l'Église Réformée de France à Nancy
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Dossier pour Noël
Jésus - le Fils

Sommaire :

Jésus, Fils de Dieu

Plus qu'un concept

Autant l'expression " Fils de l'homme " est explicitement utilisée par Jésus pour se désigner, autant l'expression " Fils de Dieu " est difficile à repérer dans la bouche de Jésus. Il reste d'ailleurs, en général, très métaphorique dans la définition de ce qu'il est, de la conscience qu'il a de soi et de son identité. Il se dit plus facilement " chemin ", " porte ", " vérité ", ... que " fils de ".

On pourrait poser une multitude d'hypothèses sur l'origine de ces expressions que des spécialistes, ecclésiastiques ou non, avaient suggérées avant nous. Mais quelque justifiée que soit cette démarche recherchant des éléments rationnels à l'histoire, elle reste insuffisante. Que cette expression " Fils de Dieu " soit le fait de la communauté postpascale, d'origine rédactionnelle ou de la parole effective de Jésus, cela ne change rien à sa résonance dans la foi.

On pourrait discuter de la nature dont Jésus est " Fils de Dieu ". Là aussi les débats n'ont pas manqué, hier comme aujourd'hui. Là aussi, tout en reconnaissant bien sūr le bien fondé de la question et son utilité théologique, le risque est grand de conceptualiser ce qui relève de la vie. La réforme, notamment avec Calvin, a formulé cette question autour de l'œuvre du " Fils de Dieu " dans chaque être humain et non sur son essence et sa nature comme l'avait fait la théologie scolastique.

Plus qu'une alliance

" Fils " dans la pensée juive pourrait avoir plusieurs significations : descendant direct, descendant indirect (ex. les petits-enfants), personne adoptée (ex. mariage) , habitant un endroit, ... " Fils de " est finalement " celui qui est lié à " par des liens aussi forts, et divers, que celui du sang, de l'alliance, de la terre. Plus encore qu'un lien, la notion de " fils " suggère une appartenance qui se rapproche de la propriété.

Quand Moïse annonce les différentes lois domestiques et morales à son peuple, il rappelle les éléments de l'alliance entre Dieu et le peuple en ces termes : " Vous êtes les enfants (fils) de l'Eternel, votre Dieu ... vous êtes son bien le plus précieux " (Dt14,1et2). Même dans ses comportements les plus détestables, le peuple reste reconnu comme " fils de Dieu " ; Dieu assume son entière paternité : " La honte est à ses fils... l'Eternel n'est-il pas ton père ? "

La paternité de Dieu, dans l'ancienne alliance, n'est pas vécue comme une extraordinaire et miraculeuse nouveauté mais comme une évidence reconnue depuis la création en passant par la libération.

Dans la nouvelle alliance, le Dieu de la création et de la libération continue à être le père de ce qui se tournent vers lui " les fidèles qui reçoivent Christ ne sont point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté d'hommes, mais de Dieu seulement " Jean1,12-13. Comme il est rappelé dans ce dossier, tous les humains sont , d'une certaine manière, fils et filles de Dieu.

Ce qui a, quelque peu, changé dans la nouvelle alliance c'est la confusion entre cette filiation classique et la manifestation de Dieu en Jésus " En lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité ... " (Col. 2,9). Il n'est plus question de " fils " par alliance ou par élection seulement mais " fils " par identification " le Père et moi, nous sommes un " (Jn 10,30). On pourrait soumettre la nature de cette identification à diverses hypothèses qui nourrirait notre débat théologique, mais on pourrait aussi reconnaÎtre que cette identification de Jésus à Dieu, d'un fils à son Père, comme une filiation qui dépasse l'adoption et l'élection. Elle est de l'ordre de l'incarnation " Dieu manifesté dans la chair " 1Timothée 3,1. De toutes les manifestations de Dieu dans l'histoire biblique, l'avènement en Jésus est le seul à avoir une attribution corporelle : Dieu prend corps en Jésus et " Il est parmi nous ". C'est en ce sens que Jésus est " Fils de Dieu ".

(par le pasteur Rachid Boubégra)

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Jésus, Fils de l'Homme

Alors que ses disciples l'appelleront parfois "le Fils de Dieu", Jésus se présente en général lui-même comme "le Fils de l'Homme". Cela nous conduit à ouvrir la Bible hébraïque pour rechercher où l'on parle du "Fils de l'Homme" et dans quel contexte... En quelques dixièmes de seconde, l'ordinateur donne la liste des 141 versets contenant ces mots. Le tri est facile à faire, cette expression peut avoir 3 significations dans la Bible.

Quand Jésus se désigne comme "Fils de l'Homme", est-ce qu'il veut dire qu'il est le Messie annoncé par Daniel ? Ou un prophète comme Ézéchiel ? Mais peut-être que Jésus dit ainsi qu'il est notre frère à tous avec nos limites d'enfant humain ?

À mon avis, cette ambiguïté est voulue. C'est même précisément l'intérêt de cette expression. Jésus serait alors le "Fils de l'Homme" selon les 3 sens bibliques :

Dans la Bible, il n'y a pas du tout de confusion entre Dieu et Jésus. Avec ses premiers disciples, nous affirmons que Jésus est le Sauveur, le Fils de Dieu, mais il est également le Fils de l'Homme, notre frère en humanité. À chaque page des évangiles, cela apparaît : Jésus prie Dieu, il l'appelle au secours, Jésus mange et se repose, il souffre quand il est blessé, il pleure dans le deuil, il est angoissé face à la mort, il reconnaît ignorer l'heure de la fin du monde car Dieu seul la connaît. Tout cela n'est pas une comédie, il est bien notre frère. Et c'est ainsi qu'il nous réconcilie avec Dieu. Jamais Jésus ne prend la place de Dieu, il ne nous dit pas de le prier lui, le Christ. Au contraire, il nous invite à nous tourner vers Dieu avec confiance, sans la moindre crainte. Dieu ne nous veut que du bien, un bien immense.

Jésus est ainsi le Fils de l'Homme, il est même l'Homme véritable, l'homme voulu par Dieu de toute éternité. Nous, ses frères et sœurs, nous ne sommes que pré-hominiens, à mi-chemin entre le renard et le Fils de l'homme. Mais l'essentiel c'est qu'avec le Christ nous sommes en chemin.

(par le pasteur Marc Pernot)

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Fils et filles de Dieu adoptés en Jésus-Christ

Quelle joie de savoir pour un être humain qu'il est fils ou fille de telle ou telle personne. Il connaît ses parents, son lignage, qui peut remonter très-haut. C'est une fierté lorsque la famille est célèbre et connue dans le monde. Mais, il y a aussi malheureusement ceux qui ignorent totalement leur origine et parfois remuent ciel et terre pour découvrir qui sont leurs parents.

La Bible nous dit que le seul et unique Fils de Dieu et aussi Fils de l'Homme est Jésus. Lisez cette référence de Luc 3 verset 22 c:"Tu es mon Fils bien aimé ; en toi j'ai mis toute mon affection". Cette voix considérée comme la voix de Dieu s'est adressée à Jésus lors de son baptême. Qui n'aimerait pas entendre une voix pareille : pleine de tendresse, de douceur et d'amour ?

Lorsqu'une femme accouche, nous disons : un enfant vient de naÎtre. Lorsqu'il est enregistré à l'état civil ou présenté au peuple : nous disons, il est le fils ou la fille de, par le fait que son père lui a donné son nom, il l'a nommé(e), il l'a reconnu(e). C'est le nom qui fait qu'il devient une personne identifiée d'une personne par rapport à l'autre. Mais en ce qui concerne notre filialité avec Dieu c'est une grande aventure à laquelle il a fait participer son Fils Unique Jésus. Souvenons-nous lorsque la mère et les frères de Jésus sont venus le chercher pour lui parler parce qu'ils s'inquiétaient, Jésus ne s'est pas pressé.

Il a dit tout simplement en Matthieu 21:50 : "Quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère".

Avec ses paroles il semble oublier qu'il a des frères et sœurs de sang. Il désigne d'autres comme son frère et sa sœur. Cela intrigue qui entend les paroles de Jésus. Or par ces mêmes paroles nous sommes devenus son frère et sa sœur. Quelle merveille ! Spontanément, le Fils de Dieu nous accueille sans aucune hésitation, nous sommes reconnus par le Fils de l'Homme à être son frère et sa sœur. Réjouissons-nous, car le regard qu'il a porté sur l'être humain est fraternel et aimant.

Voilà nous entrons dans une nouvelle fraternité, avec un nouveau parent, vers une nouvelle famille. Mais Dieu le Père de Jésus nous veut-il comme enfants? Car le nombre de gens sur terre est immense. Or en tant que créateur, il adopte chaque être créé. Ainsi la question de l'adoption n'est pas seulement une affaire de parents sans enfants, mais c'est aussi une affaire de Dieu et de son fils Jésus. Lisez aussi ce texte dans les Ephésiens 1: 5 : "...Il nous a prédestiné à être ses enfants d'adoption par Jésus Christ..."

C'est ainsi que lorsque Jésus parle à son Père, le Fils nous invite à prier ensemble d'une même voix "Notre Père qui est aux cieux, ..." C'est une réponse aussi pour affirmer que Jésus, dans cette nouvelle fraternité, nous dit : son Père est aussi le nôtre. Ce qui fait que tous ceux et celles qui croient en lui et font la volonté de son Père sont fils et filles de Dieu.

(par la pasteur Juila Refenonirina)

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Conte de Noël : Les quatre bougies du petit berger

Cette histoire s'est passée il y a plus de 2000 ans, en Galilée. C'était un jour gris, de brouillard. Les deux bergers, Jean et Daniel avaient mené leurs moutons au soleil, dans la montagne.

Le petit Daniel n'avait que 9 ans... mais Jean était avec lui.

"Je te confie ce petit agneau blanc, dit Jean à Daniel, veille bien sur lui".

Daniel était fier, il ne quittait pas des yeux son ami qui le réchauffait la nuit.

Au bout de 6 jours, il fallait rentrer. Daniel aurait voulu aider Jean à rassembler le troupeau, mais celui-ci refusa. "Tu as assez à faire avec ton protégé".

Alors Daniel s'assit sous un olivier, il tenait l'agneau blotti contre lui et s'assoupit : dans son rêve un parfum de fleurs embaumait l'air, des chants de joie résonnaient...

"Où est l'agneau ? demanda Jean. Daniel bondit, appela l'agneau blanc, le chercha, en vain. Au retour, le maître se fâcha et dit à Daniel: " Pars immédiatement pour retrouver l'agneau ", la nuit était noire mais jean offrit à Daniel sa lanterne aux quatre bougies...

Daniel chercha toute la nuit, il allait abandonner quand il entendit du bruit derrière un rocher.

Il s'écria: "c'est lui, mon petit agneau"
"Tu cherches un agneau, il y en a un, tout blanc dans le champ d'oliviers" C'était un homme à la grosse voix qui se tenait devant lui.

"Merci, merci... puis vous aider?"
"Personne ne peut m'aider, je suis dans les ténèbres"
"Tiens, prends cette bougie, elle t'éclairera "
"Je suis un voleur et tu es le premier à me donner quelque chose". Mais Daniel se hâtait déjà vers le champs d'oliviers. Où s'était-il donc caché, ce bel agneau blanc ? Là-bas, dans la grotte quelque chose bougeait. Daniel s'y précipita "Lâche-moi, dit Daniel" car c'était un loup qui avait happé son manteau. Le loup lâcha prise et geignant. "Tu es blessé, donne-moi ta patte" et Daniel pansa la plaie avec un morceau de son manteau". "Tu veux que je reste près de toi, non, ce n'est pas possible" - Tiens, voilà une bougie qui se refléta dans les yeux du loup, plein de gratitude.

À l'aube, Daniel arriva dans une petite ville, un mendiant lui demanda l'aumône "Je n'ai rien non plus, je cherche mon agneau perdu, l'avez-vous vu?" "Je ne vois que la misère, dit le vieillard". "Alors, prends cette bougie, c'est tout ce que j'ai". Le mendiant remercia le petit berger, lui souhaitant bonne chance...

Personne n'avait vu l'agneau, Daniel repartit dans les champs et s'installa pour y passer la nuit. C'est alors qu'une nouvelle fois se fit sentir ce merveilleux parfum de fleurs, que retentirent des chants de joie... avec sa dernière bougie à la flamme vacillante, Daniel fut conduit vers une étable, poussa la porte, resta sur le seuil : il ne vit rien d'abord dans le noir, mais une tache blanche se dessina, c'était celle de son agneau perdu, si doux, si blanc.

"Approche, dit une voix amicale" Daniel obéit et vit, auprès de son agneau, un petit enfant, sur la paille. Il posa sa dernière bougie à côté du bébé et voilà, la flamme se mit à rayonner, éclairant l'étable comme pour une fête...

Dans le ciel, les étoiles brillaient plus fort et les chants de joie retentissaient jusqu'aux bergers dans les champs.

(Conte de Noël de Gerda Marie Scheidel
adaptation de Denise Schvartz)

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