l'Église Réformée de France à Nancy
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La résurrection

 

 

Dans ce dossier sur la Tolérance :

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La résurrection dans l’Ancien Testament

Parler de résurrection dans l’Ancien Testament revient à parler du couple mort et vie dans l’histoire du peuple hébreux. Citons des exemples vécus par la société à partir des textes bibliques.

La question de la résurrection se pose à partir de la présence de la mort. Cet état où l’on ne sait pas vraiment où l’on va ni ce qu’on devient. Le fait de perdre la vie est quand même angoissant pour les vivants, la souffrance n’est pas minime. Un jour, la veuve de Sarepta demande à Élie s’il est venu pour faire mourir son fils. Cela explique l’inquiétude de cette femme. Ce fils ne respire plus. Alors Élie invoque l’Eternel pour que le souffle de cet enfant revienne à lui. L’enfant reprend vie (1 Rois 17:17-24). Nous avons à peu près la même histoire avec le prophète Elisée sauf qu’il se couche sur l’enfant en se mettant égal à la taille de celui-ci (2 rois 4 :32-37). Ces deux histoires nous montrent comment cela s’est réalisé. Les femmes ont fait appel aux prophètes. Ils ont agi par le souffle et le geste. Ces deux façons de transmettre la vie, ne sont-elles pas déjà une forme de résurrection ?

L’idée d’évacuer la mort existe-t-il dans l’Ancien Testament ? Non, je ne le pense pas puisque bien des événements bibliques montrent que le peuple hébreux et tout être humain sont souvent confrontés à la mort.

Prenons le récit du sacrifice d’Isaac. Il a frôlé la mort et s’en est sorti par l’intervention de Dieu qui dit à Abraham: “ N’étends pas ta main sur le jeune homme et ne lui fais rien ” (Genèse 12). L’aventure de Noé indique la proximité de la mort lors du déluge (Genèse 7-8). Aussi le fait d’ouvrir la fenêtre n’est-il pas un signe du retour à la vie pour Noé et sa famille (v 6) ? Jonas a été avalé par un poisson puis est sorti du ventre de celui-ci. Entendez ce qu’il dit : “ Tu m’as fait remonter vivant du gouffre ” (Jonas 2:7) Avec ces trois personnages, la mort était pesante sur leur tête mais ils l’ont échappé. Par miracle ? Par la foi en qui ? En son Dieu sûrement. Ainsi nous constatons l’attente du croyant du retour à la vie.

Nous sommes tout étonnés de lire la résurrection d’Elisée. Il est mort et est enseveli. Un an après, un autre corps d’un défunt enterré dans la même tombe que lui, touche ses os et le rend à la vie. Élisée se dressa sur ses pieds (2 Rois 13 :20-21). Seul un vivant est capable de le faire. Dans Ezéchiel (37:14) nous avons le soufflement des quatre vents venant souffler sur les os desséchés. Et ceux-là reprennent vie aussi et se tinrent debout. C’est la merveille de la résurrection

Les écrits de l’Ancien Testament sont-ils un peu timides sur la question de la résurrection. En tout cas, l’expression de foi du peuple hébreux traduit par le prophète en tant qu’individu, ou le peuple en tant que société s’implante petit à petit.

L’idée de la foi en la résurrection dans Osée (6:1-3) nous révèle une croyance pour une vie qui n’est pas morte, pour une vie nouvelle, repris en ces termes : « L’Éternel nous rendra la vie dans deux jours, le troisième jour, il nous relèvera, et nous vivrons devant lui ».

Voyez comment l’espérance en la résurrection individuelle ou collective n’est pas du tout exclue. Elle devient de plus en plus ancrée dans la mémoire du peuple d’Israël.

Quelle peut-être la portée de ces témoignages ? rejoignent-ils celui de Ésaïe 65:16-26 où l’espérance de vie est importante, car le plus jeune mourra seulement à cent ans. Ou celui de Daniel 12 :1-4 où la foi se base sur les mots du quotidien “ ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront ”.

Nous pouvons dire que même si la foi en la résurrection n’est pas très explicite dans l’Ancien Testament, l’espérance des croyants en la résurrection : le passage de la mort à la vie est tout à fait attendu.

Julia Rafenonirina, pasteur

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La résurrection dans le Nouveau Testament

Le thème de la résurrection dans le Nouveau Testament fait principalement référence à la résurrection du Christ, référence qu’on ne peut gommer, à moins, comme le dit l’apôtre Paul, de vider de son sens la prédication et la foi. (1 Corinthiens 15:14). La résurrection est en effet centrale dans la foi chrétienne, avec des accents différents selon les auteurs.

Il est à noter qu’aucun des évangiles ne raconte la résurrection proprement dite, mais en parle comme d’un événement passé. C’est l’ange chez Matthieu et Marc, les deux anges chez Luc qui annoncent cet événement en utilisant le terme relèvement, terme que nous retrouvons chez Jean sous la forme verbale se relever mais sans la présence des anges. C’est plutôt le thème du tombeau vide qui est abordé, avec ses conséquences sur les témoins. Il est à remarquer que pour les trois premiers évangiles le recours à quelqu’un d’extérieur est nécessaire pour expliquer l’événement. Chez Matthieu les paroles de l‘ange provoquent la joie et la mise en route pour le témoignage. Chez Marc, elles provoquent le silence et la peur. Chez Luc, avec une pointe de reproche, les femmes sont amenées à faire mémoire des paroles de Jésus pour se mettre en route pour un témoignage difficile. Chez Jean en revanche, l’accent est mis sur le disciple qui voit et qui croit. On voit bien que ce qui est en jeu ce n’est pas d’établir un fait historique, mais de montrer en quoi le tombeau vide est fondateur pour la foi. En fait, le tombeau vide, attestation de la résurrection du Christ, devient moteur de la résurrection, du relèvement de l’humain, lorsqu’il provoque la foi. Cette foi met debout, relève des hommes et des femmes pour qui tout s’était arrêté à la croix.

On peut certes s’interroger sur le silence et la peur des femmes devant le tombeau vide dans l’évangile de Marc. Le fait de ne pas clore le récit sur un happy end évite de réduire la résurrection à une expérience d’exaltation qui fait fi de la peur et du questionnement. Il laisse une place au lecteur, à l’auditeur de l’évangile pour qu’il se situe lui-même avec ses craintes, ses interrogations, par rapport à cet événement majeur. Comme les femmes, il est invité à la confiance et au témoignage sur les routes de Galilée, à savoir dans le quotidien, en compagnie du ressuscité.

Dans les Actes des apôtres, les différents discours soulignent l’importance de la crucifixion et de la résurrection du Christ comme fondement de la foi pour les juifs comme pour les païens. Pour les juifs, les références à l’Ancien Testament sont appuyées (Actes 2 v 14 à 36). Pour les païens, c’est plutôt le recours aux pratiques religieuses helléniques qui est de mise (Actes 14 v 17 à 32).

Chez Paul, à partir du texte de la première épître aux Corinthiens au chapitre 15, les exégètes ont beaucoup discuté sur le fait de savoir si l’intention de Paul était de donner une preuve historique de la résurrection par son appel à différents témoins. On peut soutenir avec Karl Barth que Paul a voulu montrer, aux Corinthiens critiques, que sa prédication n’était pas différente de celle des autres apôtres. La foi, en effet, ne se fonde pas sur des preuves mais sur la personne du Christ. La résurrection inaugure un régime nouveau où la mort n’a pas le dernier mot.

Cette espérance nous anime et nous permet d’être, avec l’aide du ressuscité, des artisans du relèvement de plusieurs.

Freddy Leininger

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Résurrection, vie dans l'au-delà et réincarnation

Y a t il dans ce domaine quelque chose de comparable ou de compatible entre la foi chrétienne et d'autres pensées comme celles de Ramsès II, Bouddha ou Pythagore ? La conviction qu'il y a une vie après la mort est en tout cas un point commun important. C'est vrai que Jésus-Christ n'en parle que très rarement, mais il en parle nettement. Cette espérance est commune pratiquement à toutes les cultures, depuis que l'homme préhistorique enterre ses morts, il y a des dizaines de milliers d'années. Mais on ne parle pas tous de la même chose quand on parle de vie dans l'au-delà. Et les convictions de chacun influent considérablement sur le sens de la vie humaine, sur son origine, sa valeur, sa finalité et ce qui peut la sauver.

Une curieuse idée apparaît en Égypte dans la haute Antiquité : la réincarnation, selon laquelle l'âme serait immortelle et passerait dans un autre corps après la mort. Après des centaines de réincarnations, dont on ne garde presque aucun souvenir, la personne arriverait enfin à rejoindre le monde des dieux. Cette idée a été reprise plus tard par Bouddha et par Pythagore.

1) Dans la Bible, la personne humaine a un commencement, elle n'existait pas ailleurs avant et peut continuer à se développer, elle est unique et originale. Cela fait une différence radicale avec les pensées qui considèrent que l'âme serait immortelle et passerait dans un autre corps après la mort. Un bébé serait alors un corps neuf avec une âme d'occasion. La notion d'individu a moins de prix. Le corps, la personnalité, la vie humaine apparaissent alors comme des illusions ou des accidents.

2) Dans la Bible, la dimension corporelle n'est pas une mauvaise chose, bien au contraire c'est une bénédiction qui participe à la beauté de la vie présente. Cette dimension est temporaire, bien entendu, et cela nous conduit à relativiser son importance par rapport à l'amour, mais la vie biologique de l'homme conserve un caractère véritablement sacré. En effet, dans la foi chrétienne, la vie après la mort n'est que la seconde étape essentielle, mais la vie en ce monde a une valeur infinie, et chaque journée que nous avons sur terre est un trésor que rien ne peut remplacer.

C'est pourquoi je pense que même si la théorie de la réincarnation était vraie et que nous ayons des vies antérieures et des vies futures sur terre, il me semblerait préférable de faire comme si cela n'était pas, car cette conception relativise beaucoup trop à mon goût la valeur de l'individu personnel et du temps présent. Si, l'on vit avec la pensée que l'on a devant et derrière soi plus de cinq cents vies et personnalités différentes successives, comme l'affirment Bouddha ou Pythagore, cela donne une tout autre perception de la vie que celle dont témoigne le Christ. C'est une différence radicale entre la doctrine de la réincarnation et la pensée biblique de résurrection. Par le Christ, témoignant de l'amour que Dieu nous porte, nous croyons profondément que la personne humaine individuelle a une valeur infinie, nous croyons que le jour présent de chaque personne peut avoir une qualité profonde, et même éternelle.

3) La résurrection dont parle Jésus, ce n'est pas seulement la résurrection de la personne humaine à la mort de son corps. Bien souvent, la Bible nous parle de la résurrection comme d'un événement que nous avons déjà vécu : nous avons été ressuscités par Dieu, et c'est par grâce que nous le sommes, c'est-à-dire par la bonne volonté de Dieu à notre égard.

Ce principe fondamental de la grâce comme clé de notre salut est un troisième élément fondamental qui me fait préférer le message Biblique concernant l'avenir de notre vie. Alors que la notion de réincarnation est toujours associée à celle d'un jugement sans pitié, rejetant celui ou celle qui est insuffisant. Le Christ témoigne de l'inverse. Non, Dieu n'est pas comme un patron qui licencierait les moins rentables, mais comme un Père, une Mère qui aime chacun de ses enfants, même s'il est profondément handicapé physiquement, mentalement, socialement, ou spirituellement.

Marc Pernot

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Prières

Voici,

oh! qu’il est agréable, qu’il est doux
Pour des frères de demeurer ensemble!
C’est comme l’huile précieuse qui,
répandue sur la tête,
Descend sur la barbe,
sur la barbe d’Aaron,
Qui descend sur le bord de ses vêtements.
C’est comme la rosée de l’Hermon,
Qui descend sur les montagnes de Sion;
Car c’est là que l’Eternel envoie la bénédiction, La vie, pour l’éternité.

David - Psaume 133,
Cantique des montées.

Seigneur,

je veux chanter le bien que tu fais
Toi, dans l’Eglise et dire mon poème
A l’amour que Tu lui portes.

Dieu veille sur le monde
Elle est faible, mais combien d’actes de vie,
De lieux de consolation et d’espérance
Portent son nom !
Qui donc est sa force ?

Elle est souvent distraite en sa prière.
Mais dans combien d’églises, de chapelles,
Dans combien de rues des villes,
Dans combien de villages
Se tiennent des hommes et des femmes
Qui vont vers toi !
Qui donc habite ces cœurs ?

Je te dirai, Seigneur, le poème de l’Eglise,
Elle est plusieurs, elle se déchire parfois,
Mais tant de fois
Elle se laisse pardonner, réconcilier,
Qui donc est son espérance ?

Elle peut être incompréhensible
Et cependant elle nous nourrit,
nous accueille,
Nous baptise, et la Parole au milieu d’elle
Est largement ouverte.
Qui donc est sa nourriture ?

Façonne-la, Seigneur,
Unifie-la et garde-la
colorée de mille couleurs,
Parlant toutes les langues de la terre,
Célébrant toutes les liturgies,
Chantant toutes sortes de chants.
Et moi, je trouverai ma place,
Ma place unique,
que rien ni personne ne pourra m’ôter.

Sœur Myriam, des diaconesses de Reuilly

Seigneur à qui irions-nous ?

Tu as les paroles de la vie éternelle (Jean 6:68)

Dieu, notre Père, quand les mots se font rares,
Quand le pardon ne vient pas aux lèvres,
Quand l’amour bâillonné n’a plus rien à dire
Quand mensonges et demi vérités
brouillent toutes les pistes,

Nous venons nous reposer en toi,
En ta Parole, sainte, crédible, fiable,
Et ta parole apaise
notre infinie soif de vérité.

Dieu, notre Père, quand les mots nous lâchent,
Quand la solitude du dedans interdit toute parole,
Quand la jalousie inexprimable
ravage la paix intérieure,
Quand amertume et colère
font des autres un enfer,

Nous venons nous reposer en toi,
En ta Parole, sainte, crédible, fiable,
Et ta Parole apaise
notre infinie soif de vérité.

Dieu, notre Père,
quand les mots soudain s’embrasent,
Quand ta compassion se propage
de proche en proche,
Quand ta grâce, enfin,
triomphe de la surdité,
Quand aimer et être aimé
ne se discutent plus,

Nous te louons pour ta Parole,
sainte, crédible, fiable,
Et avec Simon-Pierre, nous confessons :

“ Ô Christ, à qui irions-nous,
Tu as les paroles de vie éternelle ”.

Lytta Basset “ Traces vives ”

Dieu, notre Père,

Toi qui nous invites à te prier,
et qui nous accordes
ce que nous te demandons,
puisque dès que nous t’implorons
nous vivons mieux et devenons meilleurs,
exauce-moi.

Je palpite dans ces ténèbres,
tends-moi ta main,
prête-moi ta lumière,
rappelle-moi loin de mes erreurs
et guide mes pas.
Que je revienne à toi
et à moi-même.

Saint Augustin, au moment de sa conversion

prières proposées par Marc Pernot

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