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Le regard porté sur...
Madagascar

 

 

Madagascar : comment sortir de l’impasse ?

out le monde a entendu parler de Madagascar, mais rares sont ceux qui ont vraiment visité cette grande île mal connue de l’Océan Indien. Pourtant Madagascar, située à 600 km des côtes sud-est de l’Afrique est plus étendue que la France.

Les Européens, habitués à vivre à 100 à l’heure la surnomment l'île du "moramora", c'est-à-dire l'île du "doucement". En tout cas, c’est vraiment l’île aux contrastes, vous trouverez des petits villages traditionnels ainsi que quelques grandes villes où de grands hôtels étoilés de standing international s’alignent avec les modestes cases et gargotes. Plages et forêts primaires s’y côtoient et dans les ports, où de grands bateaux modernes viennent du monde entier, mouillent boutres et pirogues des pêcheurs « Vezo »du sud de l’île.

Madagascar, c’est aussi un carrefour où touristes étrangers avides d’exotisme viennent avec caméra et appareil-photo pour essayer de garder les images et la salutation quotidienne des 18 ethnies de l’île "Tsara e !" ou "ça va !".

Pourtant, là où ce peuple essaie de garder son sourire légendaire, il est en ce moment très difficile de "survivre" alors que tout devrait être plus simple dans ce pays qui compte environ 20 millions d’habitants pour une superficie de 592 000 km2.

Pour parler de l’économie, Madagascar fournit pour le marché mondial l’ilang-ilang qui reste la base de préparation de tout parfum. La grande île exporte également de la vanille. Quelques plantations de café subsistent, presque suffisantes pour le marché local, tout comme la riziculture, la canne à sucre pour la fabrication du rhum. La pêche reste une activité importante pour l’exportation et doit être une bonne source de devises étrangères pour le pays. En effet, nous pouvons voir dans beaucoup de supermarchés d’Europe des crevettes et gambas surgelés de Madagascar. On entend beaucoup parler de ressources minières comme l’exploitation d’or ou de saphir en abondance ces dix dernières années.

En tout cas, en ce début de troisième millénaire, la grande île est en effet dans une pauvreté extrême, l’Amiral Didier Ratsiraka, qui a mis Madagascar en perdition depuis près de 23 ans ne veut quitter le navire et en aucun cas, ne veut entendre parler du nouveau Président Marc Ravalomanana élu "démocratiquement" après comptage et re-comptage des voix depuis l’élection de Décembre dernier. Il compte sur ses vieux amis africains ainsi que quelques dirigeants occidentaux pour lui permettre de rester encore pour la bonne marche de ses "affaires". Ainsi appuyé, le Président sortant ose la mise à mort de ce pays qui l’a enrichi si celui-ci lui échappe : assassiner des cadres refusant de se soumettre, dynamiter des ponts pour isoler les régions, terroriser la population et affaiblir davantage l’économie déjà chancelante. Les produits de première nécessité commencent sérieusement à manquer.

L’actuel Président Marc Ravalomanana veut remettre ce grand pays sur pied, mais se heurte à quelques résistances très fortement armées de la part des amis de l’ancien dirigeant. Quelques gouverneurs ont même osé de leur propre chef déclarer "leur" province indépendante, pour ne pas perdre un poste politique, ni leur rang, avec tous les honneurs et les avantages de la profession. Ainsi, sans une promesse d’autres avantages et de nouveaux postes, ils prennent délibérément le chemin de l’illégalité en ne suivant que l’ancien président déchu qui a promis de revenir par « tous les moyens ».

Le salaire des fonctionnaires a pu être payé grâce à l’aide apportée par des fonds extérieurs. Le chemin est encore long car la corruption a sévi et est devenue monnaie courante ces vingt dernières années. Avec le marché noir qui s’installe, nombreux sont ceux qui profitent des barrages à proximité des ponts détruits pour devenir passeurs grassement payés.

Samedi dernier sous l’égide de l’O.U.A, une rencontre entre les deux hommes forts du pays a été organisée à Dakar, pour une tentative de négociation. Nous espérons un dénouement rapide, non-violent et efficace à cette crise.

Anniversaire de l'église malgache.

20 ans de présence à Nancy, l'Église Protestante Malgache de Nancy a voulu marquer cet anniversaire par une semaine festive, riche en événements.

La semaine débute tout naturellement avec un culte en commun avec l'Église Réformée de Nancy le Dimanche 21 Avril 2002. Le Pasteur Marc Pernot a dirigé le Culte et les chants choisis pour l'occasion avaient une correspondance dans le livre de cantiques protestants malgaches. Le Pasteur Andriamiadanarivo, qu'un bon nombre d'entre-nous connaît bien, a fait le déplacement pour la prédication. Comme il était présent à la naissance de l'Église Malgache de Nancy, il a pu nous relater le fondement et la nécessité de cette communauté religieuse.

À l'issue du culte, nous nous sommes tous retrouvés à l'Espace Saint-Jean pour un grand pot de l'amitié où nous avons pu goûter quelques spécialités malgaches.

Il ne fallait pas oublier le support visuel. Du dimanche 21 au samedi 27 Avril, une exposition s'est tenue dans la grande salle de l'Espace St-Jean où nous avons pu présenter des images de Madagascar et surtout l'artisanat, du bois travaillé finement comme les statuettes, la marqueterie, les pierres semi-précieuses, les paniers en raphia ainsi que les " lamba " ou tissus de parement de femmes.

La conférence du vendredi avait pour titre "Étrangers et évangélisation", pour préciser que partout où nous sommes, français ou étrangers, nous avons toujours une part d'évangélisation dans le monde. Marc Labarthe, Président de Région Est de l'E.R.F a introduit le thème de "l'étranger" à travers la Bible.

Le plus important évènement qui a pris beaucoup de temps à la préparation et à l'apprentissage, fut la représentation théâtrale intitulée "Rasalama".

Victime de la Reine Ranavalona qui voyait derrière les missionnaires du London Missionnary Society une force militaire destinée à envahir la Royauté de Madagascar, Rasalama ayant embrassé la religion fut la première Chrétienne à être exécutée.

Acteurs amateurs sous la direction de quelques metteurs en scène du milieu théâtral venus bénévolement, nous étions vraiment soulagés et ravis d'entendre vos applaudissements à la fin du spectacle.

La grande semaine se termina par un Culte en langue Malgache et un repas en commun où tous les participants osèrent s'adonner à la chanson dans une ambiance vraiment familiale.

Une semaine festive pour nous à Nancy, mais toutes nos pensées et prières vont toujours vers la Grande île si chère à nos cœurs.

Hery Randriharivelo

 

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