lui "en veut" pas), et nous pourrons même parfois avoir ensuite de bonnes relations ensemble.
Le pardon concerne ainsi plutôt l'avenir. Pour ce qui est du passé, c'est une bonne idée d'essayer de réparer nos fautes quand c'est possible. Et c'est bien de laisser à celui qui nous a fait du mal une chance de rattraper sa faute, au moins par un geste symbolique qu'il fera pour nous.
En tout cas, Dieu, lui, nous pardonne. C'est ce qu'affirme la Bible, et c'est que peut ressentir le croyant par la prière. Dieu ne tient pas sans cesse la liste de tout ce que nous faisons de mal, il a un regard plus positif que cela sur nous. La preuve, c'est la façon dont se comporte le Christ dans sa vie vis-à-vis de personnes qui ne sont pas pire que nous. Quand il relève la femme adultère , raconte la parabole de la brebis perdue , parle au brigand crucifié à côté de lui et prie pour les soldats romains qui sont en train de le crucifier, Jésus nous montre cet amour de Dieu pour nous, alors que nous sommes encore pécheurs, nous offrant ainsi la certitude du pardon de Dieu.
À sa suite, nous avons parfois l'occasion d'aider quelqu'un à avancer sur le chemin du pardon, en aidant des personnes que nous connaissons à se réconcilier un peu. Quand cela arrive, on est alors vraiment content d'avoir pu y participer.
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Quand le livre de la Genèse nous parle de la création du monde, il raconte que :
"Dieu dit : 'que la lumière soit' et la lumière fut."*
Il n'y avait alors aucune oreille pour entendre cette Parole de Dieu qui crée la lumière, bien entendu, puisque c'est alors la première chose que Dieu crée.
La Parole de Dieu c'est ainsi un acte de création, et pas nécessairement quelque chose que l'on entend par ses oreilles. On peut même dire que chaque fois que quelque chose devient vivant, ou progresse véritablement, il y a eu un acte de Dieu, une Parole de Dieu*.
Pourquoi est-ce que l'on a appelé alors "Parole" ce qui est un acte de Dieu ?
1) Parce que cela dit comment est-ce que Dieu agit.
- Quand un maçon monte un mur, les briques n'on pas tellement leur mot à dire, elles sont manipulées et on ne leur demande pas de comprendre.
Mais Dieu crée le monde en parlant, en dialoguant. C'est-à-dire qu'il cherche plus à persuader qu'à contraindre. On a envie de dire qu'il choisit la difficulté, c'est vrai. Il a bien du mal à se faire comprendre et accepter par l'humanité qui n'écoute pas souvent, ne comprend pas tellement, oublie, provoque, fait le contraire par plaisir...
2) Et puis, comme la parole peut avoir du sens, les actes de Dieu ont du sens. Ses actes montrent qui est Dieu. Par exemple quand Dieu crée la vie, on apprend que Dieu est "le vivant". Quand Dieu sauve, on apprend qu'il aime, quand Dieu parle, on apprend à la fois à écouter et à parler...
Parfois on entend dire que la Bible est la Parole de Dieu, c'est un peu vite dit. Ce serait extrêmement réducteur. La Bible elle-même nous dit que Dieu est Parole et que le Christ est la Parole faite chair. La Parole c'est ainsi une personne vivante, pas un objet matériel en papier avec de l'encre dessus.
Mais la Bible n'est pas sans rapport avec la Parole de Dieu quand même. C'est par la Bible que nous la recevons parfois. Quand nous lisons ces textes dans un esprit de prière, il arrive souvent que nous recevions de grandir dans la foi, c'est-à-dire que nous pouvons recevoir une Parole de Dieu.
Mais nous pouvons aussi recevoir une Parole de Dieu dans la prière, ou d'une personne que nous rencontrons, cette personne a été alors pour nous un ange, peut-être sans le savoir.

J'ai mis cet article pour mon père qui aime bien le mot de Parousie. C'est par ce mot savant (et grec) que l'on désigne le retour du Christ à la fin du monde. Des chrétiens de la première génération croyait que cela devait arriver très prochainement. Certains ont arrêté ainsi de travailler, de se marier et d'avoir des enfants (voir dans la Bible le livre des Actes des apôtres et les plus anciennes des lettres de Paul). L'attente des disciples se modifiera progressivement, comprenant que la fin du monde et le retour du Christ sont à attendre autrement.
Le retour du Christ est à attendre dans notre être, dans notre communauté humaine, et cela se réalise par notre conversion. En effet, e Christ n'est pas absent, mais vivant et présent à nos côtés tous les jours*. Par la communion avec le Christ, par l'Esprit de Dieu, on peut dire que le Christ habite en nous, et que collectivement, nous sommes un corps dont le Christ est la tête.
L'attente de la fin du monde (ou pour ceux qui veulent parler en franco-grec = l'eschatologie) est cette espérance qu'en définitive, le mal, la souffrance et la haine ne l'emporteront pas, mais que Dieu aura la victoire, que le bonheur et la vie auront le dessus*.
Le Royaume de Dieu est ainsi à la fois déjà partiellement là, nous pouvons le voir, mais son accomplissement est encore à attendre et à construire. Nous sommes de même déjà à la fin des temps et cela a des chances de durer encore...

Pasteur veut dire berger en vieux français. Selon une image très courante dans la Bible, le Bon Berger c'est le Christ, ou c'est Dieu (voir Jean 10, Psaume 23). Cela veut dire que Dieu a pour chaque être humain l'attention, l'affection même, que le berger a pour un agneau. Il le guide là où il y a un pâturage et de l'eau, il le met à l'abri la nuit dans une bergerie pour qu'il ne soit ni dévoré par le loup ni volé par un brigand, il le soigne quand il est blessé et le recherche quand il est perdu et porte quand il est fatigué...
La théologie chrétienne au cours des premiers siècles a même largement représenté le Christ comme un berger. Cela était pour eux le meilleur résumé possible de son rôle et de l'évangile (voir le dossier des premiers symboles chrétiens sur ce sujet).
Quand on a dit cela, on ne peut plus dire que l'homme ou la femme qui est "pasteur" d'une paroisse est LE Berger. Mais sans doute doit-il, à sa mesure, essayer d'avoir la même attention afin qu'ensemble nous puissions faire un pas vers le Royaume de Dieu.
Le pasteur n'est pas un prêtre, parce que le pasteur n'est pas un intermédiaire entre Dieu et la personne. Le rôle du pasteur est plutôt d'aider à ce que chacun puisse progresser dans sa relation personnelle avec Dieu.
- Il est surtout un théologien et un spécialiste de la Bible. Il aide et stimule la recherche de chacun.
- Il n'a aucun pouvoir particulier ni pour accorder le pardon (chacun est responsable devant Dieu et Dieu seul, et nous pouvons tous annoncer le pardon de Dieu) ni pour célébrer les sacrements (communion, baptême). Tout ce qu'un pasteur fait un laïc peut le faire (s'il en est chargé par les délégués des personnes de l'église) : le culte, les bénédictions de mariage, les obsèques, les baptêmes, le catéchisme, le ménage du temple...
- Le pasteur est généralement marié.

Les péchés, ce sont toutes les fautes que nous commettons, par les quelles nous faisons du mal ou que nous ne faisons pas le bien que nous sommes appelé à faire. Le contraire de pécher, c'est faire le bien.
Le péché, au singulier, c'es tle fait d'être coupé de Dieu. Lui, Dieu, n'est jamais coupé de nous. C'est nous qui sommes plus ou moins coupés de lui, quand on le rejette, quand on l'oublie. Le contraire du péché, c'est la foi.
Comme le dit Paul, nous sommes tous pécheurs. Dans un sens, il y a là une bonne nouvelle: cela fait de nous tous des frères et soeurs. Nous sommes tous au bénéfice du pardon de Dieu:
- Nous sommes tous pécheurs parce que nous faisons des erreurs (et parfois des horreurs). Nous avons besoin de grandir et d'être libérés de nos faiblesses.
- Mais aussi parce qu'il n'est pas possible de vivre en ce monde sans se salir les mains. Souvent, l'alternative qui nous est imposée ne nous laisse que des solutions dont aucune n'est parfaitement bonne, nous obligeant matériellement à faire le mal, même si nous cherchons à en faire le moins possible.
Pas de panique, nous dit l'évangile, Dieu comprend, il aime, il pardonne. La question n'est donc pas là, Dieu n'est pas fâché contre nous quand nous avons fait du mal. Mais le problème, c'est précisément ce mal que nous avons fait. Car le mal, c'est de la souffrance, ou du bonheur qui ne sera pas vécu, c'est parfois de la mort pour nous et d'autres. Nous sommes appelés ainsi à la responsabilité, et Dieu est un allié de choix pour y faire face.
Le péché au singulier non plus ne fâche pas Dieu contre nous. Il ne cesse de nous aimer et de venir à nous. Mais nous ne lui facilitons pas toujours la tâche. Personne n'est totalement coupé de Dieu, à mon avis, comme personne ne pourait vivre sans une toute petite place pour l'amour ou l'espérance dans sa vie. La conversion, sans cesse à approfondir pour chacun, permet d'être libéré un peu plus de ce "péché" là.

À mon avis cette notion a une importance plus historique que théologique. Certains théologiens ont tellement voulu insister sur la puissance de Dieu qu'ils soutiennent que si un homme se perd, c'est qu'il est "prédestiné" à se perdre, Dieu l'ayant décidé ainsi par avance, comme il décide de sauver ceux qu'il choisit...
Du point de vue théologique cette notion est assez épouvantable si l'on imagine que certaines personnes seraient ainsi totalement rejetées. Mais l'on peut dire qu'en chaque personne humaine, il y a une part de bien qui est "prédestinée" (si l'on veut utiliser ce terme) à être sauvée par Dieu, et il y a aussi une part de mal qui est "prédestinée" à être perdue, éliminée. Et c'est vraiment une bonne nouvelle.

Dans l'Ancien Testament, il y a des prêtres, ils sont surtout chargés des sacrifices, des holocaustes et des cultes lors des grandes fêtes. Ils sont ainsi plus particulièrement chargés de faire monter à Dieu cette prière qu'est l'offrande. Mais le peuple d'Israël tout entier est considéré comme le peuple prêtre, chargé d'assurer ce service pour l'humanité tout entière.
Dans le Nouveau Testament, Jésus ne parle pas des prêtres, et il n'est absolument pas questions de prêtres dans la communauté chrétienne de Jérusalem, ni dans aucune autre des premières églises. Certes, il y a des témoins privilégiés que sont les apôtres, les premiers disciples, et des lettrés comme Paul ou Luc qui seront de bien utiles théologiens. Il y aura aussi des diacres, hommes ou femmes chargés par l'église d'être au service des pauvres et qui annonçaient également l'évangile. Mais de prêtres, on n'en voit pas dans les églises de la première génération de disciples du Christ (en tout cas selon la Bible).
En effet, c'est le Christ qui est le Prêtre, et il est le précurseur qui fait de nous des prêtres.*
Il est le Prêtre : il est celui qui nous a rendu Dieu proche. Et dans l'église des premières générations on n'a plus besoin de prêtre, puisque, justement Dieu est proche en Christ. Chacun, même le plus petit des petits, le plus pécheur des pécheurs peut s'adresser à Dieu sans crainte. Le Christ apprend à chacun à prier tout simplement dans le secret de sa chambre, le Père qui entend. Le Christ apprend à ses disciples à demander à Dieu en son nom, au nom du Christ. Nous n'avons pas besoin d'autre chose.
Il n'y a ainsi pas de personnes mises à part pour assurer la fonction de prêtre dans l'évangile, parce que l'humanité tout entière est un peuple de prêtres, par le Christ. Il y a là une différence avec d'autres religions, cette différence a une base théologique fondamentale :
- Les religions anciennes ont été parfois un effort de l'homme pour atteindre Dieu, ou les dieux. Il faut alors des professionnels, des prêtres, pour entrer en contact avec le divin qui semble souvent indifférent aux besoins de l'humanité.
- Le Christ nous montre que Dieu est présent, proche, qu'il n'est pas indifférent ou difficile à atteindre. Ce n'est ainsi pas l'homme qui fait des efforts pour entrer en contact avec Dieu, mais Dieu qui fait des efforts inouïs pour entrer en contact avec l'humanité.
Dieu ne demande pas mieux que d'entendre ce que nous avons à dire et de nous parler. Notre religion n'est donc pas une religion de prêtres (faisant un effort pour contacter Dieu) , mais une religion de croyants (cherchant à écouter Dieu), et de témoins de ce Dieu qui aime l'être humain...

Dieu est créateur, il entre donc en relation avec l'univers. L'être humain est particulièrement sensible à ce que Dieu veut communiquer. Et l'être humain a encore quelque chose de plus que tout autre créature, il peut s'adresser à Dieu.
La prière est cette relation, quand elle s'établit, entre Dieu et l'être humain, et entre l'être humain et son Dieu.
La relation entre les êtres humains est quelque chose de complexe qui passe par la parole et par bien d'autres façons d'être. C'est la même chose pour la relation à Dieu.
- La prière est parfois quelque chose que l'on dit à Dieu,
- Elle est aussi, et peut-être d'abord une façon de se placer devant Dieu, dans le silence, dans l'attente, dans la confiance, dans la révolte, en se posant des questions,...
Quand prier ?
Certaines religions imposent de prier tant de fois par jour, ou de prier à tel et tel moment. Le Christ n'est pas tellement dans le style légaliste. Il nous dit simplement que c'est une bonne idée de ÒVeiller et prier en tout temps.Ó (Luc 21 :36). On peut choisir de prier le matin en se levant, avant les repas, en se couchant, ou dans la nature, dans le métro. Il n'y a pas de règle, sauf que la régularité est payante, elle nous prépare à être en relation avec Dieu.
Comment prier ?
Quand ses disciples lui posent la question, Jésus répond : "Quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret."*. La solitude et le silence est ainsi un élément important. Sinon, chacun est libre de prier à genoux, debout, assis, couché, dans un joli petit coin que l'on a préparé, ou sous la douche...
Pour entrer dans la prière, pour aider à ne pas être distrait, on peut commencer par un des jolis textes de la Bible, un texte que l'on aime.
Qui prier ?
Qui prie-t-on ? -> Dieu et Dieu seul, et tout cas selon Jésus dans les évangiles (absolument chaque fois qu'il parle de la prière, il dit de prier le Père). Nous prions donc Dieu seul, et comme il nous le propose, nous prions "au nom de Jésus-ChristÓ, ce qui veut dire qu'on s'adresse à Dieu dans la confiance que nous donne le Christ.
Que prier ?
C'est une question secondaire, finalement, parce que finalement l'essentiel, c'est de prier. Mais il y a quand même des façons de prier qui sont plus positives que d'autres pour notre relation à Dieu.
En particulier, c'est certainement bon de présenter à Dieu ce que l'on aimerait voir arriver (exemple : "Seigneur, j'aimerais tant que mon enfant guérisse"). Mais je pense qu'il n'est pas bon de donner à Dieu des ordres même si c'est pour demander une bonne chose (comme "Seigneur, guéris-le !"). En effet, on risque d'être déçu, mais surtout l'image que l'on se fait alors de Dieu n'est pas très positive. Dieu n'est pas le Père Noël, et il sait ce dont nous avons besoin mieux que nous-mêmes*. Si quelqu'un est malade, le problème ne vient pas de Dieu, et nous n'avons pas à essayer de le convaincre que la santé est mieux que la maladie (Dieu est quand même l'inventeur de la vie !)...
Notre prière peut contenir, par exemple :
- une Louange pour reconnaître que Dieu est Dieu, que c'est lui qui sait vraiment ce qui est le bien. On peut prier même si on ne sait pas bien qui il est.
- un Appel : On demande à Dieu de la force, pour qu'il nous pacifie, nous rende meilleur, pour qu'il nous aide à faire du bien autour de nous, pour qu'on sache voir où l'on peut avancer. On peut prier parce qu'on veut avoir la foi et qu'on trouve que l'on n'en a pas beaucoup.
- une Intercession : une prière pour les autres; pour demander à Dieu de leur donner des encouragements, pour qu'il leur donne sa paix, sa force, son bonheur.
- ce que l'on a sur le coeur : On peut dire nos joies et nos peines avec Dieu, on peut exprimer nos projets et nos regrets... comme avec quelqu'un de très proche.
- du silence, pour laisser Dieu "parler". mais si l'on entend des voix, c'est probablement le voisin qui met la télé trop fort, Dieu parle au coeur. Et sa Parole est plus que des mots.

La profession de foi consiste à dire publiquement son désir de vivre dans la relation à Dieu, par Jésus-Christ.
La profession de foi comprend la confession de foi qui rassemble tous les chrétiens "Jésus-Christ est le Seigneur", complétée par une expression plus personnelle de sa propre foi. Et la bénédiction de Dieu sur cette personne est rappelée par un geste et une parole.

Le prophète n'est pas tellement quelqu'un qui prédit l'avenir, mais dans la Bible, le prophète est plutôt quelqu'un qui dévoile le sens profond du présent. Cela est bien plus utile. De toute façon il n'est possible pour personne de connaître totalement l'avenir (même Dieu est souvent surpris par ce qui arrive, alors ceux qui prétendent avoir les clefs de l'avenir sont des escrocs ou des fous).
Le prophète est un homme ou une femme qui reçoit l'Esprit de Dieu. À la suite de Jésus-Christ, nous sommes tous appelés à recevoir l'Esprit, et être ainsi prophète, voyant le monde avec le regard de la foi, comme le Christ, dans une attitude qui réconforte et qui donne de l'espérance.*

Au XVIe siècle, protester voulait dire témoigner, oser dire ce que l'on croit. C'est déjà un beau programme pour celui qui désire être " protestant ".
Mais protester veut dire aussi s'indigner, se révolter ouvertement contre quelque chose. C'est excellent aussi, à condition que cela soit fait avec amour et pour faire avancer les choses. Jésus était parfois plein de douceur pour réconforter quelqu'un. Mais il avait très souvent des paroles et des gestes qui criaient sa révolte. Ce n'était jamais pour rejeter quelqu'un, bien au contraire. Par intérêt pour cette personne, il ose lui dire ce qu'il pense et il l'appelle à ne plus continuer comme avant mais à changer grâce à Dieu, il l'appelle à se Convertir.
L'idée de providence sous-entend que Dieu gouverne les événements du monde, et donc en particulier notre vie. Tout dépend comment on entend cela, les opinions sont très diverses à ce sujet entre les différentes religions et même entre chrétiens. Certains non-croyants, comme les gens qui croient aux astres et les superstitieux, pensent que quelque chose dirige de l'extérieur le cours de l'histoire, et que nous avons ainsi un destin, plus ou moins inscrit quelque part.
Cette question de la providence rejoint ainsi d'autres questions comme :
- la question de la liberté humaine et de la puissance de Dieu,
- la question de l'existence du mal et de la bonté de Dieu.
Dieu a certainement une action dans ce monde, l'évolution de l'univers permet de le penser. Mais est-ce que Dieu tire pour autant toutes les ficelles ? Rien n'impose de le penser.
La liberté de l'être humain est affirmée dans la Bible comme étant un point important. Dieu ne crée pas des robots, mais des êtres qu'il veut libres, qu'il libère même volontairement et qu'il laisse respirer en se faisant discret. Cette liberté est sans cesse rappelée par des appels à progresser. Cette liberté est un risque que prend Dieu, et souvent la Bible nous montre que Dieu est surpris, et qu'il est parfois alors obligé de réagir en intervenant pour sauver l'avenir.
La providence n'est donc pas totale, et si Dieu devine un peu ce que nous allons faire (il en connaît un brin sur la nature humaine), personne, pas même lui ne connaît absolument à l'avance ce qui n'est pas encore arrivé.
Il semble que la nature aussi ne soit pas totalement pilotée par Dieu, pas pour l'instant. En effet, quand des cyclones dévastent des pays et des familles qui ne sont pas plus coupables que nous, on ne peut pas en rendre responsable un Dieu d'amour. Au contraire, il travaille encore à la création d'un monde toujours plus juste. (Rom 8:22)
Mais la Bible annonce aussi l'action de Dieu dans le monde et dans notre vie. Il agit en nous, il agit pour nous même si nous ne sommes que peu de chose face à l'univers entier.
L'espérance chrétienne, fondée sur la confiance que nous avons en Dieu, c'est qu'en définitive, le mal, la souffrance et la haine ne l'emporteront pas, mais que Dieu fera que le bonheur et la vie auront le dessus*. L'amour de Dieu est plus fort que tout ce qui peut s'y opposer. Le Royaume de Dieu est ainsi à la fois déjà partiellement là, nous pouvons le voir, mais son accomplissement est encore à attendre et à construire.
La providence de Dieu est ainsi quelque chose qui nous responsabilise vers un idéal, qui nous libère de la culpabilité et de la crainte et qui donne sens à une espérance plus forte que tout.


Cent cinquante prière et poèmes, des louanges à Dieu, des cris de détresse, de foi, de bonheur, d'espérance et de doutes... le livre des Psaumes est une formidable nourriture pour notre vie. Ces textes ne nous font pas la leçon, ils ne cherchent pas à imposer de dogmes ou de rites, ils ne sont "que" des témoignages de foi vécue. Et, depuis 3000 ans, ils sont sur la table de chevet ou dans le sac de voyage de bien des croyants.
Le mot puissant est assez connu et clair en français courant, mais c'est la question de la puissance de Dieu qui est assez sensible, et qui connaît depuis le milieu du siècle dernier une évolution intéressante.
Dieu est puissant. Il est à l'origine d'un immense mouvement d'évolution dans l'univers. Des milliards d'hommes et de femmes peuvent témoigner de la puissance de Dieu dans leur vie. Mais est-ce que Dieu est " TOUT puissant " ou non ? Cette question est si fondamentale que les traducteurs de la Bible ont longtemps commis une erreur grave (ou peut-être un mensonge ?) en traduisant l'hébreu " El shaddaï " par "Dieu TOUT puissant". C'est faux, " El " veut dire " Dieu ", et l'on peut comprendre " shaddaï " comme on veut mais il n'y a pas le mot " tout ". Leur imagination a influencé sur ce point leur façon de comprendre la Bible. Ils se sont laissé influencer aussi par le fait qu'à leur époque un roi était souvent un tyran qui avait les pleins pouvoirs, ils ont alors imaginé que Dieu était un peu comme cela. Peut-être que des chrétiens se sont aussi laissé influencer par les dieux de l'antiquité, Jupiter et Zeus ?
Mais, aujourd'hui bien des théologiens chrétiens évoluent dans cette conception de la puissance de Dieu pour la relativiser dans le temps présent. Beaucoup disent que sa puissance est celle de l'amour, une puissance d'accompagnement et de pardon. Les éditions récentes de la Bible ont enfin rectifié leur traduction sur ce point.
Il y a plein de choses que Dieu ne peut pas faire : il ne peut pas faire le mal ni haïr un de ses enfants, il ne peut pas non plus forcer qui que ce soit à aimer (ça n'a pas de sens)... Mais on découvre en Jésus-Christ qu'avec " Dieu, on peut s'attendre à tout ", il est patient, plein d'idées originales et d'enthousiasme pour faire avancer la vie. Il est infiniment puissant et il nous invite à participer à sa puissance d'amour.
Ce point est fondamental dans notre compréhension de Dieu et du monde, en particulier dans l'existence du mal sur terre. Dieu agit contre le mal car il est bon et puissant, mais il reste du mal car il n'est pas tout puissant.
La Réforme est un événement important dans l'histoire, non seulement sur le plan religieux, mais aussi dans le domaine politique, pour la pensée, la musique et la littérature.
Mais ce n'est pas tellement cela qui compte le plus pour chacun. L'important, c'est d'être dans un esprit de réforme. Les protestants ne se sentent pas liées par la pensée de Jean Calvin ou de Martin Luther. Ils n'ont d'ailleurs pas inventé cette idée de se réformer sans cesse. Quand le Christ nous appelle à la conversion et quand il se présente comme un chemin, c'est à cela qu'il nous invite.
Chaque église chrétienne peut aussi se convertir, se réformer sans cesse. C'est encore plus difficile pour une église que pour les personnes qui la composent, toutes les associations humaines sont comme ça, elles ont du mal à évoluer, il faut d'abord se mettre d'accord, changer les textes, les murs, les habitudes...
Une religion se manifeste par un culte rendu à Dieu. Dans la Bible, c'est Dieu qui prend l'initiative de bénir l'être humain et de lui parler, et d'être a son écoute. Le culte est une façon d'entrer dans cette relation en bénissant Dieu, en lui parlant et en l'écoutant.
Dans la Bible, le culte évolue selon les circonstances et le temps. On voit souvent un homme rendre un culte personnel à Dieu dans un moment important de sa vie. Parfois il prie seulement*, ou il chante un poème*, parfois il dresse un autel et sacrifie une part de ses biens pour remercier Dieu et signifier son désir de le servir*. Quand un temple sera en état de servir à Jérusalem ce sera le lieu central de la religion juive*. Il y avait aussi une multitude de commandements de choses à faire ou à ne pas faire (dans la façon de manger, de vivre).
Jésus était un juif pratiquant, sans être fanatique ou intégriste. Il priait en général seul, en se mettant à l'écart*. Mais il allait aussi à la synagogue pour le culte*. La Bible était lue et commentée par les participants lettrés, des psaumes étaient chantés.
Jésus n'a pas fondé une nouvelle religion, le christianisme. D'ailleurs ses disciples vont continuer à pratiquer le judaïsme après sa disparition. Mais...
- le message de Jésus contenait des notions d'ouverture de la bénédiction et de l'appel de Dieu à tout être humain, juif comme non juif.
- et puis, Jésus donnait plus d'importance à la foi et au service des autres qu'à la religion elle-même.
=> progressivement des païens de plus en plus nombreux se sont joints aux juifs disciples de Jésus, la religion a été recentrée pour laisser le maximum d'importance à la foi personnelle, plus qu'aux commandements religieux. Une nouvelle religion est née, le christianisme, fille de la religion juive.
Il y a différentes façons d'être chrétien, différentes sensibilités, différentes institutions humaines (les églises). Mais il y a une unité profonde et rien ne devrait nous empêcher de nous sentir frères et surs en Christ.
Un religieux ou une religieuse, c'est quelqu'un qui s'engage concrètement dans la relation avec Dieu. Un pasteur n'est pas nécessairement plus religieux qu'un autre, un boulanger ou un médecin engagé dans sa foi.

Voir conversion.
Le récit de création qui est au début de la Bible n'est évidemment pas un reportage scientifique, mais un traité de théologie fondamentale. Il nous dit que l'être humain a été créé le 6e jour, et qu'il y a encore un jour après où Dieu a achevé son uvre, où il a mis comme la cerise sur le gâteau. Qu'est-ce qu'il a fait ce 7e jour ? Dieu a créé le repos, il a béni ce jour du repos et il s'est lui-même reposé, nous montrant l'exemple.
Ce jour de repos nous rappelle que même quand nous ne produisons rien notre vie a quand même un sens. Ce jour de repose est aussi un temps où nous laissons Dieu travailler en nous et nous donner sa bénédiction, pour être enfin un peu en paix.
Samedi veut dire "jour du sabbat", le jour du repos des juifs. Dimanche veut dire "jour du Seigneur", que les chrétiens ont choisi pour des raisons symboliques comme nouveau jour du repos et de la bénédiction après la venue du Christ. En effet, avec lui, nous sommes au-delà des 7 jours de la création en un 8e jour qui est éternel, celui du Royaume de Dieu.
Le Christ n'était pas intégriste sur la question du jour du repos. Lessentiel est de garder concrètement du temps pour placer son être sous la bénédiction de Dieu. Jésus gardait du temps pour se reposer, pour prier, et pour être avec ses amis..
Les mots "ressusciter", "résurrection" appartiennent au patois théologique, alors que les mots grecs qui sont dans la Bible sont des mots qui appartiennent au langage courrant des gens de l'époque. Les verbes egeiro ou anistemi veulent dire se lever, comme on se lève de table ou on se lève le matin, se lever pour sortir se promener. C'est ce mouvement très concret qui est traduit par "ressusciter".
La résurrection est ainsi quelque chose de concret qui appartient à la vie de tous les jours. D'ailleurs la Bible en parle souvent au passé. L'apôtre Paul nous dit : "vous êtes ressuscités avec Christ"*.
La vie éternelle est quelque chose que le Christ nous donne dans cette vie présente, ce n'est pas seulement une vie future (après la mort de notre corps), mais une vie présente qui est éternelle par certains aspects.
"Le Christ est ressuscité", voilà une annonce fondamentale de l'église chrétienne dès l'origine*. Visiblement dans les évangiles, le mode de résurrection du Christ n'est pas avant tout biologique, comme si notre espérance était dans la chimie du corps. Le Christ ressuscité a un mode de présence qui fait qu'il passe à travers les portes fermées, apparaissant et disparaissant en un clin d'oeil, et difficile à reconnaître par la seule vue.
L'expérience de cette relation au Christ ressuscité est une expérience de foi de ses disciples d'hier et d'aujourd'hui.
La résurrection du Christ est importante pour nous car elle est liée à notre propre résurrection, notre passage de la mort à la vie en Christ. Nous vivons véritablement si le Christ ressuscite en nous, s'il vit en nous*.
"Je crois en la résurrection de la chair" dit une antique formule. Cela ne veut pas dire que nous croyons à la recomposition des protéines de notre corps de chair. L'apôtre Paul discute de cette question dans un passage célèbre (1 Corinthiens 15), il dit que nous ne ressuscitons évidemment pas avec un corps de viande comme maintenant, mais avec un corps "glorieux" ou "spirituel". Cela veut dire que même au-delà de la vie de notre corps de chair, nous resterons en vie avec certaines caractéristiques essentielles de notre corps :
- Notre corps est l'espace qui nous est réservé dans l'univers => dans l'au-delà nous resterons un individu, un être personnel.
- Notre corps porte les traces de notre histoire => ce que nous avons vécu nous constitue. Nous resterons nous-mêmes dans l'au-delà, mais Dieu nous aura purifiés.
- Nous sommes en contact avec les autres et le monde par l'intermédiaire de notre corps, même dans l'au-delà nous serons des êtres en relation.
Mais heureusement, celui qui a un gros nez, ou un bras en moins ne ressuscitera pas avec des caractéristiques physiques particulières, et ce que l'on fait du corps des morts n'a aucune importance pour ce qui est de leur résurrection.


Le Dieu de la Bible est un Dieu qui prend les devants pour aller vers l'homme et lui apporter quelque chose. Il se "révèle". Cela est une révolution par rapport à d'autres religions dont le but est d'essayer d'attirer l'attention et la bienveillance du divin.
Le Dieu de la Bible est ainsi le Dieu de la grâce, de la Parole, et de la vie.

Ce qui est "sacré", c'est Dieu. Et par conséquent, ce qui est sacré dans ce monde, c'est la vie, en particulier la vie humaine et ce qui la rend belle : la foi, l'espérance et l'amour.
Et ainsi, pour les protestants (en général), ce ne sont pas des objets ou les lieux qui sont sacrés :
- le bâtiment dans lequel on se rassemble pour rendre un culte à Dieu n'est pas sacré, le temple de Dieu c'est l'être humain. Le pain de la communion n'est pas sacré, c'est d'être en communion avec le Christ qui l'est. Mais tant mieux si le pain aide à l'être un peu plus, et si nous nous sentons bien dans nos lieux de cultes.
- Un lieu où il s'est passé un événement capital pour l'histoire peut être un souvenir important pour quelqu'un ou même pour l'humanité, mais ils ne sont pas plus "sacrés" que n'importe quel mètre carré de terre qui porte un homme en relation avec Dieu.
à Dieu seul soit la gloire.

Le mot sacrement n'est pas vraiment biblique, c'est un mot d'église qui sert à désigner un rite religieux. Un sacrement, c'est un signe visible de la grâce universelle de Dieu. Un signe qui est institué par le Christ, et qui s'est pratiqué d'une manière générale dans l'église depuis ce temps-là.
Nous avons 2 sacrements : le baptême et la communion.
- Le "signe visible" dans le baptême est l'eau, et pour la communion ce sont le pain et le vin.
- Dans les 2 cas, ils sont signes de la grâce universelle de Dieu, grâce qui est pour tout homme, toute femme de toute la terre et de toutes les générations.
- Dans les évangiles, nous avons des récits où le Christ nous propose de perpétuer ces signes.
Il pourrait y avoir d'autres "sacrements". Par exemple le Christ lave les pieds de ses disciples lors de son dernier repas avec eux, en signe de son service pour chacun de nous. Il nous invite à être de même au service des autres. Nous pourrions célébrer ainsi un rite de lavage mutuel des pieds. Mais cela n'ajoute pas grand-chose à la Communion si on comprend ce rite comme signe de ce que le Christ nous donne (sa vie) et comme nous engageant à donner notre vie pour le service des autres, en mémoire du Christ et grâce à lui.
Le mariage pourrait être appelé un "sacrement", mais nous ne l'appelons pas ainsi parce que ceux qui ne sont pas mariés ne pourraient pas avoir ce sacrement, ce qui ne nous semble pas bien rendre le côté universel de la grâce de Dieu en Christ.
Les sacrements sont importants. Mais il est bon de noter qu'ils ne sont que des signes, et que la réalité signifiée est de loin l'essentiel. Il faut ainsi relativiser l'importance de la forme visible de la religion. Dieu n'attend pas le sacrement pour accorder sa grâce. Il accorde sa grâce de toute façon, il bénit ses enfants et leur vie. Mais c'est nous qui avons besoin de mettre des paroles et des gestes visibles sur cette grâce invisible afin de pouvoir un peu mieux en vivre, par la foi.
Saint veut dire " mis à part ", plutôt que d'être mélangé avec toutes les choses communes. La plupart du temps, dans la Bible, ce qui est saint c'est Dieu, ou son Esprit. Effectivement, Dieu est vraiment seul de son genre et c'est une bonne chose pour nous de le distinguer du reste sans confondre le créateur de ce qui est créé.
Puisque Dieu est saint, nous pourrions vouloir à notre tour l'être un peu (modestement). C'est une bonne idée, mais c'est déjà fait, en tout cas aux yeux de Dieu. Il nous sanctifie . Pour lui nous sommes une personne spéciale, pas une vague bestiole parmi des milliards d'autres. Notre existence a du prix à ses yeux et il compte sur nous pour servir les autres avec lui et grâce à son aide.
Dieu est saint et il nous sanctifie. Mais nous pouvons quand même sanctifier le nom de Dieu en lui laissant une place de choix dans notre vie et en faisant connaître Dieu autour de nous. Nous pouvons aussi nous sanctifier en essayant de vivre la vie extraordinaire que Dieu nous souhaite.

Sainte-CèneVoir communion.
Dieu sauve les êtres humains. C'est une conviction fondamentale dans la théologie biblique. Dieu est créateur et sauveur. Et c'est ainsi que nous avons la vie, la vie présente avec sa dimension d'éternité.
Comme Dieu a libéré le peuple hébreu d'égypte, Dieu libère (progressivement) chaque homme. Il le libère du néant en le créant, il le libère de la culpabilité par son pardon, il le libère de faux dieux, du péché, d'une vie mal placée, de lui-même. Et Dieu nous libère des chaînes de la mort.
Jésus-Christ a une place unique et décisive dans ce salut pour tous les êtres humains.
- par ce qu'il dit = l'évangile c'est la Bonne Nouvelle du Salut de Dieu. D'ailleurs c'est pour cela que Jésus s'appelle Jésus (= "l'Éternel sauve" en hébreu). Sa vie est parlante aussi, il est ainsi une preuve vivante de l'amour de Dieu, de sa grâce pour toute personne.
- par ce qu'il fait = par exemple, quand il guérit des aveugles il fait preuve de compassion pour ces gens, c'est déjà bien, mais plus largement il nous ouvre les yeux sur une dimension nouvelle, qui nous permet de voir la vie et les autres avec amitié & espérance.
- par ce qu'il est = le Christ. En lui, une étape décisive dans la création de l'humanité est donnée par Dieu.
Le salut de Dieu offert en Jésus-Christ est résumé dans cette phrase bien connue de la Bible :
"Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne meure pas, mais qu'il ait la vie éternelle." (Jean 3 :16).
On y lit :
- ce qu'est le salut : une victoire sur la mort, une vie éternelle.
- l'annonce de la grâce : l'amour premier de Dieu, origine du salut.
- la place du Christ comme don de Dieu rendant possible la foi et appelant à la foi.
- la liberté de l'être humain à choisir Dieu en Christ.
Nous sommes ainsi "sauvés par grâce, par le moyen de la foi" (éphésiens 2 :8)

La
foin'est pas seulement le sentiment religieux, mais elle n'est pas que de la théologie non plus. L'idéal serait que notre relation à Dieu concerne les différentes dimensions de notre être. Or, le cur et les émotions sont des dimensions importantes et belles de notre existence. Celui qui ressent la présence de Dieu, son amour puissant, celui qui a un cur qui brûle d'enthousiasme dans la prière, celui qui ressent l'appel du Père... celui-là vit quelque chose de très beau.
Il est possible que vous ne soyez pas ainsi. Cela peut venir un jour, ou bien progressivement. Nous ne sommes pas des robots. Certains sont grands et d'autres sont maigrichons sur le plan physique, c'est la même chose pour le sentiment religieux. Mais comme pour la force physique, le fait de n'être pas très costaud n'empêche pas de faire de l'exercice, au contraire. Il est de toute façon bon pour tout le monde de prier et de penser à Dieu, c'est même très bon pour celui qui ne ressent pas trop de sentiments religieux.
Oui, la tentation existe. Jésus même a été tenté d'abuser de son pouvoir pour lui-même*, ou de laisser tomber*. Mais il a été fortifié par l'Esprit, par la prière et par les passages de la Bible qui lui revenaient en tête.
La tentation ne vient pas de Dieu, il ne cherche pas à nous faire nous casser la figure, au contraire. C'est pourquoi la traduction du "Notre Père" qui circule aujourd'hui ne me plait pas du tout. Cette traduction dit "... ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre nous du mal..."* Bien sûr que Dieu ne nous soumet pas à la tentation. Il est même notre plus sûr allié contre la tentation. C'est ce que dit Jésus à ses disciples quand il leur conseille "Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation ; l'Esprit est bien disposé, mais la chair est faible."* Effectivement, nous avons tous bien du mal, par nos seules forces, à mettre un peu d'ordre dans notre vie, même avec la meilleure volonté du monde (la chair est faible). L'Esprit de Dieu est vraiment une force pour tenir debout, pour avancer. Pour cette fameuse phrase du "Notre Père" je préfère donc dire "... ne nous laisse pas entrer dans la tentation..." ou "ne nous abandonne pas dans la tentation..."

Se poser des questions est un peu fatigant, mais c'est bien utile pour avancer, pour progresser dans sa réflexion. Cela est indispensable pour être un peu plus maître de ce que l'on vit. Et, finalement, on prend facilement goût à la réflexion, c'est un sport qui peut être amusant.
L'idéal que l'on se fixe, l'idée que l'on se fait de Dieu ou de la valeur de la personne humaine... ces questions ont une influence considérable sur notre façon de vivre, et même sur notre société. Cette influence est claire quand on regarde les événements de l'actualité.
Le résultat de notre réflexion est donc important, mais finalement le plus important, c'est quand même le fait de réfléchir par soi même, de chercher Dieu, à le connaître, à chercher à s'inspirer de lui. C'est cette démarche que nous propose le Christ quand il parle de conversion. Se convertir c'est se tourner vers Dieu, c'est chercher Dieu. C'est la réflexion personnelle que cherche à provoquer Jésus quand il raconte ses curieuses petites histoires sans les expliquer, ou en répondant aux gens par des questions.
Ce n'est pas facile de construire la toiture de sa maison en pleine tempête de neige, de même il est plus facile de réfléchir et de construire sa foi quand tout va bien, que la vie est facile et que notre envie de Dieu est forte. Alors on est plus armé face à la tempête, si elle arrive malheureusement.
La diversité des théologies est une bonne chose, elle nous rappelle que Dieu est toujours au-delà de ce que l'on peut en dire. Penser que sa propre théologie est la seule bonne est malsain à plusieurs titres :
- cela ne facilite pas le rapport avec les autres,
- c'est de l'idolâtrie, au sens propre du terme, prenant pour dieu une image fabriquée par l'homme (un modèle théologique)
- et c'est malsain pour son propre développement, interdisant tout retour en arrière, toute reconnaissance de ses propres erreurs.
Au contraire, la Bible est pluraliste et accepte de relier ensemble des livres qui expriment des sensibilités différentes. Dans la Bible hébraïque, il y a des courants théologiques très divers. Et nous connaissons le Christ par 4 évangiles, l'église ayant heureusement eu la sagesse (pour une fois) de garder cette diversité plutôt que de les fusionner en un seul livre.
Ce qui est commun à tous les chrétiens dans leur recherche théologique personnelle, c'est la Bible, et c'est la foi.

Que Dieu soit à la fois Père Fils et Saint-Esprit, trois personnes en un seul Dieu... C'est une idée subtile qui est apparue peu à peu dans l'église, après des siècles de résistances et de discussions.
Le Christ n'en a jamais parlé, ni de près ni de loin. Cela relativise l'importance de cette idée théologique. Dans certains textes du Nouveau Testament, on a dans la même phrase les notions majeures de Père, de Fils et d'Esprit*, parfois on remarque un lien entre ces notions, mais on ne trouve pas explicitement dans la Bible cette idée de Dieu trois en un. Cela dit, ce développement théologique rend bien compte de la richesse de la théologie chrétienne. Mal compris il comporte le risque de se retrouver avec 3 dieux.
Or, la trinité ne parle pas de la substance de Dieu, comme si nous pouvions décortiquer ce qu'il est comme une machine que l'on démonte pour voir comment elle marche. Qui sommes-nous pour psychanalyser Dieu et dire la manière dont il se détermine en lui-même ? Dieu est unique, et les personnes de la trinité nous disent plutôt différents types de relations que Dieu veut avoir avec nous.
- En considérant Dieu comme Père, nous avons la vision d'un Dieu fort qui est le chef de famille, le patriarche. Être chrétien c'est le reconnaître comme son Seigneur, et lui obéir. Être chrétien c'est en même temps quelque chose de formidablement grand, puisque nous sommes fils et filles de ce Dieu qui est notre Père.
- En considérant Dieu comme Fils, nous sommes invités à imiter le Christ en agissant dans ce monde pour annoncer l'évangile et pour guérir ceux qui ont en besoin.
- Et en considérant Dieu comme Esprit, nous attendons la présence active de Dieu en nous, une présence qui nous soutienne et nous console.
La trinité nous dit ainsi quelque chose de fondamental sur notre relation avec Dieu et sur son unicité.

En hébreu, il y a un seul mot pour dire à la fois la vérité et la fidélité.
- La Vérité c'est donc plus une relation vraie, fidèle, qu'une vérité au sens mathématique du terme.
- La Vérité dans ce sens biblique ne s'oppose pas à l'erreur, mais au rejet, à l'abandon, à l'hypocrisie.
Dans l'évangile selon Jean, c'est bien cette notion-là de Vérité qui est mise en avant :
- Jésus est le chemin, la vérité, et la vie. (Jean 14 :6) => La vérité est une personne, une façon d'être, pas un ensemble de dogmes figés, comme le prétend l'intégrisme.
- Jésus dit : "Quiconque est de la vérité écoute ma voix." (Jean 18 :37). Un philosophe pourrait dire Quiconque écoute ma voix sera dans la vérité, mais ici, c'est l'inverse : Jésus dit que celui qui écoute sa parole est celui qui est déjà dans la Vérité. En effet, une personne qui est "de la Vérité" c'est une personne qui cherche Dieu avec confiance, cette personne-là reconnaîtra en Christ la Parole de Dieu et lui fera confiance pour avancer.
Donc la Vérité c'est plus que la révélation, c'est une qualité d'être. Et cette qualité d'être est de l'ordre de la relation.

Parfois on pense que la vie éternelle dont parle l'évangile c'est une sorte de vie supplémentaire comme le héros peut en avoir dans les jeux vidéo. Or, dans la Bible, la vie éternelle est quelque chose que l'on reçoit dans le présent :
Jésus dit : celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m'a envoyé, celui-là a la vie éternelle (au présent => "a maintenant la vie éternelle") et ne va pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie (au passé => "il est déjà passé de la mort à la vie"). (Jean 5 :24)
Notre vie a de multiples dimensions, en particulier une dimension biologique qui est certainement temporaire (chacun de nous mourra un jour à ce point de vue). La vie humaine a également une dimension spirituelle qui, elle, est plus forte que la mort.
La vie est un miracle. Dieu est l'inventeur de la vie. Par rapport au travail déjà effectué par lui pour créer la vie, la suite doit lui sembler plus facile. Il veille sur la vie.
La mort passe sur nous comme un filtre, retenant ce qui est vivant, et laissant passer qui est temporaire. Le jugement est ainsi à comprendre plus comme une purification de chaque personne que comme une sélection des personnes aptes à entrer dans le Royaume de Dieu.

Voir éternel .
C'est la dernière lettre de notre alphabet. L'alphabet grec va d'Alpha à Oméga (A à W). Le livre de l'Apocalypse nous dit que Dieu est à la fois l'Alpha et l'Oméga, (on dirait maintenant qu'il est pour nous le A et le Z, voir le dossier des premiers symboles chrétiens où l'on retrouve souvent le Chrisme A
W). Cela veut dire que :
- Dieu est le commencement de quelque chose de vraiment neuf dans l'histoire de l'humanité et dans l'histoire de la vie de chacun, en Christ.
- Dieu est la fin au sens de finalité de la création.
Il est le sens et l'accomplissement de notre vie.
C'est fait ! Je suis l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin. À celui qui a soif, je donnerai de la source de l'eau de la vie, gratuitement. (Apocalypse 21:6)
