![]() |
Toul, Pont-à-Mousson... |
vec
Moïse, le peuple hébreu réussit à quitter lÉgypte,
après des péripéties dans le désert, il aboutira
à la Terre Promise par Dieu à Abraham. Cet épisode de l'Exode
a une place prédominante dans la Bible et la culture hébraïque.
Cette importance se retrouve dans les livres du Nouveau Testament, au point
que plusieurs épisodes de la vie de Jésus rappellent des événements
de lExode (à commencer par Pâques).
Il y a très probablement une vérité historique dans le récit de lExode. Mais c'est limportance théologique et existentielle de lExode qui explique la place extraordinaire que prend cet événement dans la Bible :
Depuis l'origine, les événements de l'Exode ont été lus à la fois comme un événement historique et comme une vérité théologique, spirituelle et morale.
La Terre Promise c'est le but que Dieu nous offre. Pour les hébreux quittant l'Égypte de Ramsès II la Terre Promise était d'abord géographique, une terre où ils puissent vivre en paix ensemble et où ils puissent rendre un culte à leur Dieu. De la même façon que pour une famille qui n'a plus rien à manger le salut est compris d'abord comme étant une miche de pain. Mais nous ne sommes pas qu'un corps, l'être humain est bien plus riche que ces dimensions élémentaires. C'est pourquoi la Terre Promise a toujours été comprise comme étant aussi spirituelle, existentielle et morale. Et l'Exode a également été l'occasion d'un immense progrès théologique, spirituel et moral pour les hébreux.
C'est pourquoi, dans la Bible, monter à Jérusalem évoque la montée vers la présence de Dieu. Quand une famille faisait le traditionnel pèlerinage au Temple, c'était un déplacement physique, mais aussi spirituel, c'était le sens même de ce geste.
Quelques siècles après l'Exode, le peuple d'Israël sera emmené en exil à Babylone. Cela était un drame humain, évidemment. Mais il y avait aussi une crainte plus profonde. La Terre Promise était à la fois un lopin de terre et l'accomplissement de notre être profond grâce à Dieu, n'y avait-il pas le risque qu'en étant loin du Temple on soit aussi loin de Dieu ? Ils vont découvrir qu'il n'en est rien. Même quand on est physiquement à Babylone, par la prière, on est tout autant avec Dieu que si on était à Jérusalem. Cette expérience va distendre le lien étroit entre la géographie terrestre et le salut donné par Dieu. La lecture spirituelle est alors largement valorisée. Les prophètes annonceront alors que le sacrifice auquel Dieu prend plaisir, ce n'est pas celui qui a lieu dans le Temple à Jérusalem mais plutôt une attitude devant Dieu, attitude que l'on peut avoir n'importe où.
Il y a quelque chose d'idolâtre et de matérialiste dans la sacralisation d'une terre. Toute terre est sainte quand elle porte une vie. Et Dieu veut pour chacun, où qu'il soit, l'abondance et la paix de la "Terre Promise".
Quelques siècles après, le Christ prolonge encore cette avancée théologique. Pour lui, être enfant d'Abraham, ce n'est pas une question de sang, mais d'abord une question de foi, de relation à Dieu. Le Royaume de Dieu n'est pas à un endroit plutôt qu'un autre mais il est à la fois au-dedans de chacun et au milieu de nous. (Luc 17:21)
pasteur Marc Pernot
Dossier précédent De quel Dieu parlons-nous ?
Vous
pouvez nous écrire vos remarques, vos questions, vos encouragements
en cliquant sur le petit parchemin...