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Toul, Pont-à-Mousson... |
Dans
la Bible : Quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu
comme un petit enfant n'y entrera pas.
Évangile selon Luc 18:17Cette parole de Jésus pourrait faire peur à quelqu'un qui ne saurait pas ce qu'est le Royaume de Dieu dans l'Évangile. Il ne s'agit pas d'une sorte de paradis dans lequel entreraient ceux qui sont morts après avoir été assez sages durant leur vie. Dans l'Évangile, entrer dans le Royaume de Dieu c'est... tout simplement ce que cela signifie littéralement, on est dans le Royaume de Dieu quand Dieu règne sur nous, quand Dieu peut effectivement agir dans notre être pour faire ce qu'il veut y faire, c'est-à-dire, comme partout et toujours, augmenter la vie, approfondir sa qualité, favoriser l'épanouissement de la personnalité, harmoniser les relations avec les autres...
Cette parole de Jésus ne nous révèle pas d'éventuels critères de sélection utilisés par Dieu pour juger qui serait digne d'avoir un visa pour le paradis, bien entendu. Car, selon Jésus, le Royaume de Dieu est grand ouvert, et toute personne est cordialement invitée par Dieu, et même attendue avec impatience. La question pour entrer n'est donc pas celle d'être accepté, ce serait plutôt de trouver la porte, mais c'est une mauvaise image. Il ne s'agit pas de trouver l'entrée, mais d'être entrant. Et Jésus nous explique ici ce que cela signifie. Il nous conseille, en insistant lourdement, de devenir comme un enfant, afin d'entrer dans le Royaume de Dieu.
La première qualité de l'enfant c'est qu'il est en croissance, le temps est donc pour lui une source d'espérance, une chance d'apprendre et de grandir. Être comme un enfant c'est ainsi avoir soif d'apprendre et de progresser. Le lien avec le Royaume de Dieu est tout naturel. Car quand Dieu règne sur notre être il agit comme toujours en créateur. Le Royaume de Dieu est pour ceux qui veulent grandir et comptent sur Dieu pour cela, notre Père et notre Mère dans les cieux.
Pour mieux comprendre ce que veut dire Jésus quand il insiste pour que nous devenions comme un enfant, il faut, là aussi, replacer cette parole de Jésus dans son contexte. Aujourd'hui l'enfant est adulé comme un petit roi. À l'époque, l'enfant avait une moindre valeur. En hébreu le mot enfant désigne aussi le serviteur le moins élevé dans la hiérarchie sociale et familiale. L'enfant n'était pas non plus regardé comme formidable car il n'est pas encore pleinement développé, éduqué, autonome, et que sa vie est fragile. Choisir de devenir comme un enfant devait sembler une bien curieuse idée à l'époque. Jésus propose ainsi un changement de perspective que l'on retrouve dans d'autres passages comme Si quelqu'un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous. (Marc 9:35, 10:43)et Qui s'élève sera abaissé, et qui s'abaisse sera élevé. (Luc 14:11)
L'enfant ne possède rien, il ne sort pas d'une grande école, il n'a pas bâti de maison, il n'a aucune chance aux jeux olympiques ou aux prix Nobel... Et pourtant il est une personne qui a un prix infini aux yeux de ses parents. Jésus insiste donc ici sur ce point essentiel qu'est la grâce de Dieu. Nous avons un prix infini aux yeux de Dieu et il nous reconnaît comme héritier à part entière de son Royaume, non au vu de nos capacités ou de nos mérites mais parce qu'il nous aime et nous adopte comme son enfant bien-aimé. Devenir comme un enfant c'est compter sur cet amour de Dieu et accepter de recevoir son Royaume comme un don. Cette parole de Jésus a une portée générale, elle nous invite à reconnaître le lieu de la véritable et éternelle valeur de l'être humain, une valeur qui est de l'ordre du spirituel. C'est selon ce critère que l'enfant est grand alors qu'il est peu de chose sur le plan matériel et social. En nous réjouissant d'être un enfant nous considérerons que le véritable royaume est un Royaume qui n'est pas de ce monde (matériel), mais qu'il est le Royaume des cieux (spirituel).
Vivement demain, vivement l'an prochain que nous ayons un peu grandi dans ce domaine.
Marc Pernot
L'observation un peu objective de la place de l'enfant dans notre société permet un relatif consensus: l'enfant y occupe une place centrale. Ce n'est sans doute pas le gage de son meilleur épanouissement.
Notre société rejette les impératifs moraux qu'elle juge imposés par notre héritage judéo-chrétien. Ce dont elle se rend moins compte c'est qu'elle impose des nouvelles normes tout aussi contestables. Elles commencent d'ailleurs à être dénoncées par un certain nombre de personnes au regard critique. Ainsi la beauté doit répondre à un certain nombre de critères, la réussite se doit de se manifester par certains signes extérieurs et j'en passe. L'enfant est un des enjeux de ces nouvelles normes.
À l'époque reculée du XX° siècle, l'enfant était le fruit d'une union et, souvent, était reçu comme un don, même si parfois ce cadeau revenait trop souvent. Aujourd'hui, tout ou presque est maîtrisé. S'il est incontestable que les progrès scientifiques ont amélioré la condition féminine, il n'en est pas moins vrai que cette liberté chèrement acquise peut avoir des effets pervers.
En particulier le droit à l'enfant. L'enfant devient objet de revendication, objet célébré, voire objet de satisfaction personnelle. « C'est mon enfant, il a droit au meilleur, même si c'est coûteux, il doit me représenter dignement. » C'est la logique de l'enfant-roi à qui on croit tout devoir, sauf l'essentiel. L'enfant fonctionne comme objet qui satisfait un besoin d'être reconnu. Il manifeste la volonté parentale d'exister au travers de ses enfants et, d'une certaine manière, de se survivre au travers d'eux. Chacun sait pourtant au fond de soi qu'un enfant est dès sa naissance un être distinct, qu'on ne possède pas et qui est appelé à vivre une vie autonome. Et ici nous sommes dans le droit de l'enfant qui a le droit d'inventer sa propre histoire. Cette opposition entre ces deux façons de voir est parfaitement illustrée par le jugement de Salomon quant aux deux femmes se disputant le même enfant. (1 Rois 3:16-28). Au départ rien ne distingue les deux mères. Pourtant l'une d'entre elles préfèrera un enfant mort, plutôt que de refuser de se dire mère. Son identité se joue dans le fait de paraître mère. L'autre est prête à perdre son enfant pour qu'il vive. Son amour de mère accepte que l'enfant lui est donné pour vivre à distance d'elle-même, à une place différente de la sienne.
Si notre société privilégie le droit à l'enfant, c'est que l'enfant fait aujourd'hui la famille. On compte de plus en plus sur l'enfant pour assurer à la famille une stabilité et une sécurité qui reposait sur le couple. Cette place centrale de l'enfant ajoutée à une fréquente absence ou une présence trop discrète du père, ne favorise pas la construction d'une personnalité équilibrée. Symboliquement c'est le père qui doit marquer la place différente que l'enfant est amené à occuper. C'est lui qui peut faire comprendre à l'enfant qu'il n'est pas le tout de sa mère et qu'il ne peut rester dans sa logique de satisfaction immédiate parce qu'un autre a aussi sa place. Or pour se construire l'enfant a besoin de savoir qu'il n'est pas tout et qu'il n'a pas tout. En somme il a besoin qu'on l'aide à réaliser et à accepter et les autres et ses propres limites. Et ceci est vrai pour chacun. Pour cela l'enfant a besoin d'adultes dont l'identité ne se joue pas au travers lui. Les chrétiens qui savent qu'ils n'ont pas une identité à se forger, puisqu'ils l'ont reçu de celui qu'ils peuvent appeler Père, ont une responsabilité primordiale dans ce domaine.
Freddy Leininger, pasteur
L'enfant et l'amour
La foi des chrétiens commence avec un enfant. On n'a peut-être pas développé toute la portée d'un tel événement et le crucifié de trente-trois ans, ou le ressuscité, et la naissance elle-même dite miraculeuse, ont dérobé à notre attention un fait que l'Évangile avait pourtant consigné avec respect.
Seule la piété populaire qui vient se recueillir devant la crèche, avec ses offrandes, ses bougies, son contentement, en sait d'instinct plus que nos théologiens qui dissertent sans fin sur la grandeur de Dieu.
Car avec l'enfant naît la vulnérabilité. Fragile promesse, exposée à tous les mauvais coups de la vie. L'enfant de Bethléem, comme les autres, et même plus : il n'est pas né que déjà recherché par la police, harcelé par la barbarie d'un potentat. Il inaugure dans ses langes sa carrière de périls et de menaces. On le voit, la crucifixion commence tôt. Or, à cette brutalité s'oppose, triomphalement, la douceur du tendre. Dès la naissance du Christ, la force est perdante. Dieu se livre à nous dans cette longue dépendance à autrui qu'est l'enfance. Il choisit de naître pour témoigner du caractère inaugural et souverain de l'amour. Car autour des naissances, les animaux les plus sauvages découvrent les gestes de la patience et de la bonté. La fatalité s'inverse : le plus fort ne menace plus le faible, il le protège, et lui ferait don de sa vie. Ainsi le père et la mère n'hésitent pas à mourir pour que vive leur enfant. Et Dieu a commencé ainsi parmi nous, en se confiant à notre tendresse. Nous voici loin des sombres visions du châtiment et du péché.
L'incarnation a commencé par un acte de foi dans l'amour humain. Dieu a cru en l'homme.
France Quéré
L'enfant et la grâce
Rien ne suggère mieux l'idée du pardon que l'enfant. Comme si, par sa venue, le péché s'abolissait. Visage rond et lisse, grands yeux d'avide confiance, petits doigts de rose qu'un réflexe serre sur les vôtres. Laissons les grincheux dire que cet enfant est déjà plein de passions et de travers. Freud précise même qu'il est un « pervers polymorphe ». Nul ne contredira ces personnages : l'enfant arrive avec son bagage héréditaire, qui sera peut-être, hélas, un fardeau.
Mais l'innocence transcende tous ces détails. Regardons-le : il tend les bras et sourit. Il nous accueille, il nous désire. Et c'est de capitale importance : il nous offre ce que la plupart des gens oublient régulièrement de nous offrir : foi et joie en nous. Il nous rend à notre propre innocence, à force de nous en prêter. D'ailleurs observez les gens devant un berceau : ils fondent de tendresse. Sourires, gestes pleins d'une douceur qui craint elle-même de blesser, regards qui plongent dans le regard enfantin, sans effroi, sans timidité, sans ennui, sans indifférence, regards qui se délectent de regarder, paroles qui appellent avec des mots légers dans leur malice et leur esprit, effort non dissimulé de plaire, confusion d'être si gros et si pataud en face d'un si petit bout. Bref, voilà des sentiments de civilisés.
Que ne gardons-nous cette simplicité d'accueil avec tous ? L'enfant seul opère ce miracle : il est expert en l'art de saluer ; sa compétence vient de ce qu'il est curieux, gourmand d'affection, et assuré d'en trouver ; libéral lui-même sur ce chapitre. Et parce qu'il met à nous rencontrer tant de gaie gravité, il nous rend notre enfance ; il efface en nous la vieillesse, l'usure, le désenchantement. Il nous remet tout neufs dans le monde qu'il rajeunit. Il nous absout de la banalité. Pur ou impur, il nous purifie. Il est notre pardon.
Contemplons-le, et réapprenons à son exemple la neuve innocence de toute chair. Et nous-mêmes sourirons à la vie.
France Quéré
L'enfant et Dieu
Dialogue (réel) entre un adulte très sot et une petite fille de six ans :
- Pourquoi Dieu ne se montre-t-il pas ?
L'adulte très sot : - Parce qu'il est invisible.
- Pourquoi ne l'entend-on pas ?
L'adulte, toujours sot : - Parce que nous ne voulons pas l'écouter.
- Moi, je l'écoute tous les soirs. Je n'entends jamais rien. Tu m'as dit un jour qu'il n'avait ni lèvres ni langue.
C'est peut-être pour ça ?
L'adulte, non délivré de son infirmité :
- Cela se pourrait bien.
- Mais comment est-il donc.
Comme un homme ? Une femme ?
L'adulte : - Non. Il n'est comme personne.
- Pas même comme le Père Noël ?
Il n'a pas de barbe blanche ?
L'adulte : - Je ne pense pas.
Aucun d'entre nous ne peut représenter comment est Dieu.
- Moi, si. Dieu est comme une poussière !
L'adulte, dérangé dans sa bêtise :
- Une poussière ? Comme tu y vas !
Une poussière...Tu l'as dit, enfant. Dieu est comme une poussière, à la fois infime et partout. Lié aux pas des hommes, humblement mêlé à leurs peines, toujours dense là où il y a effort et travail, parfois soufflant en tempête, et dansant lorsqu'ils se réjouissent.
Et quand vient la grande paix de la nuit, alors la poussière s'élève dans le ciel et chaque grain devient une étoile.
France Quéré
Ô Éternel notre Dieu
Qu'il est grand ton Nom par toute la terre !
Jusqu'aux cieux, ta splendeur est chantée
par la bouche des enfants, des tout-petits
rempart que tu opposes à l'adversaire
où l'ennemi se brise en sa révolte.À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts
la lune et les étoiles que tu fixes,
Qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui
l'enfant d'un homme, pour que tu le visites ?Tu l'as fait de peu inférieur à Dieu,
le couronnant de gloire et d'honneur,
Tu l'établis sur les uvres de tes mains
Tu mets toute chose à ses pieds :
les troupeaux de bufs et de brebis
et même les bêtes sauvages
les oiseaux du ciel, les poissons de la mer
tout ce qui va son chemin dans les eaux.Ô Éternel notre Dieu
Qu'il est grand ton Nom par toute la terre !La Bible, Psaume 8
Notre Père, nous te prions
Pour tous les enfants de par le monde,
afin quils trouvent lamour
dun père ou dune mère pour les accueillir,Pour les enfants qui souffrent de la méchanceté,
qui sont blessés ou tués
par la haine ou la négligence,
afin quils trouvent la paix et la joie,
notre Père, nous te prions.Pour les enfants qui sont handicapés,
afin quils trouvent toute leur place
auprès de nous,
Seigneur, nous te prions.Pour les enfants qui ne sont ni désirés, ni aimés,
afin quils sachent que toi, notre Dieu,
leur Père, les aime, nous te prions.Pour les enfants qui sont heureux,
afin quils apprennent à te remercier
pour leur bonheur, nous te prions.Dieu, notre Père, nous te prions :
que ton amour veille
sur tous les enfants du monde,
quil les fasse grandir dans ta grâce.Et nous-mêmes,
qui sommes pour toujours tes enfants,
garde-nous un esprit sans cesse renouvelé, afin que nous vivions ton Royaume.Auteur inconnu
Jésus tressaillit de joie par le Saint-Esprit et dit :
Je te bénis, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
de ce que tu as caché ces choses
aux sages et aux intelligents,
et de ce que tu les as révélées aux enfants.
Oui, Père,
je te bénis de ce que tu l'as voulu ainsi...Évangile selon Luc 10:21
Question Théologique Précédente : guerre et religion
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