l'Église Réformée de France à Nancy
Toul, Pont-à-Mousson...

 

Message Biblique
Les larmes d’amour

 

Comme les juifs entourant Jésus sur la tombe de Lazare et dans un climat, aujourd’hui, qui est plutôt celui de la mort, nous pourrions nous redire à nous-même cette interrogation "Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas faire aussi que Lazare ne meure pas ?" Que fait-il là-haut alors que la mort inonde y compris nos cœurs ? Impuissant Dieu ! Pas étonnant quand on connaît la fin tragique de son propre Fils. Pas étonnant quand l’histoire regorge de malheurs sans aucun secours, sans aucun geste de réconfort, sans aucune lueur d’espoir pour l’homme attendant l’accomplissement de la promesse du Royaume. Impassible Dieu ! Pas étonnant quand Job, puni sans raison, répand des cris de douleur sans échos. Pas étonnant quand les supplications de Jésus à Gethsémani restent lettre morte. Alors Dieu ? Es-tu un Dieu de paille ? Es-tu un Dieu de bronze ? Je ne veux pas le croire. Tu nous as promis tant de choses. Tu as promis à Abraham une terre et une humanité bénie ; tu as promis, par la bouche de Jésus, un esprit comme un protecteur et un avocat de l’humain contre le caractère sombre du monde. Entendue une fois, ta promesse nous consumera peut-être mais ne nous quittera jamais. Elle est irréversible.

Nous voulons donc croire. Croire que tu n’es ni un Dieu de lierre ni un Dieu de fer. Croire que tu es le Dieu, le Père. Celui qui "donne une vie nouvelle" à ceux qui te reçoivent ; celui qui, au final, a rétabli Job dans sa situation et dans sa dignité ; celui qui a permis, par Jésus-Christ, la libération des captifs du monde. Celui qui a tout pris sur ses épaules pour que nous soyons, nous tes enfants, adultes et responsables devant le chemin de lumière que tu nous traces.

Alors, nous voulons continuer à croire que les larmes de Jésus sur la dépouille de Lazare ne sont pas des larmes d’impuissance, mais qu'elles sont celles de l’amour. Celles qui traduisent ton entière présence à nos côtés, celles qui traduisent ton lien filial avec nous, celles qui traduisent ton refus de la mort, celles qui traduisent ta promesse de la vie. Aujourd’hui, malgré l’orage qui menace les hommes, nous voulons croire que tu seras, Éternel notre Dieu, comme tu l’as toujours été, maître de nos vies.

Rachid Boubegra, sur l'Évangile selon Jean ch.11


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