l'Église Réformée de France à Nancy
Toul, Pont-à-Mousson...

 

 

Un Synode régional a réuni les délégués des Églises de la région Est à Pontarlier du 12 au 14 novembre 2004.

Comme dans les 7 autres régions de l’Église Réformée de France nous avons débattu sur ce sujet :

« Confesser Jésus-Christ dans une société laïque
– Qu’est-ce qui fait autorité dans notre vie ? »

 

Nos convictions.

Notre Confession de foi affirme que Jésus Christ est le Seigneur. Toute parole dite par l’Église ou par ses membres, en son nom ou à son service, ne peut l’être qu’en référence à cette Confession de foi.

Jésus a reçu l’autorité du Père (Matt. 11,27), mais ne s’en prévaut pas. Ce sont les hommes qui le questionnent sur son autorité. Cette autorité est problématique, pour les hommes et pour nos contemporains. Jésus propose une relecture de la loi qui place l’homme au centre des préoccupations. Cette réorientation doit inspirer nos propres prises de parole. La loi de Dieu n’a pas pour objectif d’écraser l’homme mais de le libérer.

Parfois, la proclamation en paroles n’est pas possible ou pas souhaitable, ce sont alors des actes concrets, des silences, qui prennent le relais (I Pierre 2).

Jésus nous confie une mission de témoignage, il nous envoie porter une parole, qui nous dépasse. Notre mission consiste à faire connaître Jésus-Christ dans l’Eglise locale et hors d’elle, par l’évangélisation, et non par le prosélytisme. Si dans l’Eglise locale nous professons notre foi, à l’extérieur, nous témoignons.

Nous ne sommes pas en mesure d’imposer une morale, un comportement. Nous ne nous posons pas en donneurs de leçons. Nous ne voulons pas être esclaves des normes, ni ordonner des injonctions. Par « autorité » nous n’entendons pas le pouvoir de décréter de façon autoritaire, mais l’habilitation accordée par Jésus-Christ, à prendre la parole pour transmettre l’Évangile. Nous avons la conviction d’être en même temps des citoyens du Royaume et des citoyens du monde.

La Déclaration des Droits de l’Homme du 10.12.1948, (art.18) accorde le droit de manifester sa religion seul ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites. C’est donc tout membre de l’Église qui peut professer son attachement à l’Évangile.

Qui a autorité pour parler ?

Chaque croyant témoigne de sa foi personnelle (autorité personnelle).

Le système presbytérien-synodal (autorité collégiale) délègue l’autorité de la Parole à des membres mandatés ou élus qui peuvent s’exprimer hors de l’église.

Enfin, l’ensemble des membres de l’Église locale peut débattre et émettre un avis (autorité communautaire).

Par ailleurs, l’État et les médias ont tendance à interpeller directement l’Institution au niveau national. Il s’agit alors de répondre avec prudence et discernement.

Parfois la société laïque, aujourd’hui en quête de sens et de repères, nous interpelle et nous presse de répondre. Avons-nous toujours quelque chose à dire, surtout de façon tranchée ? Nous, Réformés, sommes dans une culture de débats. Nous aimons prendre le temps de laisser le message biblique nous interpeller. Nous ne disons pas une parole définitive, mais nous savons qu’il faut constamment réexaminer et réformer notre témoignage.

Notre parole doit prendre une dimension prophétique. Une des fonctions des prophètes de l’Ancien Testament fut de dénoncer l’idolâtrie, les abus politiques, les dysfonctionnements sociaux. De nos jours, nous avons aussi à dénoncer les injustices, les idéologies érigées en idoles, l’exploitation de l’homme par l’homme, les discriminations…

Nous devons nous préoccuper en priorité des plus petits, des plus humbles, comme Jésus en avait particulièrement le souci..

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