l'Église Réformée de France à Nancy
Toul, Pont-à-Mousson...

 

Message Biblique

 

 

 

h! s'il était possible de peser ma douleur...
elle serait plus lourde que le sable de la mer...
Sans doute, Dieu m’a transpercé de ses flèches,
et j’ai absorbé le terrible poison...
Il reste une chose que je demande à Dieu :
qu’il accepte enfin que ma vie finisse ! (Job 6:2-9)

Quand tout craque, quand il lui semble que la moindre chose est d’un poids infini et un terrible poison, même alors c’est vers Dieu que Job s’adresse. Il lui crie sa douleur et lui demande la mort. Il faut reconnaître que sa prière est bien maladroite, il s’imagine que c’est Dieu qui le transperce de 1000 flèches, et l’éprouve avec des terreurs incontrôlables. Cela est, bien entendu, complètement faux.

Mais c’est pour nous facile de le savoir maintenant que Jésus-Christ est venu et nous a révélé qui est vraiment Dieu. Et ce qu’il nous a dit, c’est que Dieu est amour, qu’il veut pour chacun de nous la joie, la paix, la vie. À chaque instant Dieu lutte pour faire reculer toute souffrance, même celle dont est accablé le coupable. Jésus fait comme son Père quand il prie pour ses persécuteurs occupés à se partager ses vêtements (Luc 23:34), il bénit ceux qui le maudissent, il fait du bien et prie pour ceux qui le persécutent. (Matthieu 5:44-48).

La prière de Job est maladroite. Elle n’est pas juste théologiquement, mais l’attitude de Job est encore une attitude de foi puisqu’il se tourne vers Dieu, qu’il lui parle et attend de lui une délivrance. Cela rend la guérison possible.

Alors quand notre douleur est trop forte, quand elle fait monter en nous une absurde révolte contre Dieu, ne craignons pas de lancer contre lui notre colère et notre angoisse, comme Job. Bien sûr cette prière est injuste, puisqu’elle accuse à tort le Dieu d’amour de nous faire souffrir, et qu'elle demande la mort au Dieu de la vie. Mais au moins c’est une prière. Mais au moins le contact est maintenu. Et Dieu qui est là près de nous, qui pleure sur notre douleur, peut tenter de glisser entre nos lèvres, non un poison, mais un peu de lait et de miel pour nous redonner de la force et calmer notre fièvre.

Ne craignons donc pas de prier faux, l’essentiel est avant tout de prier. Prions même si notre foi est faible et notre théologie maladroite, même si nous ne savons que dire ni faire silence pour entendre ce que Dieu veut nous donner. Dieu guérira notre foi, et même peut-être notre théologie et notre prière.

pasteur Marc Pernot


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