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Toul, Pont-à-Mousson... |
Trois choses demeurent, nous dit l'apôtre Paul,
après avoir abordé la foi, puis l'espérance dans les précédents
dossiers,
voici "la plus grande de ces choses" : l'Amour
Le témoignage d'Irrys (par Julia Rafenonirina)
Le témoignage de quelques théologiens
(St Augustin & San Antonio, France Quéré.
Nous serons tous d'accord, avec Paul et bien d'autres penseurs, pour dire que l'amour est la première des vertus. Surtout au sens où Paul l'entend dans ce célèbre passage "l'amour est patient, plein de bonté, il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout..."(1 Corinthiens 13)
Ces quelques mots de définition suffisent pour réaliser que cet amour, l'agapé (agaph), n'est pas l'amour du coup de foudre (la passion, ou le désir). L'amour-agapé, ce n'est pas non plus nécessairement trouver l'autre sympathique. L'agapé est désintéressé, il n'est pas tourné vers soi comme un sentiment ou un désir mais il est une ouverture à l'autre, un accueil de l'autre, pour le comprendre, lui donner et le recevoir.
Paul était un formidable théologien, un érudit formé aux finesses de la pensée juive et de la pensée grecque. Il montre pourtant que, sans l'agapé, cette connaissance est vaine, voire néfaste. Poursuivre sa propre réflexion théologique est bien utile, mais il est essentiel que notre pensée soit ainsi de plus en plus aimante, plus en harmonie avec l'agapé.
Paul n'était jamais avare de ses efforts ni même de sa vie. Il montre pourtant que, sans l'amour, la générosité est néfaste. C'est d'ailleurs flagrant dans le bilan des uvres caritatives et humanitaires à moyen ou long terme.
Je crois que l'on peut dire que Paul attachait de l'importance à la foi au Dieu de Jésus-Christ, il a donné sa vie pour cette foi. Et pourtant, cette foi sans amour n'est rien, nous dit-il, et la voie par excellence c'est bel et bien l'agapé.
Comment faire pour avoir cette potion magique qu'est l'agapé, donnant vie à la foi, à l'espérance, à la générosité, à l'espérance, au désir des amoureux, et même à nos antipathies. La solution que nous annonce Paul c'est : " Recherchez l'amour ", littéralement poursuivez-le comme on poursuit un fugitif. Il ne nous commande pas d'aimer, mais il nous dit de rechercher l'amour comme on cherche une personne qui est en marche. L'agapé n'est donc pas une morale, mais c'est une personne vivante, une personne qui ne meurt jamais (13:8)... Quelle peut bien être cette personne ? En 4 lettres ? Qui commence par D ? Paul ne prononce pas son nom ici, nous laissant deviner. Jean arrive à la même conclusion quand il dit " l'amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu, car Dieu est amour. " (1 Jean 4)
L'idéal est bien d'être capable d'aimer de cet amour qu'est l'agapé. C'est fondamental, comme le rappelle le Christ d'aimer Dieu de tout son être et d'aimer son prochain comme soi-même. Ces trois amours sont indissociables. L'agapé pour Dieu, l'agapé pour mon frère en humanité, plus l'indispensable et très difficile à atteindre agapé pour soi même. C'est dans ce triple amour qu'est la vie, la vie heureuse et éternelle, tout dépend de cela. Le drame c'est que nous sommes presque totalement incapable de progresser dans ce domaine par nos propres forces (Rom.ains 7:19).
Paul et Jean nous disent que la solution est en Christ. Il nous a montré que la solution est de rechercher Dieu, de se tourner vers lui, de l'attendre, de veiller et prier. Ce dont nous avons besoin ce n'est ni d'un cours de morale, ni d'un dresseur de fauves pour nous mater. Ce dont nous avons besoin c'est d'un acte de création, de mille petits gestes de création pour nous donner d'aimer. Seul Dieu peut le faire.
Jésus lui-même reconnaît qu'il n'aime pas de lui-même, mais que cela vient de Dieu qui l'a aimé le premier.(Jean 14-15) À notre tour de saisir l'amour qu'est Dieu lui-même, manifesté en Christ. Voilà la clé : Dieu est amour. Cela suffit pour nous assurer le pardon et la vie, car Dieu nous aime, quelle réalité pourrait vaincre cette énergie infinie, dépassant celle d'un milliard de soleils ? Et quand, à l'occasion, nous pouvons à notre tour vivre un petit peu de cet amour, c'est un petit plus qui rend la vie belle, vraiment belle.
pasteur Marc Pernot
Difficile de parler de l'amour. Mot souvent utilisé et galvaudé. Oui, il faut de l'amour pour vivre et aimer. La difficulté réside dans toutes les comparaisons confuses : amour, amour, amour. Mais de quel type d'amour s'agit-il ? Celui d'un père, d'une mère, d'un enfant, d'un voisin, d'un ami, du touriste, du travail. Nous pouvons compléter la liste. Mais j'aimerais parler de l'amour de Dieu. Encore plus difficile à expliquer au quotidien pour que nous ressentions l'amour de Dieu en évitant l'amalgame.
Irrys disait : J'aime sentir l'amour de Dieu à travers notre environnement, précieux pour chaque être humain. Je découvre que Dieu en soucis pour l'homme - a pensé à tout : le lieu où l'homme sera installé, la nourriture nécessaire, le soleil permettant de travailler, car cette lumière du jour est indispensable, la nuit pour notre sabbat, mais les drogués de travail refusent ce temps de repos, la mer, l'eau et l'air que nous respirons. Parfois j'oublie tout cela et malheureusement je ne vois la vie qu'en tant que force pour gagner de l'argent. Tout était gratuit au départ. Mais comment l'homme a-t-il fait pour déséquilibrer les richesses de notre terre ? Le gaspillage est énorme concernant les produits alimentaires. Or Dieu a fait un très bon projet pour l'homme. Dans ce bel environnement, où il nous a mis. La création de la créature humaine est de l'ordre de l'amour de Dieu. Quand mon regard se pose sur une fleur ou une feuille d'arbre, je sens que je suis aimé de Dieu.
J'aime aussi parler de l'amour de Dieu à travers l'homme Jésus. Voilà quarante ans, ma mère adoptive m'a fait découvrir le premier personnage de la Bible : Jésus-Christ. Aucun récit ne concerne son enfance à part sa naissance. La démarche que Jésus fait envers l'homme, les petits, les pauvres, tous les malheureux fortifie ma foi. Jésus lui-même marginalisé et persécuté par ceux qui l'entourent continue à aimer les autres. En revoyant les actualités dans le monde, la démarche vers la réconciliation, le pardon, aimer une nouvelle fois son propre ennemi, l'assassin de sa famille, est impossible pour beaucoup d'être humain. Il a vécu beaucoup de choses lors de la Passion. Des héros aussi ont donné leur vie pour la patrie, leurs idées. Mais en réécoutant l'Evangile, malgré quelques interrogations des fois, Jésus a vécu intensément cette relation : Dieu-homme. Ma foi en lui me rappelle que je suis comblé de joie. Car il a aussi donné sa vie pour l'amour de l'homme : le salut. Le Fils de Dieu a réussi.
J'aime aussi parler de celui qui continue le travail de Dieu. Certains ont besoin d'avoir un signe pour reconnaître la présence de Dieu. D'autres la Parole leur suffit. C'est vivre avec cette Parole qu'ils croient que Dieu et Jésus-Christ sont avec eux. Les événements de la vie réveillent ce qui est intérieur en l'homme. Dans ce lieu-là, le Saint Esprit travaille dans notre cur. Le lieu où personne ne peut entrer.
Certains disent : c'est ton destin, ne désespère pas. D'autres disent : cela m'a fait comprendre la vie autrement. D'autres disent encore, depuis ce jour, je ressens de l'énergie comme si quelqu'un m'avait aidé et tenu le bras.
Quand je rentre chez moi, je constate que je ne suis plus seule. L'Esprit de Dieu est là, c'est lui qui me console intérieurement et je retrouve la paix.
L'amour de Dieu est donné à chacun selon sa vie. Rien n'est plus beau de savoir, en tant qu'être humain, notre meilleur partenaire est l'amour de Dieu qui nous aidera à surmonter les affres de la vie.
Après avoir lu le texte d'Irrys je lui dédie ce Psaume 86:9 " Car tu es bon Seigneur, tu pardonnes. Tu es plein d'amour pour tous ceux qui t'invoquent ".
Julia Rafenonirina, pasteur
Ce que je sais, de toute la certitude de la conscience, Seigneur, cest que je t'aime. Tu as touché mon cur de ta parole, et à linstant je t'aimai. Le ciel et la terre et tout ce quils contiennent ne me disent-ils pas aussi de toutes parts quil faut que je t'aime ? Et ils ne cessent de le dire aux hommes.
Quaimé-je donc en t'aimant ? Ce nest pas la beauté selon la dimension, ni la gloire selon le temps, ni léclat de cette lumière amie à nos yeux, ni les douces mélodies du chant, ni la suave odorance des fleurs et des parfums, ni la manne, ni le miel, ni les délices de la volupté.
Ce nest pas là ce que jaime en aimant mon Dieu, et pourtant jaime une lumière, une mélodie, une odeur, un aliment, une volupté, en aimant mon Dieu ; cette lumière, cette mélodie, cette odeur, cet aliment, cette volupté, suivant lhomme intérieur ; lumière, harmonie, senteur, saveur, amour de lâme, qui défient les limites de létendue, et les mesures du temps, et le souffle des vents, et la dent de la faim, et le dégoût de la jouissance, Voilà ce que jaime en aimant mon Dieu.
Et quest-ce enfin ? Jai interrogé la terre, et elle ma dit : " Ce nest pas moi. " Et tout ce quelle porte ma fait même aveu. Jai interrogé la mer et les abîmes, et les êtres animés qui glissent sous les eaux, et ils ont répondu : " Nous ne sommes pas ton Dieu, cherche au-dessus de nous. " Jai interrogé les vents, et lair avec ses habitants ma dit de toutes parts : " Je ne suis pas Dieu. " Jinterroge le ciel, le soleil, la lune, les étoiles, et ils me répondent : " Nous ne sommes pas non plus le Dieu que tu cherches. " Et je dis enfin à tous les objets qui se pressent aux portes de mes sens : " Parlez-moi de mon Dieu, puisque vous ne lêtes pas; dites-moi de lui quelque chose. " Et ils me crient dune voix éclatante: " Cest lui qui nous a faits " (Psaume 100:3).
La voix seule de mon désir interrogeait les créatures, et leur seule beauté était leur réponse. Et je me retournai vers moi-même, et je me suis dit : Et toi, ques-tu ? Et jai répondu : " Homme. " Et deux êtres sont sous mon obéissance ; lun extérieur, le corps ; lautre en moi et caché, lâme. Auquel devais-je plutôt demander mon Dieu, vainement cherché, à travers le voile de mon corps, depuis la terre jusquau ciel, aussi loin que je puisse lancer en émissaires les rayons de mes yeux ?
Il valait mieux consulter lêtre intérieur. Car c'est par le témoignage intérieur de la vérité que l'on entend cette voix de la Vérité qui dit : Ton Dieu nest ni le ciel, ni la terre, ni tout autre corps. Et leur nature-même dit aux yeux : Toute grandeur corporelle est moindre en sa partie quen son tout. Et tu es supérieure à tout cela ; cest à toi que je parle, ô mon âme, puisque tu donnes à ton corps cette vie végétative, que nul corps ne donne à un autre. Mais ton Dieu est la vie même de la vie.
Augustin d'Hyppone Les Confessions X,6
(un peu résumé par Marc Pernot)Béni sois-tu, Esprit,
De chuchoter à tout homme
Qu'il est le bien-aimé de Dieu.
Il y a ceux que tes feux dévorent,
Ceux que tu couves sous la cendre,
Ceux qui gémissent vers toi,
Comme des branches incendiées,
Ceux qui protègent entre leurs mains
Une modeste lueur,
Ceux qui se souviennent
De ton étincelle, jadis,
Et ceux qui l'ont oubliée ;
Ceux que tu éclaires
Et ceux qui s'enfument,
Ceux qui n'ont plus d'âtre,
Ceux qui ont le cur en loques,
Et dans la tête un grand abîme.
Mais il n'en est pas un, ô Esprit,
À qui, au travers de la nuit,
Tu n'aies dit la Nouvelle,
Et ne sache son âme façonnée
Par ton amoureuse éternité.France Quéré
Il n'y a qu 'une "vertu" en ce monde :
LA CHARITÉ !
Et la charité, c 'est quoi ?
De la colère... Uniquement de la colère.
La charité consiste à s'indigner !
La charité c 'est pas de chialer
sur la misère du monde :
c 'est de la combattre.
La charité n 'est pas humble,
mais elle est belliqueuse !
La charité c 'est de l 'amour.
En amour faut pas s 'aplatir,
c 'est inopérant, et négatif.
La carpette ? Jamais !
Dieu a en horreur les serpillières !San Antonio
(cité par le mensuel Mission).
Dossier précédent : L'espérance
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