l'Église Réformée de France à Nancy
Toul, Pont-à-Mousson...

 

Parole inspirée d'un texte Biblique

 

Devenez comme les enfants!
Matthieu 18 v 1-5.

Jésus vient d’annoncer sa passion. Après la transfiguration, le message est on ne peut plus clair. Ce Seigneur magnifié comme Fils de Dieu s’apprête à affronter la mort la plus scandaleuse. Cette humilité de Jésus devait forcer le respect des disciples et les encourager à entrer dans cette voie de service. S’ils manifestent une tristesse fort improductive, quoique compréhensible, celle-ci ne dure que le temps de passer à ce qui leur paraît autrement plus essentiel. « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux ? ». Leur seul souci concerne la place occupée dans la hiérarchie. La réponse de Jésus en appelant un enfant, sans doute inconnu, au milieu d’eux, déplace la question. « Si vous ne changez et devenez comme les enfants vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux. L’humilité qui consiste à devenir petit comme un enfant est la clef d’entrée dans le Royaume et la véritable grandeur. Mieux encore, c’est l’accueil du Christ lui-même qui est en jeu. Accueillir en son nom un enfant c’est accueillir le Christ. À la question de la grandeur, Jésus oppose la question de l’entrée dans le royaume liée à un changement d’attitude, un changement de regard sur soi.

Toute ressemblance avec le disciple que nous sommes aujourd’hui ne serait que pure coïncidence ! Sauf que…

Bien sûr, nous sommes les champions de la grâce qui nous ouvre en grand les portes du Royaume. Mais sommes-nous si sûrs qu’aucune arrière-pensée de grandeur ou de valeur ne se cache derrière nos bons sentiments et notre certitude d’être entré dans le Royaume ? N’y a t-il pas la tentation récurrente de comparer, non pas nos positions hiérarchiques dans l’Église, mais les valeurs respectives de nos œuvres, qu’elles soient considérées plutôt comme diaconales ou spirituelles ? N’y a t-il pas la tentation de les opposer alors qu’elles devraient nous enrichir mutuellement ? L’Évangile nous appelle à devenir des enfants. Pas dans le sens de nous infantiliser, mais dans le sens de la dépendance de l’enfant. L’enfant a besoin de pouvoir se fier à ses parents ou à des adultes bienveillants. Nous sommes appelés à faire le deuil de notre désir de tout maîtriser, pour apprendre l’humilité de nous laisser accueillir par Celui qui fait de nous des fils et des filles.

Freddy Leininger


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